Manifestations d’élèves en région liégeoise : plusieurs arrestations et deux policiers blessés

Des dégradations et neuf arrestations dans le centre de Liège
Selon la police de Liège, plusieurs groupes se sont mobilisés ce matin dans le centre-ville : place Cathédrale, place des Carmes, place du XX Août. Peu avant 11 heures, les élèves et étudiants ont rejoint la place Saint-Lambert. Fermée par précaution, la galerie Saint-Lambert a depuis rouvert.
Dans un premier bilan, la police indique que des dégradations ont été observées lors des déplacements des groupes : des jeunes ont tenté de forcer l’entrée de plusieurs établissements scolaires, renversé du mobilier urbain et lancé des objets en direction des écoles. Quelques magasins ont subi des dommages, les constats sont en cours. La porte du JD Sport a reçu des coups. Vers 11h30, un groupe a mis le feu à un vélo et à des trottinettes sur l’esplanade Saint-Léonard. Des policiers ont été caillassés à proximité de l’athénée de Fragnée avant de refouler les manifestants.
Vers midi, les jeunes se sont rendus devant l’Hôtel de Ville. Selon la police, un groupe s’est dirigé vers la place Saint-Lambert vers 12h20.
Peu après 15 heures, la police a indiqué que le calme était revenu dans le centre-ville. Elle dénombre au total huit arrestations judiciaires et une arrestation administrative à Liège.
Les Hautes Écoles rejoignent le mouvement
Certaines Hautes Écoles ont aussi rejoint le mouvement. C’est le cas de la Haute École HELMo ESAS rue d’Harscamp, où des centaines d’étudiants se sont mobilisés devant l’école ce matin.
"Par rapport aux manifestations d’hier, il y a eu énormément de débordements, on a vraiment le ressenti que les élèves ne sont pas écoutés" témoigne Amandine, étudiante en bac assistante sociale.
"À la base, on a relayé le message pour soutenir les élèves du secondaire et aussi parce qu’on est touchés par toutes les réformes, notamment le prix de l’abonnement du bus qui passe à 384 euros à la place de 12 euros pour les moins de 26 ans. C’est scandaleux, on n’aura jamais les moyens de pouvoir se payer ça". Amandine insiste sur la précarité de certains étudiants : "Il y a des étudiants qui sont précaires, qui ne savent pas remplir leur frigo. Il y a des parents qui ont plusieurs enfants, ça revient à plus de 600 euros pour le train et le bus, plus 1200 euros de minerval. C’est juste impossible à payer. On a l’impression d’être dans une autre réalité et qu’on ne nous écoute pas. Et on n’arrêtera pas de se battre."
"L’école est bloquée depuis ce matin, c’est un mouvement spontané, on ne s’y attendait pas" indique Laure Compère, la directrice du département social de la Haute École HELMo. "Ce sont vraiment les étudiants qui ont mis en place ce mouvement très tôt ce matin. On sent quand même depuis quelques mois toute une série de mesures qui sont prises et qui ne vont pas dans le sens d’apaiser les élèves et les étudiants par rapport à leurs conditions dans leur classe et dans leur vie de tous les jours."
Willy Demeyer réunit les écoles pour une réouverture lundi
Willy Demeyer, bourgmestre de Liège, a convoqué ce week-end les représentants des quatre pouvoirs organisateurs de l’enseignement secondaire de la Ville afin de préparer la réouverture de toutes les écoles lundi. "Toutes les écoles doivent être ouvertes et les cours doivent reprendre dans tous les établissements", estime-t-il.
Les écoles communales ont été fermées ce matin, explique Willy Demeyer, après la décision de l’enseignement libre de fermer les siennes car elles pouvaient devenir la cible d’éventuels troubles. Il déplore les violences d’hier, mais relève que les dégâts sont restés limités. Il souligne aussi qu'"il n’y a eu aucun blessé chez les jeunes, aucun blessé dans la police".
Pour lundi, les mesures de police seront annoncées par le chef de corps. Willy Demeyer, lui, appelle "au calme et à la sérénité" et demande "qu’il n’y ait pas de dégradation".
Des écoles fermées, d’autres ouvertes
Ce vendredi, à Liège, les écoles secondaires communales et une majeure partie du Libre sont donc fermés.
Exception dans le réseau libre : le collège Sainte-Véronique qui est lui resté ouvert. "Hier soir, il y a eu une réunion de toutes les écoles libres de la zone de Liège" explique Mathias Tyssens, le directeur général du collège. "Et suite aux événements tragiques qui se sont passés devant Saint-Barthélemy et Marie-Thérèse notamment, écoles que je soutiens totalement, les écoles ont eu le choix de fermer ou pas. Au collège Sainte-Véronique, on a décidé de rester ouvert parce que depuis le début de cette rentrée scolaire, il n’y avait rien qui nous signalait qu’un danger existait par rapport à la situation actuelle. Et donc, en accord et en soutien de mon PO, nous avons décidé de rester ouverts ce matin. D’autres écoles sur le territoire de Liège sont ouvertes, notamment l’Athénée de Liège-Atlas, l’Athénée de Fragnée, je pense aussi l’Athénée de Chênée, l’Athénée de Liège 1 sont également ouvertes ce matin."
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