Albanie: malgré une sixième journée consécutive de contestation, le Premier ministre Edi Rama s'accroche

Edi Rama ne veut toujours pas entendre parler de démission. Le Premier ministre albanais a fait face, dimanche 18 octobre, à une sixème journée de manifestations dans les rues de Tirana. Le mouvement de contestation anticorruption, largement pacifique depuis des mois, a pris en l'espace d'une semaine une tournure beaucoup plus violente, avec l'entrée en scène des étudiants qui dénoncent leurs conditions de vie et le manque de perspectives économiques dans le pays.
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Incendies de voitures et de poubelles, jets de pierres et de pavés contre les forces de l'ordre, bâtiments incendiés, attaque d'un poste de police... Il aura suffi de quelques jours pour que les manifestations à Tirana basculent dans une violence inédite pour la capitale albanaise. Le mouvement a commencé à se tendre mardi 13 octobre, et la tension était toujours vive dans les rues ce dimanche 18 octobre.
Face aux étudiants qui protestent contre la corruption et demandent la démission du Premier ministre au pouvoir depuis 13 ans, la police a fait usage dimanche de canons à eau, de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc. Pour l'heure, la contestation ne faiblit en Albanie. Au contraire, elle semble prendre chaque jour de l'ampleur. Samedi, de violents heurts avaient aussi éclaté à Tirana.
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Mais Edi Rama refuse de céder et de renoncer à ses fonctions. Le Premier ministre socialiste albanais l'a réaffirmé ce 18 octobre, dans une allocution diffusée sur les réseaux sociaux, accusant une nouvelle fois les manifestants d'être manipulés par une puissance étrangère, sans pour autant préciser laquelle. Le chef du gouvernement a avancé un autre argument pour rester au pouvoir : il se présente comme la meilleure chance de son pays d'accéder à l'Union européenne.
Dans une déclaration écrite, la Commission européenne a « condamné le recours à la violence à Tirana et dans d'autres villes », soulignant que la réponse aux violences « doit rester proportionnée ». « Dans un pays candidat fermement engagé dans le processus d'accession à l'UE (...), les griefs doivent être traités par un dialogue constructif et d'une manière pacifique », a-t-elle souligné.
Les manifestations en cours dans le pays ont commencé après des accusations de corruption contre le pouvoir, en particulier autour d'un projet d'hôtel de luxe bâti sur une plage protégée – projet lié à des proches du président américain Donald Trump. Depuis le 13 octobre, 272 personnes ont été blessées, dont 169 policiers, selon le gouvernement albanais.
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