L’Adisq presse le ministre de la Culture d’agir pour que les Québécois renouent avec leur musique
L’Association québécoise de l’industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (Adisq) profite de la semaine des galas pour alerter Pascal Bérubé, nouveau ministre de la Culture, du Patrimoine, des Communications et de la Langue française, sur l’avenir de la musique québécoise, qui inquiète vivement ses artisans depuis la publication, il y a trois semaines, de l’étude sur la consommation musicale au Québec par le Commissaire à la langue française. « Les constats sont là, tout le monde les reconnaît ; il faut agir » pour renverser la tendance, implore Eve Paré, directrice générale de l’Adisq.
Le Québec figure « parmi les marchés où les artistes nationaux sont les moins écoutés et, parmi les marchés non anglophones étudiés, il est celui où la musique dans la langue nationale occupe la plus faible part des écoutes », révèle l’étude du Commissaire à la langue française intitulée L’exception québécoise et publiée le 13 octobre dernier. C’est dans ce contexte qu’aura lieu mercredi le Premier Gala de l’Adisq (diffusé à Télé-Québec), suivi dimanche soir par le gala principal (ICI Télé), auquel assistera en personne le ministre Bérubé, confirme Eve Paré.
Lors de sa rencontre avec la direction de l’Union des artistes vendredi dernier, le ministre a révélé avoir « quelque chose à annoncer au cours des prochains jours » concernant la filière musicale québécoise. Eve Paré a pris bonne note de cette déclaration : « Le ministre a aussi dit deux choses déterminantes. Il a d’abord mentionné la contrainte du temps, puisqu’on est dans un gouvernement minoritaire, donc il faudra agir rapidement. » La directrice générale ignorait encore lundi quand le ministre ferait son annonce ainsi que le contenu de cette dernière.
Ainsi, l’idée d’une réflexion globale sur l’ensemble de l’écosystème québécois de la musique soulevée le mois dernier par un collectif d’une trentaine d’organismes du milieu musical, à l’initiative de la Société professionnelle des auteurs, compositeurs du Québec et des artistes entrepreneurs, ne semble pas près de se concrétiser : « Une grande démarche de consultation comme ça a été faite pour le Groupe de travail sur l’avenir de l’audiovisuel au Québec avant d’aboutir à la stratégie nationale, on n’a pas le temps pour ça », constate Eve Paré.
S’atteler rapidement à la tâche
« La deuxième chose qu’a mentionnée le ministre, ce sont les contraintes financières, un mot d’ordre passé à l’échelle du gouvernement. Donc, quelles actions peuvent être prises rapidement ? Je pense qu’il y a assez de pistes de solutions et d’actions déjà identifiées pour que le ministère de la Culture puisse procéder rapidement. »
Un premier exemple, suggère la directrice générale de l’Adisq : en campagne électorale, le Parti québécois a promis de lancer des états généraux sur l’éducation dans les 100 premiers jours de son mandat. « Comment faire pour inscrire la musique dans le cursus scolaire dans le but d’aller rejoindre les jeunes tôt, dès leurs premières classes ? Ensuite, toute la question de l’exemplarité de l’État dans la diffusion de la musique », par exemple par la diffusion de chansons québécoises dans ses services téléphoniques. « Ce sont des mesures qui font l’unanimité et peuvent être instaurées rapidement. »
Une autre piste d’action mentionnée par l’Adisq concerne la Loi sur la découvrabilité des contenus culturels francophones dans l’environnement numérique, qui est issue de l’ancien projet de loi 109, adopté à l’unanimité en décembre 2025. « En ce moment, on a une loi habilitante sans règlements, rappelle Eve Paré. Il faut maintenant rédiger les règlements de cette loi et les mettre en œuvre. » L’Adisq comprend que le ministère travaille présentement à mettre sur pied le Bureau de la découvrabilité des contenus culturels, chargé d’appliquer la loi.
« Il n’y a pas une mesure précise qui saura renverser la tendance, c’est l’ensemble de ces mesures qui aura son effet d’un bout à l’autre » de l’écosystème musical québécois, prévient Eve Paré. « On le sait, notre industrie s’est transformée. Donc tout doit être évalué, la loi 109, la place de l’éducation, le financement, les mesures fiscales, faut voir ça comme un tout et, surtout, s’atteler à la tâche le plus rapidement possible. »
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