Yémen: l'Arabie saoudite dans l'impasse après le refus de Donald Trump de frapper les Houthis

Le président du Conseil présidentiel yéménite, soutenu par l'Arabie saoudite, a sollicité le soutien des États-Unis dans le combat contre les Houthis pro-iraniens lors d'un appel dimanche 20 septembre avec Donald Trump. D'après les informations du New York Times, le prince héritier saoudien a également appelé le président américain à intervenir contre les Houthis, ce que ce dernier a renoncé à faire. Un refus alors que Riyad semble court de solutions militaires.
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Ne pas rajouter de la crise à la crise : telle semble être la ligne de conduite de Washington face aux Houthis, alors même que les rebelles yéménites poursuivent leur progression et frappent directement le voisin saoudien. Dimanche 20 septembre, les bombardiers stratégiques américains B-52, visiblement prêts à décoller, auraient finalement reçu l'ordre de rester sur le tarmac.
Selon le New York Times, le prince héritier Mohammed ben Salmane, dirigeant de fait de l'Arabie saoudite, a exhorté le président américain à intervenir et à frapper les Houthis. Il l'a « imploré une nouvelle fois d'intervenir pour freiner l'avancée rapide » des Houthis, mais Donald Trump, après l'avoir envisagé, s'est ravisé et a renoncé « au moins pour l'instant » à de telles frappes, selon des témoignages de responsables de l'administration recueillis sous couvert de l'anonymat par le quotidien américain. La Maison Blanche a refusé de commenter ces informations.
Le président américain a lui affirmé dimanche que les Houthis avaient accepté de ne pas s'en prendre aux États-Unis, selon des propos rapportés par un journaliste de Fox News, comme pour justifier sa décision de ne pas les frapper.
Prise de contrôle du détroit de Bab el-Mandeb
Un bombardement des rebelles a été exclu, puisqu'une escalade de plus dans la région pourrait faire grimper les cours du brut avec, à la clé, des conséquences désastreuses pour l'économie mondiale.
La probable hésitation américaine est en tout cas une véritable aubaine pour les Houthis, dont l'offensive a rapidement bousculé les forces yéménites. En dix jours seulement, les rebelles - au nombre de 100 000 selon de récents rapports - sont parvenus à prendre les points clés du détroit stratégique de Bab el-Mandeb.
Malgré le soutien de Riyad, l'armée du président al-Alimi est apparue désorganisée. Et les conséquences sont plus larges qu'un simple revers militaire, c'est la coalition autour des États-Unis qui apparaît aujourd'hui fragilisée.
Au Yémen, l'offensive éclair des Houthis ces dernières semaines a fait des centaines de morts et près de 130 000 déplacés, selon des chiffres publiés lundi 21 septembre par l'ONU. Les combattants pro-iraniens contrôlent désormais tout le littoral bordant la mer Rouge, renforçant leur emprise sur Bab el-Mandeb, qui relie l'Asie à l'Europe via le canal de Suez.
La guerre avait éclaté en 2014 lorsque les Houthis se sont emparés de la capitale Sanaa puis d'autres régions, déclenchant en mars 2015 une intervention militaire menée par l'Arabie saoudite. La trêve fragile conclue en 2022 entre les belligérants a volé en éclats en juillet, lorsque les Houthis ont défié le contrôle de Riyad sur l'espace aérien yéménite en autorisant un avion iranien à atterrir au Yémen.
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