«The Legend of Zelda: Ocarina of Time»: refaire avec amour
Il y a de ces jeux qui marquent profondément et pour toujours la sphère vidéoludique. Au sommet se trouve invariablement The Legend of Zelda: Ocarina of Time qui, en 1998, a révolutionné la manière de contrôler un personnage en trois dimensions en plus d’offrir une aventure grandiose à travers le temps. C’est pourquoi plusieurs joueurs, même ceux qui n’étaient pas de ce monde à sa sortie (l’auteur de ces lignes y compris), ont pu se transporter dans ce délicieux monde qu’est celui d’Ocarina of Time.
C’est donc peu dire qu’une nouvelle version réimaginée de la tête aux pieds tout en gardant la structure de l’original a un sacré poids sur les épaules. Après tout, comment surpasser ou atteindre les hauts qui ont fait de ce Zelda l’un des meilleurs jeux de tous les temps ?
La réponse : avec de l’amour. Et de l’amour, il en déborde pour ce qui est venu avant, assurément, mais aussi assez pour retravailler ce qui ne fonctionnait pas totalement pour le bénéfice de l’expérience finale.
Car cette nouvelle version pour la Nintendo Switch 2 va au-delà de la mise à jour technique. Oui, les graphismes sont dorénavant dignes d’un jeu moderne, utilisant habilement une abondance de détails pour donner vie à la plaine d’Hyrule, au lac Hylia ou encore à la forêt Kokiri, mais des casse-tête et certains segments ont été légèrement modifiés pour s’adapter à la modernisation, comme pouvoir en tout temps contrôler soi-même la caméra, notamment.
Prenons l’exemple du tristement célèbre temple de l’eau, qui demandait dans l’original une constante gestion des menus et de se fier à une carte qu’on ne pourrait qualifier de fiable. Dans cet Ocarina of Time version de 2026, il est plus facile de se déplacer et d’équiper les objets nécessaires pour progresser.
Le protagoniste Link se contrôle d’ailleurs incroyablement bien, particulièrement dans les combats qui sont drastiquement plus fluides et qui requièrent plus d’actions du joueur pour trouver les failles et faiblesses des ennemis.
Toutes ces améliorations (comme le fait de pouvoir courir — adieu les roulades l’une à la suite de l’autre) accélèrent aussi l’aventure : avec une connaissance de l’original, Le Devoir a atteint le générique en une vingtaine d’heures après avoir complété la grande majorité des quêtes secondaires.
Rappel d’une gloire passée
En conservant l’esthétique surréaliste bien attachée à la série Zelda, mais en mettant à profit des techniques visuelles qui s’approchent du photoréalisme, The Legend of Zelda: Ocarina of Time donne l’impression de regarder un spectacle de marionnettes dont vous êtes le héros. Avec en plus la (magnifique) trame sonore réenregistrée, le rendu théâtral rend l’immersion simple et l’émerveillement assuré.
Cette nouvelle version d’Ocarina of Time est aussi la preuve que la gloire de l’original ne tient pas uniquement au fait qu’il s’agissait d’une révolution à l’époque : le cœur de l’histoire, des donjons méticuleusement conçus et du monde qui les relient tient encore la route en 2026.
De fait, même si rien n’est totalement nouveau, redécouvrir cette version d’Hyrule fut accompagné de plusieurs « wow » lancés à voix haute et de moments du récit qui pincent toujours le cœur.
Cette histoire à saveur de conte de fées bénéficie d’ailleurs le plus de la touche moderne avec un doublage de qualité et de nouvelles cinématiques. Jamais l’histoire du héros Link, chargé de restaurer la paix en combattant les forces du mal du grand méchant Ganondorf en voyageant entre son présent où il n’est qu’un enfant et un futur où le sort du monde semble reposer sur ses épaules alors qu’il n’a pas vécu les sept dernières années, n’aura été si bien présentée.
L’exercice de funambule sur la (très) fine ligne entre innovation et crainte de dénaturer l’original est également réussi, l’Ocarina of Time de 2026 surpassant en pratiquement tout point celui de 1998, mais changeant juste assez pour ne pas complètement le remplacer.
Plonger pour la première ou centième fois dans la mythique aventure avec ce nouvel Ocarina of Time vaut donc certainement la peine : si l’original est encore aujourd’hui hélé comme un incontestable chef-d’œuvre, il est tout simplement naturel qu’une nouvelle version conçue avec un tel amour ait aussi sa place au sein du haut panthéon vidéoludique.
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