Assermentation des ministres | Gentilcore numéro 2, Girard et Paquet superministres

(Québec) Paul St-Pierre Plamondon fait de Catherine Gentilcore la numéro deux du gouvernement en la nommant vice-première ministre, leader parlementaire, responsable de l’indépendance et ministre de l’Immigration. Il sera épaulé de deux superministres, Stéphane Paquet au Développement économique et à l’Énergie et Nicolas Girard aux Affaires municipales et aux Transports, pour remettre de l’ordre dans l’État québécois.
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Le 34e premier ministre du Québec se donne lui-même un portefeuille, celui de la lutte à l’itinérance. Ce soir même, il débloquera des sommes d’urgences pour aider ceux qui vivent dans la rue. « L’hiver arrive. On va être prêt », a-t-il dit.
Le cabinet qu’il a présenté mercredi est au deuxième rang des plus petits depuis la Révolution tranquille. Avec 13 hommes et 9 femmes, il se trouve dans la zone de parité. Et il aura du pain sur la planche, avec des réformes annoncées en santé, en éducation et dans l’administration même de l’État.
Bras-droit du chef, numéro deux du gouvernement, femme de confiance, peu importe l’étiquette qu’on lui donne, Catherine Gentilcore pèsera lourd dans ce gouvernement. Elle devient vice-première ministre, ministre de l’Immigration et hérite d’un nouveau poste : responsable de l’Accession du Québec à l’indépendance.
PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE
Catherine Gentilcore
En chambre, c’est elle, comme leader parlementaire du gouvernement, qui sera l’architecte des stratégies législatives du Parti québécois. Paul St-Pierre Plamondon lui demande de réduire les seuils d’immigration, trouver des « voies de passages » avec les partis d’opposition dans un contexte minoritaire et préparer le prochain référendum. Elle aura des alliés : des députés auront un nouveau rôle : secrétaire parlementaire à l’indépendance.
Aux Finances et aux Infrastructures, les villes reconnaîtront, comme le rapportait la Presse, un tandem qu’elles connaissent bien. Nicolas Marceau est le grand argentier du gouvernement pour une deuxième fois dans sa carrière. Il aura pour chef de cabinet Samuel Roy, un économiste avec qui il vient d’écrire un rapport-choc sur la crise des infrastructures municipales et sur les pistes de solution pour réparer le Québec.
Débureaucratisation
Dans son combat pour retrouver l’équilibre budgétaire, il aura pour compagnon d’armes Alain Therrien au Trésor, également responsable de l’action communautaire. L’idée, a expliqué le PM, est de lier la capacité de payer de l’État aux besoins et d’éliminer de la paperasse – il lance un chantier de débureaucratisation – pour se concentrer sur les besoins du terrain. M. Therrien déposera le premier projet de loi du gouvernement, qui gèlera le salaire des députés et des dirigeants de l’État jusqu’à ce que l’équilibre budgétaire soit atteint. Anne Nguyen, spécialiste de l’intelligence artificielle, aura de son côté le mandat d’encadrer cette technologie qui évolue à vitesse grand V et déclenchera un audit sur l’ensemble du secteur informatique, dans la foulée du scandale SAAQclic.
L’ex-PDG de Montréal International Stéphane Paquet sera « superministre » du développement économique et de l’Énergie et il est responsable de la Métropole. Il doit faire le ménage dans le « bar ouvert » des subventions aux entreprises, réduire leurs impôts. Et comme ministre responsable d’Hydro-Québec, M. Paquet devra favoriser les PME avec les blocs d’énergie et se tourner vers « l’efficacité énergétique » pour dégager des surplus d’électricité.
Les autres députés qui ont siégé aux côtés du chef lors du dernier mandat accèdent tous au saint des saints : Joël Arseneau, prends la tête de l’Éducation nationale et Marie-Karlynn Laflamme hérite de la Santé. Ici, les attentes sont élevées. Le premier devra mettre en branle des États généraux sur l’éducation pour s’assurer que tous les jeunes, « quels que soient leur origine ou les moyens financiers de leurs parents, aient accès à une éducation de qualité ». La deuxième doit abolir Santé Québec et faire des CLCS la véritable porte d’entrée du réseau. Pascal Bérubé reçoit de son côté de la Culture, du Patrimoine, des Communications et de la Langue française.
Les atomes crochus
Un autre député qui aura un horaire chargé : Nicolas Girard, qui se retrouve au volant des Transports et des Affaires municipales, en plus de la Capitale-Nationale. Il y a des « atomes crochus » entre les deux portefeuilles, qui concernent l’aménagement du territoire, a expliqué M. St-Pierre Plamondon. Le gouvernement Marois avait lui-même fait ce choix, en 2012, en confiant ces deux importantes responsabilités ministérielles à Sylvain Gaudreault. Spécialiste du transport collectif, M. Girard a été député péquiste de Gouin de 2004 à 2012, puis il a été PDG de l’Agence métropolitaine des Transports, directeur exécutif à la Société de transport de Laval et directeur général du Réseau de transport de la Capitale. Il doit combattre les bouchons de circulation et aura quatre projets prioritaires : le tramway de Québec, un projet de transport en commun pour l’est de Montréal, l’élargissement de l’autoroute 20 dans l’Est et l’élaboration du projet de pont sur la rivière Saguenay.
Le cabinet aminci, le deuxième plus petit depuis la Révolution tranquille, remplira aussi l’agenda de l’ex-chroniqueuse Elsie Lefebvre. Avec l’Enseignement supérieur, elle doit réformer le financement des universités et s’assurer que les campus sont des milieux où la « méthode scientifique a préséance sur toute autre considération ou idéologie ». À l’Habitation, elle doit trouver une réponse pour une génération de jeunes Québécois qui se sont fait « confisquer le droit de devenir propriétaire ». Elle récupère la Condition féminine et a pour mandat d’accélérer la construction de maison d’hébergement pour les femmes victimes de violences conjugales, dans un contexte où les discours « masculinistes et fondamentalistes » prennent de plus en plus de place ».
La laïcité et le vivre-ensemble
L’ex-procureure de la commission Gallant sur le fiasco SAAQclic Marie-Claude Sarrazin se retrouve de son côté avec le titre du plus long nom de ministère. La ministre de la Justice est responsable de la Laïcité, des Affaires intergouvernementales canadiennes, des Relations avec les Québécois d’expression anglaise, de la Lutte contre le racisme, de la Lutte contre la discrimination envers les personnes LGBTQ+. Elle est également ministre responsable de l’Accès à l’information et de la Protection des renseignements personnels. Elle devra proposer des solutions « intelligentes » à « l’entrisme religieux » et aux « tensions communautaires », qui sont de véritables problèmes, a martelé M. St-Pierre Plamondon.
Le député de Trois-Rivières Jean Pellerin, un ex-directeur régional d’une agence de courtage pour le territoire du sud-est du Québec et de la Mauricie et président de chambre de commerce, devra mettre en œuvre l’ambitieux plan de lutte aux changements climatiques du Parti québécois comme ministre de l’Environnement.
La députée d’Iberville Camille Pellerin-Forget sera responsable des Institutions démocratiques : c’est donc elle qui devra livrer une réforme du mode de scrutin que Paul St-Pierre Plamondon a promis durant la campagne électorale. Elle est aussi ministre déléguée à la Santé mentale et aux Services sociaux.
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