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Tuesday, November 3, 2026

Élections de mi-mandat aux États-Unis : PIB en hausse, moral en berne... le paradoxe qui menace Trump

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L’économie américaine présente, sur le papier, un tableau flatteur : le PIB a progressé de 2,2% au deuxième trimestre, après 2,5% au premier, le taux de chômage s’établissait à 4% en août, soit un niveau proche du plein emploi. Et la demande intérieure privée, qui additionne consommation des ménages et investissements des entreprises, progressait quant à elle à un rythme supérieur à 4%. Une dynamique portée en grande partie par une vague d’investissements massifs dans l’intelligence artificielle, en hausse de 20 à 25% par an, pour un montant estimé à environ 800 milliards de dollars cette année pour les seules grandes entreprises américaines.

Pourtant, ce dynamisme ne bénéficie pas à l’ensemble de la population. La croissance est tirée par l’investissement, par les profits des entreprises et par la consommation des ménages les plus aisés, qui profitent de la hausse des marchés financiers. Pour une grande partie des Américains, la réalité quotidienne est tout autre : l’essence coûte plus cher, le crédit immobilier est devenu inaccessible et les prix continuent d’augmenter.

Un thermomètre politique qui chauffe

Il existe aux États-Unis une règle informelle, mi-sérieuse, mi-politique, selon laquelle la hausse du prix du gallon d’essence influence les tendances de vote. Ce prix, qui s’affichait à un peu moins de 3 dollars fin février, atteint aujourd’hui environ 4,17 dollars, une hausse de près de 40% en huit mois. En septembre, le taux d’inflation a atteint 3,7% en glissement annuel, tandis que le prix des carburants a bondi de 34% en un an.

Sur le marché immobilier, la situation n’est guère plus réjouissante. Les taux hypothécaires tournent autour de 7%, poussés vers le haut par l’inflation, mais aussi par l’ampleur des besoins de financement publics et privés. La dette américaine a dépassé 40.000 milliards de dollars et le déficit public reste autour de 6% du PIB, et ce alors même que l’économie est proche du plein emploi.

Les promesses économiques de Trump à l’épreuve des faits

Donald Trump avait bâti une partie de sa campagne sur des engagements économiques forts : faire baisser les prix, produire davantage de pétrole, contrôler l’immigration et protéger l’économie américaine par des droits de douane. Sur ce dernier point, il a tenu parole. Les tarifs douaniers ont fortement augmenté, atteignant jusqu’à environ 12% de droits effectifs.

Mais contrairement à ce que le président affirme, ce protectionnisme n’est pas sans coût pour les consommateurs. Une analyse de l’Institut Kiel portant sur 25 millions de transactions commerciales, représentant une valeur de 4000 milliards de dollars, a établi que ce sont bien les ménages et les entreprises américains qui s’acquittent in fine de ces droits de douane sur les produits importés.

À cela s’ajoute un facteur imprévu : l’engagement militaire américain dans le conflit avec l’Iran, qui a contribué à faire grimper les prix de l’énergie à l’échelle mondiale. Donald Trump, qui avait promis de ne plus entraîner l’Amérique dans des guerres sans fin, se retrouve ainsi confronté à une réalité qui contredit ses engagements de campagne…

Un bilan qui pourrait peser dans les urnes lors des midterms

Le paradoxe est donc bien réel. L’économie américaine est solide, mais le moral des consommateurs est en berne. Ces deux réalités ne se contredisent pas : elles coexistent, reflet d’une croissance qui profite davantage aux investisseurs et aux ménages aisés qu’à la majorité de la population. Pour un président qui avait fait de la prospérité et du pouvoir d’achat le cœur de sa promesse économique, cet écart entre les indicateurs macroéconomiques et le vécu quotidien des Américains constitue un risque politique réel.

C’est précisément ce fossé, entre une économie qui performe et des ménages qui peinent à joindre les deux bouts, qui pourrait s’avérer déterminant au moment du vote ce 3 novembre.

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