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Wednesday, October 21, 2026

Reprise du Mont-Sainte-Anne par Québec | Une promesse du PQ inquiète des élus sur la Côte-de-Beaupré

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(Québec) Plusieurs élus de la Côte-de-Beaupré s’inquiètent d’une promesse du Parti québécois dans l’épineux dossier du Mont-Sainte-Anne. Ils craignent un conflit dommageable pour la région si le nouveau gouvernement va de l’avant avec sa promesse de « reprendre » la montagne.

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« Nous, on est très inquiets de cette attitude-là. Connaissant un peu le propriétaire, on sait que ça va brasser, ce ne sera pas bien chic », explique en entrevue le maire de Beaupré, Serge Simard.

« Le danger, c’est de fermer la montagne pendant deux, trois ans. Ça nous inquiète beaucoup. Ça va faire mourir la Côte-de-Beaupré et la région de Québec en partie », redoute M. Simard, qui qualifie le centre de ski de « moteur économique ».

Comment va procéder le nouveau gouvernement avec le Mont-Sainte-Anne ? Va-t-il maintenir l’approche dure qu’il préconise depuis des années ? Ces questions sont d’autant plus pertinentes que la montagne est en pleins travaux pour ériger un tout nouveau télésiège.

Le Parti québécois (PQ) a réitéré durant la dernière campagne électorale son intention d’évincer Resorts of the Canadian Rockies (RCR). « On va reprendre le contrôle du Mont-Sainte-Anne et en faire un moteur de développement récréotouristique pour toute la région », a dit Paul St-Pierre Plamondon le 25 septembre dernier lors d’une conférence de presse à Québec.

Des travaux déjà commencés

Cette volonté du nouveau gouvernement découle d’années de sous-investissement au Mont-Sainte-Anne. L’Étoile filante, la plus vieille télécabine de huit places au Canada, a connu plusieurs ennuis. Un arrêt brusque avait fait 21 blessés en 2020. En 2022, une cabine vide était tombée au sol.

Mais en 2024, le gouvernement Legault et RCR se sont entendus sur un plan de réinvestissement de 100 millions : 50 millions venant des poches de l’entreprise albertaine et 50 millions des coffres de Québec.

Les travaux ont déjà commencé l’été dernier pour la construction d’un nouveau télésiège débrayable à six places. Il doit entrer en fonction en février prochain. Au total, le Mont-Sainte-Anne a annoncé que trois remontées seront remplacées d’ici décembre 2028, incluant la vieille télécabine à six places.

RCR n’a pas répondu aux demandes d’entrevue de La Presse.

« On n’a pas besoin de chicanes sur la Côte-de-Beaupré », lance en entrevue la nouvelle députée de Charlevoix–Côte-de-Beaupré, la conservatrice Caroline Simard.

« Pour nous, c’est un dossier qui est réglé dans la mesure où on voit des investissements actuellement sur le terrain et ouvrir un bail emphytéotique de 99 ans, eh bien, c’est impossible », ajoute-t-elle.

Mme Simard s’est rendue au Mont-Sainte-Anne samedi et a pu constater de visu l’avancement des travaux. Elle note que reprendre le bail de RCR sur la montagne, valide jusqu’en 2093, serait extrêmement ardu et coûteux.

Le PQ a par le passé évoqué la possibilité d’adopter une loi spéciale pour évincer RCR. « LE PQ VEUT REPRENDRE LE MONT-SAINTE-ANNE PAR TOUS LES MOYENS », écrivait, en majuscules, Pascal Paradis, ancien député de Jean-Talon, en décembre dernier. « J’ai demandé que tous les moyens soient considérés, y compris l’adoption d’une loi spéciale, afin que l’on retire définitivement à cette entreprise la gestion de la montagne », ajoutait M. Paradis.

« Ç’aurait un coût financier énorme, exorbitant, qui obligerait à verser une juste et pleine compensation financière à l’entreprise pour la perte de ses droits d’exploitation jusqu’en 2093 », croit la députée Caroline Simard.

« Ça n’a aucun sens dans la situation actuelle du Québec. Ça se chiffrerait fort probablement à des centaines de millions de dollars aux frais des contribuables », dit-elle.

Un groupe citoyen soutient la promesse du PQ

Le maire de Beaupré dit craindre des années de conflits devant les tribunaux si le nouveau gouvernement s’entête à « reprendre » la montagne. Le propriétaire de RCR, le milliardaire du pétrole Murray Edwards, ne céderait pas facilement, prévient le maire.

« Moi, la crainte que j’ai, connaissant un peu de loin M. Edwards, il va fermer la montagne. Ce ne sera pas chic. Il va y avoir des contestations, des injonctions, on va se ramasser en Cour suprême », dit-il.

L’idée de voir la montagne fermée est pour lui inconcevable. Surtout qu’après des années d’ennuis, le maire de Beaupré « voit enfin la lumière au bout du tunnel ». « Je pense que la page est tournée », dit-il.

« La remontée est en construction. Ensuite, ça va être la télécabine qui va être remise en fonction, dit-il. Le volet deux, ça va être l’enneigement, le volet trois, ça va être de l’immobilier. En fait, nous, on pense que ça va bien aller. »

La mairesse de Saint-Ferréol-les-Neiges a dit sensiblement la même chose en entrevue avec TVA dans les derniers jours. « On est en train d’avoir un souffle nouveau avec ces investissements-là », a affirmé Mélanie Royer-Couture, qui a décliné une demande d’entrevue de La Presse.

Contrairement à ces élus, des citoyens de la région souhaitent une approche plus musclée face à RCR. Le groupe citoyen Les Amis du Mont-Sainte-Anne répète depuis des années qu’il faut évincer l’opérateur albertain, car la confiance est rompue.

La Presse a demandé au porte-parole du groupe, Yvon Charest, s’il demandait toujours formellement au PQ de réaliser sa promesse et d’évincer RCR. « Certainement », a-t-il répondu.

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