Pétrole : les exportations du Moyen-Orient ont retrouvé leur niveau d’avant-guerre, pas les prix

Donald Trump avait promis une baisse des prix dès que la menace iranienne sur le détroit d’Ormuz pèserait moins sur les flux pétroliers. Mais le Brent reste autour de 100 dollars.
La raison principale : les marchés n’ont pas retrouvé confiance. En juin, lors d’un protocole d’accord, les investisseurs avaient cru à une véritable accalmie (le baril était rapidement passé de 95 à 65 dollars). Cette fois, ils sont beaucoup plus prudents. La guerre n’est pas terminée, les infrastructures restent vulnérables, et personne ne sait combien de temps les États-Unis pourront maintenir leur escorte dans le détroit. Le risque d’une nouvelle interruption des flux reste donc intégré dans le prix.
Une deuxième raison explique cette résistance des prix à la baisse : les réserves stratégiques ont été entamées. Une partie des barils qui sortent du Golfe est immédiatement achetée pour reconstituer les stocks américains et chinois notamment. Ces volumes n’augmentent donc pas réellement l’offre disponible pour les autres acheteurs sur le marché mondial.
Le vrai goulot d’étranglement : le raffinage
Au-delà du brut, c’est la capacité de raffinage qui pose désormais problème. Ce pétrole brut doit encore être transformé pour produire de l’essence et du diesel. Or, plusieurs raffineries ont été endommagées dans le Golfe. Et les frappes ukrainiennes contre les infrastructures énergétiques russes ont également touché des raffineries, alors que la Russie reste un fournisseur important de produits raffinés pour l’Asie. Résultat, selon Kpler : les livraisons de produits raffinés dans le détroit d’Ormuz n’atteignent plus que 700.000 barils par jour, contre 3,5 millions avant la guerre.
Le problème s’est donc en partie déplacé : il ne porte plus seulement sur la quantité de brut disponible, mais sur la capacité à le transformer en carburant utilisable. Le marché a récupéré ses barils, mais pas ses prix d’avant-guerre. Et une conclusion s’impose de plus en plus clairement : les prix actuels ne sont plus des prix plafond, mais des prix plancher. Ce qui rend d’autant plus évidente la nécessité, à terme, de réduire notre dépendance à ces carburants fossiles.
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