Zones inondables | Plus de 80 % des Québécois réclament les nouvelles cartes

Une forte majorité de Québécois réclame que le gouvernement du Québec dévoile la nouvelle carte des zones inondables, dont la publication a été reportée par le ministère de l’Environnement. La Communauté métropolitaine de Montréal réitère l’importance de ces nouvelles cartes pour permettre à la population de mieux se préparer aux risques grandissants d’inondation.
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Selon un sondage Léger commandé par l’organisme Vivre en ville, 83 % des Québécois demandent que le gouvernement du Québec « rende publiques l’information et la cartographie disponible sur les risques d’inondation et autres risques climatiques ». Le sondage web a été réalisé auprès de 1033 répondants du 28 au 30 août dernier.
Québec n’a pas dévoilé comme prévu les nouvelles cartes le 1er août dernier. Ces nouvelles cartes préparées par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) sont censées remplacer les anciennes jugées désuètes. On estime que les changements climatiques accentuent les risques d’inondation dans plusieurs municipalités. Le nouveau document pourrait faire tripler le nombre de résidences se trouvant dans des zones à risque.
Le report de la publication des nouvelles cartes avait surpris la CMM, qui a indiqué le 30 juillet dernier que « toutes les conditions sont réunies pour maintenir l’échéance [du 1er août] ».
Selon Annie Levasseur, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la mesure de l’impact des activités humaines sur les changements climatiques, le dévoilement des nouvelles cartes provoquera forcément de la grogne au sein de la population. « Il y a des gens qui vont se retrouver en zone inondable et qui ne l’étaient pas. On a peur de la réaction des citoyens », estime-t-elle.
Ces documents risquent d’avoir un impact sur les primes d’assurance et sur le prix des maisons. Dans certains cas, des résidences pourraient être impossibles à assurer. Contracter un prêt hypothécaire pourrait également s’avérer plus compliqué. « Mais je ne pense pas que de cacher l’information soit la solution », avance Mme Levasseur.
« Sans surprise, la population veut savoir à quels risques elle est exposée. Pour mieux la protéger, il faut d’abord bien connaître le risque. C’est pourquoi la CMM réitère l’importance de rendre publique rapidement la nouvelle cartographie des zones inondables. Ces cartes ne créent pas le risque : elles permettent de mieux le comprendre, de mieux s’y préparer et d’agir en conséquence », rappelle Maël Bureau-Blouin, directeur des relations gouvernementales de la CMM.
Ce qui est clair dans ce sondage-là, c’est que la population demande qu’on lui donne les moyens de s’adapter et de faire face aux changements climatiques, parce que ça a des conséquences, notamment économiques, très concrètes dans la vie des gens.
Tout près de trois Québécois sur quatre (74 %) estiment d’ailleurs que le gouvernement du Québec doit en faire plus en matière d’adaptation aux changements climatiques, notamment pour limiter la hausse des assurances habitation.
Annie Levasseur reproche aux élus de toujours mettre en opposition la protection de l’environnement et l’économie. L’un ne peut se faire au détriment de l’autre, laisse-t-on souvent entendre. Mais la réalité est beaucoup plus nuancée, précise-t-elle. On ne parle pas assez, entre autres, des coûts associés aux changements climatiques.
Au cours de la dernière décennie, le Bureau d’assurance du Canada a d’ailleurs enregistré des pertes records en dommages causés par divers évènements météo extrêmes. L’année 2024 figure au premier rang avec des pertes de biens assurés totalisant 9,4 milliards de dollars.
« Moi, ça me déprime de constater que pendant cette campagne électorale, tout le monde parle d’économie, mais personne ne parle des grands enjeux environnementaux, alors que tout ça est lié », signale Mme Levasseur.
Selon Samuel Pagé-Plouffe, les prochaines années seront cruciales pour mieux planifier l’aménagement du territoire afin de tenir compte des changements climatiques. « Les deux prochaines années, ça sera un moment assez inédit dans l’histoire de l’aménagement du territoire. Il y a une obligation de réviser tous les documents de planification territoriale partout au Québec. La question des changements climatiques doit donc être bien documentée parce qu’il faut planifier adéquatement. »
Il rappelle que les changements climatiques ont de plus en plus un impact sur le coût de la vie. Ne pas s’en préoccuper serait une erreur, croit-il.
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