Droites radicales en Europe et en Amérique latine : deux continents et une même poussée

L’extrême droite est en recul en Suède, c'est le premier enseignement du scrutin de dimanche 13 septembre. En Europe et en Amérique latine, deux continents emblématiques de l'évolution des extrêmes droites, droites nationalistes et droites illibérales, quel est l'état des lieux ?
L’extrême droite suédoise n’était pas au gouvernement, mais son soutien à la coalition au pouvoir lui avait permis de faire appliquer une partie de son programme. Aux élections de dimanche 13 septembre, le parti d’extrême droite des Démocrates de Suède a enregistré le premier recul de son histoire. C'est une surprise électorale dans une Europe où l’on décrit généralement la poussée des droites radicales, nationalistes, illibérales ou populistes. L’Italie de Giorgia Meloni, la République tchèque, la Slovaquie, la Slovénie sont dirigées par des partis ou des personnalités qui s’inscrivent dans ces courants.
Chaque nouveau scrutin permet de mesurer la progression des extrêmes droites, comme le séisme des récentes élections régionales allemandes en Saxe-Anhalt où l’AfD est arrivée largement en tête du scrutin. Mais cette année, l’Europe a aussi vu la droite nationaliste et populiste perdre l’un de ses bastions, avec la défaite en Hongrie de Viktor Orban.
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En Amérique latine, la progression des droites radicales
L’autre continent où l’on scrute la progression des droites radicales, c’est l’Amérique latine : Abelardo de la Espriella, élu président de Colombie en juin dernier, quelques mois plus tôt, c’est au Chili que l’extrême droite de José Antonio Kast arrivait au pouvoir. Deux noms qui se sont ajoutés à la liste déjà longue des pays d’Amérique latine ayant porté à leur tête des dirigeants de droite radicale : le Salvador de Nayib Bukele, l’Équateur de Daniel Noboa, le Costa Rica de Laura Fernandez, sans oublier l’Argentine et son président de droite ultralibertarien Javier Milei.
Ces dirigeants portent-ils les mêmes thèmes politiques que leurs homologues en Europe ? Il y a des thèmes communs mais les priorités diffèrent parfois. En Europe, priorité à la question migratoire vue comme une menace (même si les mouvements migratoires, notamment en provenance du Venezuela, ont aussi pu peser en Amérique du Sud) et à l’islam dénoncé comme un danger. Les droites radicales européennes mettent en avant un combat civilisationnel, identitaire.
En Amérique latine, le discours est dominé par les politiques ultrasécuritaires, un agenda conservateur sur les questions familiales (souvent hostiles aux politiques féministes ou inclusives pour les personnes LGBTQIA+) et souvent une nostalgie des dictatures militaires.
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Des élections à scruter
Les États-Unis de Donald Trump inspirent les droites nationalistes et illibérales sur les deux continents, mais c’est encore plus flagrant en Amérique latine qu’en Europe. Il existe par ailleurs un trait d’union entre les mouvances de droite radicale d’Europe et d’Amérique latine et, assez naturellement, c’est le parti d’extrême droite espagnol Vox qui en est la cheville ouvrière : il est le fondateur du Foro Madrid, le « Forum de Madrid », qui s’est réuni au début du mois au Chili et qui promeut ce qu’il appelle « l’Ibérosphère », un imaginaire civilisationnel hérité de la colonisation et un discours vigoureusement anti-communiste.
Sur les deux continents, plusieurs échéances électorales sont à scruter dans les prochains mois. Le Brésil vote le mois prochain pour une élection présidentielle opposant le président de gauche Lula à Flavio Bolsonaro, fils de Jair Bolsonaro, qui a dirigé le Brésil de 2019 à 2022 et qui purge actuellement une peine de prison pour tentative de coup d’État.
Côté Europe, l’échéance à suivre est dans quelques jours, avec de nouvelles élections locales en Allemagne. L’AfD poursuivra-t-elle sa progression dans les urnes ? Et puis l’année prochaine, deux scrutins seront clés pour mesurer la progression de l’extrême droite : en Espagne et en France.
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