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Monday, October 26, 2026

Missions Artemis | Cinq choses à savoir sur le retour sur la Lune

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La NASA redouble d’ardeur pour la Lune. L’arrimage de la capsule habitable Orion avec les deux alunisseurs, la mission Artemis III, aura lieu dès l’été prochain. Et l’humain foulera le sol lunaire pour la première fois depuis 1972 avec Artemis IV dans la deuxième moitié de 2028, a promis l’agence américaine vendredi.

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Un calendrier ambitieux

« Mon enthousiasme et la pression ne changent pas les lois de la physique. Ce que nous avons entrepris est ambitieux et extraordinairement difficile. Des années de décisions dans et hors de la NASA nous ont coûté du temps et des ressources qui nous manquaient déjà. »

Le milliardaire techno qui dirige la NASA, Jared Isaacman, s’est fait humble au début de la conférence de presse de deux heures où il faisait le point sur le programme lunaire Artemis, vendredi. Mais il maintient le cap sur des objectifs « ambitieux » : Artemis III testera en orbite terrestre deux alunisseurs qui n’ont encore jamais volé, et Artemis IV permettra à l’Oncle Sam de battre la Chine dans la nouvelle course à la Lune.

PHOTO GREGG NEWTON, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Jared Isaacman, administrateur de la NASA

L’empire du Milieu ne prévoit pas de mission lunaire habitée avant 2029.

Pour justifier son optimisme que la NASA respectera son calendrier pour Artemis III et IV, M. Isaacman a rappelé qu’à peine plus de six mois ont séparé le premier survol habité de la Lune avec Apollo 8 et le célèbre « un petit pas pour l’homme » d’Apollo 11 le 21 juillet 1969. Si tout marche comme sur des roulettes, plus de deux ans sépareront Artemis II, qui a amené le Canadien Jeremy Hansen jusqu’à la Lune en avril dernier, et Artemis IV. Un laps de temps amplement suffisant, conclut-il.

L’alunisseur d’Elon Musk…

Les alunisseurs constituent la plus grande inconnue des plans de M. Isaacman. Deux firmes privées, Blue Origin du fondateur d’Amazon Jeff Bezos et SpaceX de l’excentrique Elon Musk, sont en lice.

L’alunisseur de SpaceX est la méga-fusée Starship, que M. Musk a conçue pour la colonisation de Mars. Son 14e vol, fin septembre, a été le premier qualifié d’« opérationnel », avec le déploiement de 26 satellites, même s’il a été plus court que prévu.

PHOTO ERIC GAY, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

La méga-fusée Starship de SpaceX

Pour servir d’alunisseur, Starship devra avoir une cabine habitable, dont le premier exemplaire est en train d’être construit selon une vidéo diffusée par M. Isaacman vendredi. Et surtout, la méga-fusée devra être ravitaillée en orbite terrestre – par d’autres Starship – plusieurs fois avant de prendre la route vers la Lune – 22 fois selon un rapport gouvernemental dévoilé cette semaine, de 6 à 8 fois selon Elon Musk. Un tel transfert de méthane n’a jamais été fait.

Jeremy Parsons, responsable d’Artemis, a dit que le premier test de transfert de carburant serait fait au début de 2027 et que la cadence de lancement de Starship pourrait être hebdomadaire d’ici fin 2027. Un alunissage sans pilote est prévu avant 2028.

Plusieurs spécialistes des alunissages et de la géologie lunaire ont avancé que Starship est trop grande et mince pour le sol lunaire, et pourrait basculer à l’atterrissage. Lors d’Artemis IV, les astronautes passeront d’Orion à Starship dans une orbite terrestre haute, a dévoilé vendredi la NASA.

… et celui de Jeff Bezos

L’alunisseur Blue Moon de Blue Origin est plus trapu, donc ne suscite pas d’inquiétudes sur sa stabilité. Mais la fusée New Glenn qui doit l’amener dans l’espace a explosé lors de son premier vol opérationnel, en avril dernier. Sa rampe de lancement en Floride a été détruite.

IMAGE TIRÉE DU SITE DE BLUE ORIGIN

Illustration artistique de Blue Moon sur la Lune

Néanmoins, la NASA estime que New Glenn pourrait voler à nouveau et que Blue Moon pourrait voler en 2027, avec un premier alunissage sans pilote début 2028.

Artemis III prévoit que Blue Moon décollera en premier, suivie d’Orion. Ensuite, les astronautes passeront d’Orion à Blue Moon et y séjourneront quelque temps. Starship sera lancée à ce moment, pour un arrimage avec Orion sans que les astronautes y pénètrent. Cela pourrait être un avantage pour Blue Moon.

Pour Artemis IV, Blue Moon s’arrimera à Orion en orbite lunaire.

Regardez L’explosion de New Glenn en avril

Une NASA 3.0

Un test du scaphandre d’Artemis IV sera fait sur la station spatiale internationale en 2027, a dit M. Parsons. Il a pris soin de démontrer que la NASA était désormais beaucoup plus agile, par exemple avec la réutilisation de 250 éléments de la capsule d’Artemis II et la refonte en seulement cinq mois d’un élément d’Orion qui causait de petites fuites d’hydrogène.

PHOTO GREGG NEWTON, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Jeremy Parsons, responsable du programme Artemis

M. Isaacman a expliqué comment il s’est assuré que la NASA pouvait mieux épauler Blue Origin et SpaceX face à leurs défis. « Nous pouvons leur envoyer des gens qui sont des fonctionnaires sans passer par un processus contractuel. Nos ingénieurs mettent à nouveau les mains dans le matériel [hardware]. »

Cela fait passer selon lui la NASA dans une nouvelle ère, après les changements du XXIe siècle qui ont mené à la sous-traitance d’entreprises privées comme SpaceX pour amener des astronautes et du cargo à la Station spatiale internationale.

Le spectre de la Chine

« Cette course sera beaucoup plus serrée qu’elle n’aurait dû l’être. »

Jared Isaacman a rendu hommage au programme spatial chinois, qui, en seulement 23 ans, est passé d’un premier vol habité à des fusées réutilisables.

« Ils ont l’infrastructure crédible pour placer leurs astronautes sur la surface lunaire d’ici trois ans », a prévenu M. Isaacman.

En savoir plus

  • 400 mètres
    Différence entre la distance maximale avec la Terre prévue pour Artemis II et l’apogée réel

    Source : NASA

View the original on La Presse →

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