CNN TürkFon yasası teklifi bugün Genel Kurul'daThe Jerusalem PostTrump warns US will 'burn' like France if Democrats win at rally in KansasESPN DeportesHorner revela cómo benefició a Verstappen sobre ChecoInquirerLaguna de Bay water level drops to 12.20 meters amid El NiñoPunchChampions League: Bayern face Arsenal test without Olise한겨레모로코, 첫 여성 총리 취임했지만…전 법무장관 “여성이 나라 일 맡으면 안돼”ZDF heuteEntdecken Sie das ZDF-NachrichtenstudioSky TG24Elon Musk: “Prossimo anno regalerò un'azione SpaceX a ogni ragazzino"Daily MailMoment 'murderer' overtakes car 'before hitting headteacher and dragging him under car for 1.3miles' is shown to courtBBC BusinessJob vacancies fall as small firms cut back on recruitmentynetהערבים שותפים רק כשזקוקים לקולות שלהםسكاي نيوز عربية3000 شركة متضررة من احتجاجات فرنسا
The Daily Newsstand · Free, Always
Tuesday, October 20, 2026

Le jeu vidéo rencontre l’art contemporain

Translate

Autrefois boudés par le milieu de l’art, les jeux vidéo prennent de plus en plus leur place dans les galeries et les musées. Jusqu’au 15 novembre, la 8e Biennale Elektra met en valeur 35 œuvres numériques qui défient les conventions.

« Depuis les années 1980, des concepteurs de jeux font des propositions artistiques et expérimentales », souligne Lynn Hughes, l’une des commissaires de l’exposition, lors de la visite de presse de F(r)iction : art et jeux, à l’Arsenal art contemporain.

Les artistes sélectionnés pour la Biennale sont originaires de plusieurs continents et appartiennent à différentes générations. Certains ont une formation en art, alors que d’autres ont étudié en conception de jeux vidéo.

Leurs jeux sont très diversifiés, tant sur le fond que sur la forme. Certains ont une apparence semblable à un jeu AAA, alors que d’autres ont un graphisme très simple. Le public peut s’évader dans un jeu poétique sur le divorce, explorer un monde post-apocalyptique ou se glisser dans la peau d’une livreuse de colis. Il peut faire un jeu rapidement ou y passer une heure et demie.

Toutes les œuvres, toutefois, sont considérées comme des jeux d’art. « Ils résistent [aux normes] pour exprimer quelque chose. Ça peut être une critique sociale, quelque chose de personnel, une esthétique unique. C’est réinventer ce qu’est un jeu », explique Mme Hughes, qui a enseigné la peinture à l’université pendant 15 ans avant de se tourner vers les nouvelles technologies.

Un bon nombre de jeux sont intégrés dans une installation artistique. VGAS-T26, du Ghanéen Afrane Makof, a notamment l’aspect d’un jeu d’arcade lumineux. Il est constitué d’objets électroniques abandonnés et recyclés, comme de vieilles tours d’ordinateur. Le public peut s’asseoir et jouer à des jeux rétro, comme Tetris. « On a la nostalgie des jeux d’une autre époque, mais on jette rapidement les appareils électroniques. Ça fait un contraste », souligne Mme Hughes.

Des jeux qui parlent de jeux

Mélanie Courtinat se définit comme une artiste contemporaine et une joueuse depuis toujours. « Le jeu m’a toujours frappée comme étant puissant en matière d’immersion et d’émotion, indique-t-elle. En tant que créatrice, je peux avoir un contrôle total sur la musique, le son, les costumes, les visages, les environnements. »

Les jeux de Mme Courtinat sont destinés à n’être expérimentés que dans des salles d’exposition. Sa récente création Indulto est qualifiée de métajeu, c’est-à-dire qu’elle dissèque des archétypes du jeu vidéo. « Je mets le combat contre le boss en parallèle avec la corrida, qui est aussi un combat très scripté. Tant le boss que le taureau n’ont aucune chance de gagner », décrit-elle.

Laureline Chiapello, professeure à l’École NAD-Université du Québec à Chicoutimi, était sur place pour discuter de son jeu CLTRS, réalisé en collaboration avec des étudiants. Il exige que le joueur, transformé en sphère volante, prenne son temps pour apprivoiser et savourer l’univers arrondi, doux et lumineux dans lequel il est plongé. Métaphore du plaisir féminin, le jeu se déroule en fait à l’intérieur d’un clitoris.

« Je voulais faire des jeux féministes, parce que l’industrie du jeu vidéo reste quand même dominée par des hommes, surtout dans les positions de pouvoir. Les jeux sont faits à partir de leur expérience, même si c’est implicite », déclare celle qui se réjouit de voir de nombreuses femmes s’émanciper dans la création de jeux.

Un bel avenir

Les jeux d’art ont un bel avenir, selon Mme Chiapello. « Il permet, avec l’interactivité et la beauté des graphismes, de créer des mondes et de montrer divers points de vue », dit-elle. Elle constate que beaucoup de jeunes veulent travailler dans l’industrie, mais également s’exprimer dans leurs propres jeux.

C’est ce qu’a longtemps fait Raphaëll Maïwen, qui a une quarantaine de jeux à son actif. Son œuvre Circle the Drain est un jeu d’horreur à propos du côté malaisant de Katy Perry. « J’ai passé six mois sur ce jeu-là, mais il y a des jeux que je fais parfois en une fin de semaine. Ensuite, je les sors sur la plateforme Itch.io », indique l’artiste qui fait aussi des spectacles d’humour et de drag king.

Pour permettre au public de profiter pleinement des jeux, un billet permet de revenir autant de fois qu’on le souhaite jusqu’à la fin de l’exposition. Et pour ceux qui ont eu des coups de cœur, plusieurs jeux sont disponibles sur des plateformes en ligne.

View the original on Le Devoir →

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.