La Chine se tourne vers le soja états-unien

La Chine a acheté environ un million de tonnes de soja états-unien la semaine dernière. Ces commandes interviennent peu de temps avant la visite annoncée de Xi Jinping à Washington. Elles portent les achats chinois à près de la moitié des 25 millions de tonnes que Pékin se serait engagé à commander chaque année aux États-Unis jusqu’en 2028. S'agit-il d'un geste politique ou d'une simple nécessité économique ?
De notre correspondante à Pékin,
La Chine se tourne vers le soja états-unien, d’abord parce que le calendrier s’y prête, selon Gautier Le Molgat, PDG d’Argus Media France. La saison durant laquelle le Brésil domine les exportations touche à sa fin, tandis que la récolte américaine arrive sur le marché. L’écart de prix entre les deux origines s’est également resserré : le soja états-unien, jugé trop cher il y a encore quelques mois, redevient compétitif.
Enfin, les stocks brésiliens diminuent. Le Brésil dispose de peu de marge pour augmenter fortement ses ventes à la Chine d’ici janvier, car il doit aussi approvisionner d’autres clients et ses propres usines de transformation. Pékin sécurise donc ses besoins en jouant de nouveau sur ses deux grands fournisseurs.
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Un choix pas uniquement commercial
Le calendrier politique compte aussi. Ces commandes concrétisent les engagements pris lors des négociations sino-américaines et envoient un signal positif avant la visite de Xi Jinping. Pékin s’est engagé, selon la Maison Blanche, à acheter 25 millions de tonnes de soja américain par an jusqu’en 2028.
Gautier Le Molgat y voit donc à la fois un achat opportuniste et un mouvement plus profond : la Chine devrait acheter davantage de matières premières états-uniennes cette année. Mais le soja reste frappé d’un droit de douane chinois supplémentaire de 10 %. Sa suppression pourrait ramener sur le marché les transformateurs privés chinois, aujourd’hui largement absents.
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La Chine reste déterminante pour le marché mondial du soja
La Chine devrait importer 115 millions de tonnes lors de la prochaine campagne, sur environ 190 millions échangés dans le monde. Elle absorbe donc près de 60 % des importations mondiales.
Ses nouvelles commandes ont déjà contribué à pousser le soja de Chicago autour de 13,50 dollars le boisseau. Mais ce retour vers les États-Unis ne constitue pas encore un basculement stratégique : le Brésil reste son premier fournisseur. La vraie question, souligne Gautier Le Molgat, sera de savoir si Pékin maintiendra ce rythme après l’arrivée de la prochaine récolte brésilienne.
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