Au XXe siècle, les Américains plantent une liane asiatique pour protéger leurs sols. Des décennies plus tard, elle recouvre des arbres et des maisons

Originaire d'Asie orientale, le kudzu (Pueraria montana) a été introduit aux États-Unis à la fin du XIXe siècle. Cette liane de la famille des Fabacées devait notamment permettre de lutter contre l'érosion des sols. Elle était également utilisée pour nourrir les animaux et dans l'art populaire.
En 1994, Steve et Terri Irwin achètent un vaste terrain dans le Queensland avec une idée simple : rendre aux koalas une partie de l’habitat qu’ils ont perdu. Un peu plus de trente ans plus tard, leur projet initial s’inscrit dans un réseau de conservation bien plus vaste.... Lire la suite
Mais cette plante possède des caractéristiques qui favorisent sa propagation. Capable d'atteindre 10 à 30 mètres de longueur, elle forme d'épais tapis végétaux qui peuvent recouvrir la cime des arbres et même les bâtiments. Elle se multiplie par ses graines, ses drageons ou l'enracinement de ses tiges au contact du sol. Ses graines peuvent aussi être dispersées par le vent, l'eau et les animaux.
Le kudzu forme d'épais tapis de végétation capables de recouvrir entièrement les arbres, illustrant la capacité de cette liane asiatique à coloniser son environnement. © Scott Ehardt, Wikipedia
Une invasion qui gagne du terrain
Aujourd'hui, le kudzu est présent dans 31 États américains. Particulièrement abondant dans le sud-est du pays, il poursuit son expansion vers le nord.
Cette liane affectionne les espaces ouverts et ensoleillés, notamment les bords de routes, les friches et les terrains perturbés. Elle peut même se développer dans des sols pauvres en nutriments ou compactés, bien qu'elle supporte difficilement l'ombre et le froid.
Quelque 66 milliards d'arbres plantés depuis 1978, 34 milliards supplémentaires prévus d'ici 2050. Les forêts issues de ce programme chinois poussent 66 % plus vite que les forêts naturelles. Un résultat qui semble valider la stratégie, jusqu'à ce qu'on regarde ce qui se passe ensuite.... Lire la suite
Dans les gorges de la New River, elle colonise notamment d'anciens sites miniers. Si elle reste principalement cantonnée aux zones dégagées sans envahir significativement les forêts environnantes, sa présence nécessite des interventions. Des équipes spécialisées tentent ainsi de limiter sa progression à l'aide de traitements herbicides.
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