L’islam est incompatible avec les valeurs occidentales, selon une candidate péquiste
Dans une longue entrevue enregistrée l’an dernier, la candidate du Parti québécois (PQ) dans Laval-des-Rapides, Fatima Aboubakr, avance que « l’islam est incompatible avec les valeurs occidentales » et que « ce n’est pas possible qu’un musulman soit dans le même parti [qu’]un transgenre ». Son parti assure que ses propos « n’engagent pas tous les musulmans ».
Dans un entretien enregistré le 13 octobre 2025 pour le balado J’essaye d’arrêter, de Gabe Masson, Mme Aboubakr raconte son exil du Maroc vers le Québec. Elle critique la place que la religion musulmane a prise dans la société marocaine et, surtout, son durcissement et ses conséquences sur les femmes. « C’est impossible de marcher dans les pays musulmans, pour une femme, sans qu’elle soit harcelée », déclare-t-elle, notamment.
Elle parle également de l’infiltration des Frères musulmans, une organisation islamiste, « dans les institutions ». Cette question, déjà abordée par Paul St-Pierre Plamondon, est peu étudié au Québec.
« Ce n’est pas possible qu’un musulman soit dans le même parti [qu’]un transgenre », dit Mme Aboubakr. « C’est juste impossible. Il n’est pas dans des intérêts qu’il cherche plus tard. C’est impossible, c’est inconcevable. C’est inconcevable. Un musulman n’accepte pas [ça|. Dans le Coran, il faut tuer les homosexuels », indique-t-elle.
L’islam, affirme Mme Aboubakr à plus d’une reprise, est « incompatible avec les valeurs occidentales ». Dans « l’islam, il n’y a pas d’égalité homme-femme », affirme-t-elle pour justifier son propos.
Le Devoir a communiqué avec Mme Aboubakr pour qu’elle explique ses prises de position. Dans un bref échange, elle a dit être trop occupée par la campagne électorale pour nous accorder une entrevue. Elle a donc transféré la demande du Devoir au PQ. Le directeur des communications du parti, Lucas Medernach, a répondu par courriel que « Mme Aboubakr est elle-même musulmane, [et qu’]évidemment, ses propos n’engagent pas tous les musulmans ».
Un pays « où il n’y a pas de musulmans »
Dans l’entrevue de 2025, Mme Aboubakr affirme avoir choisi d’immigrer du Maroc vers le Canada parce qu’elle voulait, « à ce moment-là, juste aller dans un pays où il n’y a pas de musulmans ».
« Carrément, c’était ça », souligne-t-elle. « Moi, je voulais réellement aller dans un pays où il n’y a pas de musulmans. Parce que mon expérience avec tous les musulmans autour de moi, qui prônaient la vertu et la morale, malheureusement, c’était des déceptions », dit-elle un peu plus tard dans l’échange. La candidate péquiste raconte notamment avoir été victime de violence financière, physique et morale, en plus d’avoir vu deux femmes se faire battre dans la rue.
Dans son courriel, M. Medernach a rappelé que « Mme Aboubakr a quitté le Maroc il y a plus de 20 ans après avoir vécu, ainsi que sa famille, des menaces et de l’intimidation par des intégristes islamiques ».
« Ce sont à eux qu’elle fait référence », assure le représentant du PQ. « Elle a d’ailleurs, dans les dernières années, mené un combat sans relâche pour mettre en garde contre l’influence de ces groupes et pour sensibiliser sur les cas de radicalisation menés par ceux-ci. »
« Islamophisme » et terrorisme
Dans le balado, Mme Aboubakr montre du doigt l’ex-représentante spéciale du Canada chargée de la lutte contre l’islamophobie, Amira Elghawaby. « J’ai inventé un mot pour Amira Elghawaby, c’est “islamophisme”. […] Ça rime avec le terrorisme. L’islamophisme ! Elle exerce un islamophisme sur nous. C’est comme pour dire… C’est un terrorisme sur nos langues, sur nos bouches. Elle coupe nos langues. Si quelqu’un parle, il est islamophobe », dit-elle à son sujet.
Après une heure et demie de conversation, elle avance que les islamistes sont ici « pour infiltrer les partis politiques, pour paraître gentils, pour paraître avec une morale et des valeurs, pour atteindre des objectifs en dissimulant leurs vraies intentions ».
Elle apporte à ce moment une nuance. « Non, non, non, ce ne sont pas tous les musulmans qui font ça », souligne-t-elle.
Mme Aboubakr dit ensuite constater des « contradictions » dans les agissements des « musulmans qui ont un projet ». « Dans un seul parti, dans le même parti, on ne peut pas trouver une femme voilée ou un homme musulman avec une barbe et à côté de lui, un transgenre ou un homosexuel. C’est impossible. Ça, c’est une contradiction », affirme-t-elle.
Des menaces de mort
Mme Aboubakr s’est notamment impliquée dans le Mouvement laïque québécois, où elle a plaidé en faveur de l’interdiction du visage couvert dans l’espace public. L’annonce de sa candidature à l’investiture du PQ dans Laval-des-Rapides lui a d’ailleurs valu des menaces de mort, a rappelé M. Medernach. M. St-Pierre Plamondon y avait vu « une attaque frontale contre notre démocratie qui exige une réponse adéquate de la police ».
Dans la réponse qu’il a fournie pour cet article, le PQ s’est dit « pleinement en accord avec l’importance de lutter contre toutes formes d’intégrisme religieux, notamment l’intégrisme islamique ».
Selon les données du recensement de 2021 de Statistique Canada, Laval-des-Rapides compte peu de musulmans : 375 sur près de 17 000 au Québec.
Le site de projections électorales Qc125 donne l’avance au Parti libéral dans cette circonscription, avec 33 % des voix. Le PQ est tout juste derrière, avec 26 % des intentions de vote.
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