Scandale de la CBC | Le FBI a temporairement interrompu sa collaboration avec la GRC

Le Bureau fédéral d’enquête américain (FBI) a temporairement suspendu certaines formes de coopération avec la Gendarmerie royale du Canada à la suite d’une controverse entourant CBC, rapporte le New York Times. La collaboration entre les deux agences n’a toutefois pas été complètement rompue.
Publié à
Selon leurs dires, Kash Patel, le directeur du FBI, aurait momentanément stoppé le partage de certaines informations avec la GRC, après la révélation qu’une note interne au sein du téléviseur public canadien demandait à leurs journalistes « de ne pas qualifier les attentats du 11 septembre d’attentats terroristes ».
Un chroniqueur du Toronto Sun avait révélé en août dernier que la politique d’attribution de longue date de CBC obligeait les journalistes à ne pas qualifier un évènement ou une personne de « terroriste », sans qu’une source soit mentionnée explicitement.
La politique a d’ailleurs depuis été modifiée, précisant qu’une attribution directe à une source n’est plus nécessaire pour qualifier le 11 septembre 2001 d’évènement terroriste.
Malgré le rétropédalage, la situation a vraisemblablement été mal prise à l’intérieur de l’organisation américaine puisque les responsables du FBI auraient annulé leurs réunions avec leurs homologues canadiens.
Ils leur auraient également déclaré être injoignables pendant un certain temps, « ce qui aurait entrainé un refroidissement des relations entre les deux agences », expliquent les sources du New York Times.
La collaboration aurait repris aux alentours de l’anniversaire des attentats du 11 septembre. Des excuses auraient été demandées par les Américains, « même s’il n’est pas certain qu’elles aient été présentées », affirme le média new-yorkais.
Pas d’autres coupures
C’est Kash Patel, lui-même, qui aurait pu perturber les activités communes entre le FBI et le Canada, explique le New York Times.
Quelque temps après la fuite de la note interne, le directeur du FBI avait menacé publiquement son voisin du nord sur ses réseaux sociaux :
« Toute agence au Canada qui ne rejette pas publiquement cette falsification de l’histoire et cette insulte aux âmes perdues lors de notre plus grande attaque terroriste de l’histoire des États-Unis ne trouvera plus d’amis au sein du FBI… Sans parler de nos héros qui sont intervenus par la suite », avait-il écrit.
Aucun autre service gouvernemental américain n’aurait cessé sa coopération avec le Canada à la suite du scandale, selon le New York Times.
La GRC, qui travaille activement avec son homologue américain, notamment pour s’assurer de la sécurité transfrontalière, a déclaré dans un communiqué qu’elle n’allait pas formuler de commentaires concernant « les pratiques d’échange de renseignements d’autres organismes d’application de la loi ».
« Nous attachons de l’importance à notre relation avec nos homologues américains, car nous travaillons en étroite collaboration pour répondre aux menaces à la sécurité nationale et maintenir une connaissance de la situation des risques émergents », a déclaré le commissaire de la GRC, Mike Duheme, dans un communiqué de presse.
Tensions déjà vives
Le scandale autour de la note interne s’inscrivait dans un contexte déjà extrêmement tendu entre les deux pays.
Dans la foulée du scandale, le Parti républicain a révoqué l’accréditation de CBC/Radio-Canada pour sa prochaine convention.
Depuis son retour à la tête du pays, Donald Trump a instauré plusieurs tarifs économiques sur son voisin canadien en plus de multiplier les menaces de faire du Canada le « 51e État américain ».
Le 8 septembre, le Canada a répliqué en appliquant à son tour des contre-mesures tarifaires sur une liste de produit totalisant un peu plus de 27 milliards de dollars en importations en provenance des États-Unis.
Le ministre canadien de la Culture, Marc Miller, s’est réjoui de la révision des consignes de CBC, y voyant une évolution nécessaire face à des directives « pédantes et insensées ».
Le gouvernement canadien a toujours qualifié les attentats du 11 septembre d’attaques terroristes dans ses communications officielles.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.