Hôpital de Chicoutimi | Un laboratoire plus rapide qui pourrait sauver des vies

Quand un patient fait une crise cardiaque, chaque minute compte. Grâce à une technologie dernier cri, l’hôpital de Chicoutimi est parvenu à diminuer de 25 minutes le temps d’analyse du taux de troponine, un marqueur d’infarctus dans le sang. Une bonne nouvelle, selon l’urgentologue Marianne Gauthier, car l’électrocardiogramme ne permet pas toujours un diagnostic clair.
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« Avoir le résultat [du test de la troponine] le plus rapidement possible va nous aider à éliminer une crise cardiaque ou à chercher autre chose qui peut être tout aussi dangereux, comme une embolie pulmonaire ou une dissection aortique », explique la médecin spécialiste, qui exerce aux urgences de Chicoutimi.
Le laboratoire de l’hôpital de Chicoutimi s’est récemment doté d’une nouvelle chaîne analytique automatisée au coût de plus de 20,3 millions de dollars. La précédente machine, qui datait d’il y a 18 ans, montrait des « signes de fatigue extrême » qui se traduisaient par des pannes, selon Sébastien Goudenege, biochimiste médical et chef de service de biochimie à l’hôpital de Chicoutimi.
« Cela générait des retards dans la sortie des résultats. Puis, ça pouvait créer parfois des frustrations, notamment pour ce qui est des analyses urgentes », dit-il.
Le nouvel appareil analyse à la fois les prélèvements d’hématologie et de biochimie, qui étaient auparavant traités dans deux chaînes d’analyse distinctes, situées dans des endroits différents du laboratoire.
Les technologistes médicaux déposent maintenant les prélèvements – identifiés par un code-barre – dans la machine, qui se charge de les trier et de les prioriser en fonction de leur urgence.
La chaîne automatisée analyse les échantillons trois fois plus vite que la précédente, selon Santé Québec Saguenay–Lac-Saint-Jean.
« Quand les tubes étaient triés manuellement et visuellement par les technologistes, il pouvait y avoir des risques d’erreurs », explique Sébastien Goudenege.
Les résultats sont plus précis, un gain pour les médecins et les patients, poursuit-il.
« Actuellement, c’est 70 à 80 % des décisions cliniques qui sont influencées par les tests de laboratoire, indique Sébastien Goudenege. Il y a 30 ans, c’était 10 à 15 %. »
Des postes supprimés ?
L’automatisation de la chaîne d’analyse n’entraînera aucune suppression de postes, assure Sébastien Goudenege. Il manque d’employés de laboratoire, selon lui. « Ça va juste donner de l’air, finalement, à notre personnel sur le terrain », affirme-t-il. Les technologistes médicaux pourront se concentrer sur les tests spécialisés qui requièrent des analyses « plus manuelles », précise-t-il.
Le laboratoire de Chicoutimi est le « laboratoire serveur » de la grappe Optilab Saguenay–Lac-Saint-Jean, Côte-Nord et Nord-du-Québec, qui compte 17 laboratoires satellites dans ces régions. Il traite 4 millions d’analyses par année.
Les technologistes médicaux du laboratoire de Chicoutimi saluent l’arrivée de cet appareil, selon leur syndicat, l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS). Mais ils ne constatent pas, pour le moment, une diminution de leur charge de travail, précise Karine Ferland, représentante nationale de l’APTS au Saguenay–Lac-Saint-Jean.
« Il y a des tubes d’échantillons qui sont rejetés par l’appareil présentement, explique-t-elle. C’est le principal irritant dans la période d’adaptation qu’ils ont à vivre. » Selon le syndicat, l’équipe était en « surcharge de travail » avant même l’arrivée de l’appareil. « Cet été, il y a même eu du temps supplémentaire obligatoire », affirme Karine Ferland.
Sébastien Goudenege indique qu’avec la nouvelle chaîne, environ 10 % des échantillons sont rejetés et doivent être traités manuellement en seconde ligne. « Pour différentes raisons, dont des tubes mal étiquetés lors du prélèvement et un volume de prélèvement inadéquat », précise-t-il.
Il rappelle toutefois que les laboratoires satellites des hôpitaux de Jonquière et d’Alma, eux, doivent traiter manuellement tous leurs prélèvements. « Nous, il en reste 10 %, dit-il. Dans un monde idéal, on en voudrait 0 %, mais c’est impossible. »
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