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Saturday, September 19, 2026

Fêtes de Wallonie : la Flandre venue "en paix", invitée à dépasser les clichés, en présence du roi Philippe

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Dit simplement: les Wallons sont sympas et aiment le cyclisme mais pas question qu'ils se laissent enfermer dans des clichés éculés entretenus par les partisans d'une "Belgique à la flamande". 

"Pourquoi avoir attendu si longtemps avant d'inviter la Flandre? Disons que nos relations n'ont pas toujours été simples. Nous nous sommes regardés à travers nos clichés, nos incompréhensions, nos susceptibilités. Nous nous sommes beaucoup comparés, parfois opposés. Le regard porté sur la Wallonie nous a parfois blessés, mais il pointait aussi des faiblesses que nous connaissions", a d'emblée déclaré le ministre-président régional, Adrien Dolimont (MR).

Disons que nos relations n'ont pas toujours été simples.

Adrien Dolimont (MR), ministre-président wallon

"J'ai entendu cet été qu'une 'Belgique à la flamande' pourrait aussi faire l'affaire de la Wallonie. Je connais les carbonnades à la flamande, la Belgique à la flamande, je l'avoue, m'est moins familière", a ironisé le libéral. Plus sérieusement, "je crois que nous avons davantage à gagner à nous inspirer mutuellement qu'à nous imiter. Se comparer n'est pas nécessairement une mauvaise chose, à condition de préférer l'émulation à la compétition. Si une réforme fonctionne en Flandre, regardons ce que nous pouvons en apprendre. Si une réforme fonctionne en Wallonie - je tiens notre longue liste à ta disposition cher Matthias -, j'espère qu'elle pourra vous inspirer", a-t-il ajouté.  

Un partenaire "exigeant" et "loyal"

"Nous ne sommes pas toujours d'accord mais nous avons trouvé, en vous, un partenaire exigeant et loyal", a poursuivi le Premier wallon, en néerlandais dans le texte, avant d'évoquer son amour du vélo. " Le cyclisme nous apprend une chose: dans un peloton, certains restent à l'abri dans les roues, ceux-là n'auront jamais d'impact sur l'épreuve. D'autres aiment secouer la course. Comme Remco qui attaque à 70 kilomètres de l'arrivée. Comme Wout qui s'offre à Roubaix bien plus qu'une victoire. L'histoire du sport, comme celle de la politique, ne retient pas ceux qui se cachent, ni ceux qui gèrent leur petit capital. Elle retient ceux qui osent", a insisté le ministre-président wallon.

Et ce dernier d'assurer dans la foulée qu'il accepterait "volontiers" une invitation de Matthias Diependaele à célébrer le 11 juillet, fête de la Communauté flamande. 

À quelques encablures d'un conclave budgétaire qui s'annonce tendu, la nécessité de réduire le déficit a évidemment été évoquée. "Il y a plusieurs façons de réduire un déficit; dépenser moins, certains diront taxer plus, ou espérer très fort. En Wallonie - en Belgique aussi -, nous avons beaucoup expérimenté la dernière. Se mentir est facile. Mais gouverner une région exige de tenir, et donc de revenir à des comptes publics sérieux", a martelé Adrien Dolimont. 

Gouverner une région exige de tenir, et donc de revenir à des comptes publics sérieux.

Adrien Dolimont (MR), ministre-président wallon

Autre sujet incontournable: l'incendie qui a ravagé les Hautes Fagnes en août. "Nos mandats durent 5 ans. Le climat, lui, ne vote pas. Il nous faut juger une proposition pour ce qu'elle vaut, et non pour le camp dont elle provient", a-t-il admis. 

Un message de "sympathie"

"Je suis un nationaliste flamand profondément convaincu. Ça reste ma boussole politique. Mais n'ayez crainte: je viens en paix", a plaisanté le ministre-président flamand Matthias Diependaele. "Je suis ici pour transmettre un message d'amitié et de sympathie venu du nord du pays", a-t-il ajouté en louant la "convivialité wallonne" dont beaucoup de Flamands sont "secrètement jaloux".  

Plus sérieusement, le nationaliste flamand a appelé à une "Wallonie forte", confiante en ses propres atouts. "En ces jours de fêtes, il est approprié de célébrer son passé glorieux et les périodes où le vent soufflait favorablement. Mais si le passé mérite toute notre attention, le présent et l'avenir doivent aussi être au centre de nos préoccupations", a-t-il souligné.    

"Les défis sont immenses mais les opportunités foisonnent: biotechnologie, pharmacie, pôle aéronautique et spatial. En Flandre, nous disons souvent que nous ne sommes ni les plus grands, ni les plus forts, mais nous pouvons choisir d'être les meilleurs dans des domaines précis", a poursuivi le ministre-président flamand.  

Les défis sont immenses mais les opportunités foisonnent: biotechnologie, pharmacie, pôle aéronautique et spatial.

Matthias Diependaele (N-VA), ministre-président flamand

"La Wallonie possède tout ce qu'il faut pour figurer parmi les régions fortes. Elle doit avoir confiance en elle-même, une confiance qui la conduira peut-être un jour à déclarer son indépendance", a-t-il encore gentiment mouché. "Ma foi dans la Flandre est aussi une foi dans la Wallonie. Les nations confiantes en elles-mêmes peuvent parfaitement coopérer. Contrairement au téléphone de Claude François, le nôtre ne pleure pas. Nous répondons", a enfin assuré le premier flamand.

[La Wallonie] doit avoir confiance en elle-même, une confiance qui la conduira peut-être un jour à déclarer son indépendance"

Matthias Diependaele (N-VA), ministre-président flamand

Le président du Parlement wallon s'est aussi exprimé. "Même si les convictions varient fortement quant aux choix opérés pour soutenir la relance socio-économique, il est par contre largement admis que celle-ci passe et passera par une coopération approfondie avec le Fédéral, avec les territoires proches: la Flandre, mais aussi Bruxelles et la vitrine internationale que représente notre capitale. J'y ajoute les pays européens au premier rang desquels ceux qui nous entourent, et à l'échelle internationale, tous les autres pays avec lesquels nous pouvons poursuivre ou nouer des partenariats offensifs, concrets, mais aussi équilibrés, stables et respectueux", a notamment dit Willy Borsus (MR).

Des discours "déconnectés"

L'opposition dénonce des discours "totalement déconnectés". "On n'a pas entendu un mot sur tous les citoyens qui ont du mal à boucler leur fin de mois. Si l'on interroge les gens, qu'est-ce qui les préoccupe? Avoir un emploi de qualité et le garder. Savoir quel cap la Région va suivre, quelles sont ses réussites", a réagi la cheffe de groupe socialiste au parlement wallon, Christie Morreale. "Or, on a eu droit à une déclaration destinée uniquement à la Flandre (invitée d'honneur de cette édition 2026 des Fêtes de Wallonie, ndlr). On lui a servi la soupe en passant notamment sous silence l'existence de la Région bruxelloise".

Du côté du PTB, c'est plutôt les remerciements à tous ceux qui ont combattu l'incendie dans les Hautes Fagnes qui passent mal. "Il y a une certaine hypocrisie de la part de ce gouvernement et du ministre-président Dolimont à applaudir des deux mains les pompiers et les agents de la fonction publique sans reconnaître qu'il était erroné de réduire les moyens des zones de secours et des agents du Département Nature et Forêt, sans garantir le refinancement de ces services à l'avenir", a ainsi pointé le chef de groupe de la gauche radicale au parlement régional, Germain Mugemangango.

Première visite du Roi lors des "Wallos"

Le roi Philippe a également été accueilli par le ministre-président wallon, Adrien Dolimont (MR). Il s'agissait de sa première visite à l'occasion de cet événement depuis le début de son règne. La dernière visite royale durant les "Wallos" remontait à 2005, lorsque le roi Albert II et la reine Paola s'étaient déplacés à Namur dans le cadre des 25 ans de fédéralisme en Belgique.  

La visite royale a débuté par un spectacle des Alfers namurois sur la Confluence. Célébré par un public venu en nombre, le Roi à également pu faire connaissance avec d'autres groupes folkloriques de la capitale wallonne en chemin, à savoir les Masuis et Cotelis jambois et les Molons de la Société royale Moncrabeau. Dans le chapiteau situé sur la place d'Armes, après une rencontre avec des représentants du Comité central de Wallonie, il a également pu assister à une représentation d'un groupe folklorique flamand.    

Avant de pénétrer dans le Théâtre royal de Namur, où il a assisté aux discours de Willy Borsus, Matthias Diependaele et Adrien Dolimont, le roi Philippe a aussi pu assister courtement à la joute pour l'Échasse de Diamant, qui voit chaque année s'affronter les Échasseuses lors des Fêtes de Wallonie.

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