InquirerBFAR issues red tide alert in Surigao del Norte townCNN TürkMİGROS 1 ALANA 1 BEDAVA 17 - 18 EKİM: Migros'ta hangi ürünler bedava? Kişisel bakım ve hijyen ürünleri...Punch2027: Group urges Oyo politicians to shun volenceThe Jerusalem PostUS lawmakers condemn settler violence after Washington Post journalist wounded in West Bank clashesBollywood HungamaEXCLUSIVE: Yeh Prem Mol Liya stars Ayushmann Khurrana and Sharvari to join Falguni Pathak for Navratri celebrations in MumbaiZDF heuteAktuelle Pressemitteilungen des ZDF매일경제영정 앞 묵념 후 훈장 추서…이재명 대통령, 부천 화재 순직 소방관 조문Rai NewsGiornata di mobilitazione in Francia: Centinaia di manifestanti a Parigi. Oltre 60 persone fermateBBC NewsBoy, 16, and 80-year-old man die in light aircraft crash near Loch LomondRFI 中文美国务院更新对前往中国大陆的旅行警告 凸出“非法拘押”风险MintIran says supertanker carrying 2 million barrels of crude ablaze after hitting naval mine in Strait of HormuzIl Fatto QuotidianoAggressioni in minicar a Roma, per i due minorenni si aggravano le accuse: contestate anche le percosse. Rischiano una misura cautelare
The Daily Newsstand · Free, Always
Saturday, October 17, 2026

Décrypter l’énigme Denis Côté

Translate

Mira, une jeune femme tout de noir vêtue, traverse l’existence telle un spectre. Justement, ses journées sont consacrées à une forme clandestine mais empathique d’aide à mourir, puisqu’elle fournit substance létale et présence rassérénante. Or, Mira a beau sembler imperturbable, quelque chose d’intranquille se dégage d’elle. Ainsi en va-t-il dans cet univers d’autant plus insolite qu’il est étrangement familier : normal, puisqu’on est chez Denis Côté. Dans Violence du corps de l’autre, Larissa Corriveau, qui en est à sa cinquième collaboration avec le cinéaste, incarne Mira, tandis que Xavier Bergeron, qui en est à sa première, joue un excentrique jeune homme. On leur a parlé.

Pour mémoire, les précédents films de Denis Côté dans lesquels l’actrice est apparue sont : Répertoire des villes disparues, Hygiène sociale, Un été comme ça et Mademoiselle Kenopsia.

« Denis est devenu un ami en dehors du cinéma. Ce que je trouve très riche dans cette relation-là, c’est qu’on est extrêmement différents. Je pense qu’il y a quelque chose de complémentaire dans nos personnalités et dans nos sensibilités : on ne s’intéresse pas aux mêmes choses et on n’interprète pas les choses de la même manière. Il y a beaucoup de confrontation d’idées, et ça, c’est très inspirant pour le travail », confie Larissa Corriveau.

Après avoir marqué une pause, elle ajoute : « Je pense qu’il y a une forme de langage, de communication intuitive, qui s’est développée entre lui et moi. C’est au-delà des mots. »

Un petit vertige

À cet égard, dans un entretien avec Denis Côté réalisé dans le cadre de la présentation de Violence du corps de l’autre au Festival international du film de Toronto (TIFF), le cinéaste révélait que Larissa Corriveau a désormais accès à ses scénarios avant tout le monde, qu’elle soit ou non de la distribution. Et dans ce plus récent scénario, l’actrice a décelé une qualité inédite.

« Ce qui m’a vraiment frappée à la première lecture, c’est le degré de tendresse qui se trouvait dans le récit, malgré le thème, malgré cette omniprésence de la mort. Il y avait une espèce de sollicitude et de douceur dans les relations entre les personnages ; comme une tentative de les lier les uns avec les autres, émotionnellement. Ça m’a vraiment touchée, cette dimension tendre. »

On le sait, Denis Côté n’est pas du genre à mettre son talent, qu’il a considérable, au service d’une filmographie répétitive. Aussi ses propositions ont-elles toujours l’heur de surprendre et de plaire. Cela vaut pour les personnages qu’il crée.

« Avec Mira, j’ai eu un beau petit vertige parce que, même si elle est dans presque tous les plans, elle a très peu de mots, et le scénario ne me donnait que très peu de clés d’interprétation du personnage. C’est en fait le personnage le plus mystérieux que j’ai eu à jouer. Oui… Mira était vraiment un mystère pour moi. J’en ai parlé avec Denis et lui ai dit qu’il fallait qu’on jase d’elle, sans “psychologiser” parce que je sais que ce n’est pas le chemin qu’il aime emprunter. Mais j’ai eu besoin d’indices pour la saisir. »

Un peu plus funky

Son de cloche similaire en provenance de Xavier Bergeron, un néophyte dans l’univers du réalisateur de Curling, de Vic + Flo ont vu un ours et de Paul.

« Le scénario ne faisait qu’une soixantaine de pages, pour un film d’un peu moins de deux heures. Et ça, ça veut dire qu’il y a eu beaucoup de place pour insuffler du cinéma », explique le comédien qui s’est transformé pour le rôle, en perdant notamment 40 livres.

« Pour ce qui est de Pierric, mon personnage, lui aussi était un mystère pour moi. Mais un mystère un peu plus funky. Il y a quelque chose d’assez intrigant dans ce personnage-là. Pour être franc, je ne savais pas trop par quel bout le prendre. Sauf que pour un comédien qui vient de sortir d’une école et qui veut jouer autre chose que son casting, c’était très intéressant. »

Par casting, l’acteur entend les rôles de type jeune premier, équivalent masculin de l’ingénue, qui deviennent souvent une prison en début de carrière. Pour le compte, chez Denis Côté, il n’est point de tels archétypes et clichés.

De poursuivre Xavier Bergeron : « Avec Pierric, le degré de sérieux n’est jamais clair. Est-ce qu’il niaise ? Est-ce qu’il se met en scène ? Est-ce qu’il cherche à faire rire ? Est-ce qu’il cherche à toucher ? Ce sont des questions que j’avais, mais pour lesquelles Denis n’avait pas forcément de réponses, et de pouvoir chercher ça ensemble, dans un vrai processus, c’est formidable. Et je dis tout ça, mais Denis nous a quand même donné beaucoup de références, à travers des films qu’il nous faisait voir. »

« Pas parce qu’il voulait qu’on fasse comme l’acteur ou l’actrice qui joue dans tel film ou tel film, intervient Larissa Corriveau. C’était plutôt pour qu’on s’imprègne d’une atmosphère, d’un rythme, voire d’une texture d’image… Avec Denis, le travail se fait à ce niveau-là, davantage que d’essayer de cerner à un niveau psychologique, logique, rationnel, ce qu’est le film et ce qu’on veut dire avec le film. On est plus dans… dans l’idée de faire du cinéma, de rentrer dans le cinéma. Pour moi, Mira est à l’image de ça. C’est un personnage qui occupe le temps du cinéma avec sa présence. »

Stimulant et excitant

Avant que Violence du corps de l’autre ne soit dévoilé au Festival de Locarno, où le film a remporté le Prix du jury jeunesse et où Xavier Bergeron a reçu une Mention spéciale pour sa performance, l’équipe a eu droit au traditionnel premier visionnement : une étape que les interprètes abordent toujours avec un mélange d’enthousiasme et d’appréhension.

« Mon travail, c’était audacieux, comme geste, et j’avais peur que ça ne se rende pas, que ça ne soit pas bon. Pendant le tournage, j’essayais de ne pas penser à ce que ça allait avoir l’air dans le film terminé, et de juste rester dans ma bulle d’acteur. Il faut faire confiance au cinéma et à la vision du réalisateur. Ce n’est qu’à la deuxième projection du film que j’ai pu avoir un vrai regard sur mon personnage », relate Xavier Bergeron.

À ce propos, Larissa Corriveau précise : « La première écoute, ce n’est pas la bonne pour un acteur, parce que c’est juste notre vanité qui embarque. On se regarde et ça finit là. On n’a pas accès au film, pas en ce qui me concerne en tout cas. Mais la deuxième, la troisième fois… »

L’esprit d’une débutante

Parlant de « fois » : y aura-t-il une sixième, une septième, une énième collaboration entre l’actrice et le cinéaste ?

« Je ne peux pas prétendre que je sais comment travailler avec Denis, admet Larissa Corriveau. Chaque fois qu’il m’appelle pour me proposer un nouveau projet, j’ai un stress, mais un stress qui est stimulant et excitant. C’est aussi pour ça que je suis une artiste et que je fais ce que je fais. »

Pensive, Larissa Corriveau reprend : « Avec Denis, j’arrive chaque fois avec l’esprit d’une débutante, car je n’ai aucune idée dans quoi je m’embarque. »

Comme Xavier Bergeron, au fond. Cinquième ou première collaboration, tout est à défricher, tout est à découvrir.

D’ailleurs, Larissa Corriveau avoue elle-même n’avoir que peu de certitudes en la matière : « Je sais que Denis veut se surprendre lui-même, et qu’il veut que je le surprenne également. C’est la seule chose que je sais. De quelle manière je vais y arriver ? On va le voir en cours de route. Ce dont je suis certaine, en revanche, c’est que je me sentirais un peu orpheline sans Denis dans ma vie. »

Le film Violence du corps de l’autre prendra l’affiche le 23 octobre.

View the original on Le Devoir →

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.