France: les blocages des lycées se tendent et font de nombreux blessés

La mobilisation lycéenne contre le manque de moyens, les difficultés de remplacement des enseignants et la dégradation des conditions d'apprentissage s'est poursuivie mercredi 30 septembre. Plusieurs blocus d'établissements ont donné lieu à des débordements. Les autorités ont rapporté plus de 200 blessés, et l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie de trois enquêtes après les blessures de plusieurs lycéens.
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Les manifestations et blocages aux abords de lycées en France prennent de plus en plus d'ampleur. Et les débordements aussi. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a pris la parole ce 30 septembre après une nouvelle journée émaillée d'incidents. Plus de dix jours après le début des premières mobilisations lycéennes, le ministère constate une « extension du mouvement » et une « montée de la violence » devant certains établissements.
Le ministre de l'Intérieur dénonce des « violences urbaines »
Ce mercredi 30 septembre, la mobilisation a ainsi concerné 356 établissements – contre 338 mardi – selon le ministre de l'Intérieur, qui a indiqué que 83 policiers et gendarmes ont été blessés. Laurent Nuñez a fustigé une « prise à partie des fonctionnaires, des jets de projectiles, violences, déclarations, tentatives de mise à feu ». Des faits qui s'apparentent, selon lui, à des « violences urbaines ».
Le ministre de l'Éducation nationale, lui, a déploré le bilan des blessés depuis le début des troubles. Selon Édouard Geffray, 119 élèves et personnels ont été blessés. « C'est 34 personnels qui ont été blessés au total depuis le début des troubles. C'est inédit dans l'Éducation nationale », a-t-il déclaré face à la presse. « On ne peut évidemment en aucun cas admettre que des agents publics qui dédient leur vie à leurs élèves puissent faire l'objet d'attaques. (…) Il faut impérativement que nos élèves puissent retrouver le chemin des cours, notamment tous ceux qui en sont empêché », a-t-il ajouté.
L'IGPN saisie, un jeune homme gravement blessé à la tête à Tours
En outre, l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la « police des polices », a été saisie de trois enquêtes après que des lycéens ont été blessés lors de blocages d'établissements, a poursuivi Laurent Nuñez, qui a malgré tout souligné que les forces de l'ordre, face à « des mineurs », sont intervenues en ayant « un usage très proportionnel » des « armes intermédiaires », notamment du gaz lacrymogène.
L'IGPN a été saisie de faits commis à Sevran (Seine-Saint-Denis), Saint-Ouen-L'Aumône (Val-d'Oise) et Tours (Indre-et-Loire). Dans cette dernière ville, un jeune homme a été gravement blessé à la tête après un possible tir de lanceur de balles de défense (LBD). La victime a été hospitalisée aux urgences du CHU de Tours avec « des blessures au niveau de la tête », a indiqué sur X la procureure de la République, Catherine Sorita-Minard. L'origine de la blessure reste « non déterminée » pour l'heure, alors qu'une vidéo d'un jeune homme assis, la tête ensanglantée, a circulé sur les réseaux sociaux dans la journée.
La préfecture a indiqué à l'Agence France Presse que des vérifications étaient menées par la police nationale afin d'établir « si cette blessure résulte d'un tir de LBD ». Le jeune homme blessé a été pris en charge alors que les forces de l'ordre, intervenues avec les pompiers pour mettre fin à plusieurs incendies, étaient prises à partie, notamment par des jets de projectiles.
Une « plateforme de concertation » bientôt mise en place
Face à cette crise qui s'étend, le gouvernement a annoncé l'ouverture prochaine d'une « plateforme de concertation » pour que les lycéens puissent partager leur « inquiétudes » et leurs « revendications ». Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, veut voir cette plateforme émergée d'ici lundi 5 octobre, ou mardi 6 octobre au matin au plus tard. Il organisera ensuite, à une date non déterminée, « un événement de restitution nationale pour pouvoir apporter des réponses structurées », et promet d'être « transparent sur les demandes » et « sur les réponses ».
Dans le même esprit, les recteurs vont réunir dans 48 heures les conseils académiques de la vie lycéenne, et les proviseurs devraient convoquer « une réunion extraordinaire » des conseils d'administration et organiser des réunions des conseils de la vie lycéenne si besoin. Depuis Madrid, en Espagne, où il est en déplacement, le président de la République, Emmanuel Macron, a également réagi à la crise lycéenne : « J'entends et je comprends les angoisses parfois, les colères que notre jeunesse peut avoir (...) Par contre, aucun de ces débats, aucune de ces craintes ne légitime la violence. Et en aucun cas des responsables politiques (...) ne sauraient légitimer une violence au carré. »
La mobilisation devrait se poursuivre. L'Union syndicale lycéenne (USL) a appelé à un « acte 2 » jeudi 1er octobre et à une journée d'action mardi 6 octobre. Les trois principales organisations étudiantes, La Fage, l'Union étudiante et l'Unef soutiennent le mouvement et appellent à des manifestations et blocages.
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