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Thursday, October 1, 2026

La fréquentation d’institutions muséales en baisse de 5%

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Est-ce une autre tuile pour la culture au Québec ? Après la bouderie massive des salles de spectacles (moins 20 % entre 2018-2023) et un désintérêt des jeunes pour la culture made in Québec, voilà que l’achalandage aux musées fléchit en 2025. Le recul arrive après trois années (2022 à 2024) de légères progressions.

En 2025, selon les données de l’Institut de la statistique (ISQ) dévoilées mercredi, les établissements muséaux nationaux ont enregistré 11,7 millions de visites signalant une baisse de 5 % en un an. Le secteur n’a pas retrouvé son attractivité prépandémique. Il y a une décennie, en 2017, les établissements muséaux attiraient plus de 15 millions de visiteurs.

Stéphane Chagnon, directeur général de la Société des musées du Québec (SMQ), ne s’inquiète pas outre mesure de la baisse de clientèle. La SMQ regroupe et défend les intérêts de près de 300 établissements et de plus de 600 professionnels.

« La fréquentation est un indice important qu’il faut surveiller et analyser », dit-il tout en procédant lui-même à un examen raffiné des décomptes. Il note par exemple que les établissements de 7 régions touristiques (dont les Laurentides et la Gaspésie…) ont attiré plus de visiteurs en 2025 qu’en 2024. « C’est certainement grâce au tourisme intérieur », dit-il. Les Québécois voyagent plus au Québec et délaissent les États-Unis.

Le directeur rappelle aussi que son secteur ne subit pas la concurrence des écrans et de la dématérialisation de la culture. « L’expérience muséale se passe dans le réel et rien ne peut la remplacer », résume-t-il.

Les indications préliminaires que la SMQ reçoit du milieu font prédire que 2026 sera une excellente année en termes de fréquentation. Le secteur va aussi bénéficier de l’ouverture de trois nouveaux grands projets : l’aile Riopelle du Musée national des beaux-arts de Québec ; le NAT, le Musée national de l’histoire du Québec ; et la Maison de la chanson et de la musique, du moins si ce dernier projet aboutit. Le directeur Chagnon ajoute que le PQ, qui pourrait reprendre le pouvoir, a promis de réintroduire la gratuité universelle dans les musées un dimanche par mois abolie en 2025.

L’esprit du lieu

Et quoi encore ? La moitié des entrées sont encore enregistrées dans la région de Montréal malgré une faible basse de 2 % en 2025. Il faut noter que le Musée d’art contemporain de Montréal est fermé depuis le tournant de la décennie. Il ne rouvrira pas avant 2028.

Les fluctuations à la hausse ou à la baisse dépendent aussi des catégories d’établissement. Les lieux d’interprétation en sciences (− 23 %) et les musées d’histoire, d’ethnologie et d’archéologie (− 11 %) perdent plus de visiteurs. Dans les musées d’art et les centres d’exposition, la baisse est de 7 %.

Les lieux d’interprétation en histoire, en ethnologie et en archéologie ont par contraste profité d’une hausse de 4 %. Six musées sur dix au Québec appartiennent à cette catégorie. Le nombre d’entrées reste stable dans les musées de sciences (3,9 millions), qui forment encore pour cette dernière année de référence la catégorie d’institution la plus fréquentée au Québec (33 % des entrées).

Le rapport fait donc la distinction entre un centre d’interprétation et un musée, ce dernier possédant une collection permanente. La Cité de l’énergie de Shawinigan brouille les catégories usuelles en étant à la fois un complexe muséal sur le patrimoine industriel et le berceau de l’hydroélectricité au Québec ; un centre d’interprétation d’anciennes centrales hydroélectriques et un centre des sciences sur des aspects scientifiques liés à l’énergie.

Ce complexe de la Mauricie a connu des fluctuations assez importantes de sa fréquentation ces dernières années. Il a attiré quelque 50 000 visiteurs en 2018, puis environ 46 800 en 2023, 41 700 en 2024 et 32 900 personnes en 2025.

« Je ne suis pas surprise par l’annonce de la baisse de fréquentations des musées », commente la directrice générale de la Cité de l’Énergie Sandie Letendre. Elle explique cette contraction du tiers de son propre achalandage par le beau temps moins propice aux sorties culturelles. Bref, le tourisme, oui, mais encore faut-il du mauvais temps…

« L’été est notre saison haute, dit la directrice. Il n’y a pas eu de pluie à l’été 2025 ». Le rapport de l’ISQ montre que 4 fois plus de personnes fréquentent les institutions muséales en juillet et en août qu’en décembre.

Mme Letendre évoque aussi le coût de la vie pour expliquer la baisse de l’attractivité de son complexe. La sous-performance de la Cité explique en partie que la Mauricie, où se trouve Shawinigan, enregistre la plus forte baisse (34 %) de fréquentation régionale en 2025 devant la Montérégie (-29 %) et Lanaudière (-23 %).

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