Anjou | « Détournement de fonds » à l’Association de soccer

L’Association de soccer d’Anjou, qui regroupe des centaines de jeunes joueurs, aurait été victime d’un « détournement de fonds » de plus de 100 000 $, selon le maire de l’arrondissement du même nom.
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Une plainte a été déposée à la police et le Contrôleur général de la Ville de Montréal a ouvert une enquête, étant donnée l’importance de la contribution municipale à cette organisation.
Le pot aux roses a été découvert à l’automne 2025. Un dirigeant du FC Anjou (c’est le nom officiel du club) « se faisait des transferts bancaires à lui-même pour plus de 100 000 $ », a relaté le maire d’arrondissement Luis Miranda, en entrevue téléphonique avec La Presse. « La même personne a accepté de payer certains amis pour du travail qui n’a pas été fait. »
Cet individu – que La Presse ne nomme pas en l’absence d’accusations criminelles formelles – a quitté l’organisation depuis.
« Où il est actuellement, je ne le sais pas », a continué M. Miranda. « Il a remboursé une partie des fonds, mais il manque encore plus de 100 000 $. »
Le FC Anjou n’a pas répondu aux sollicitations de La Presse. En 2023, l’organisation revendiquait 800 membres.
Le club « bénéficie d’un soutien matériel et financier de l’arrondissement représentant près de 400 000 $ annuellement, majoritairement par le prêt de terrains gratuit pour la pratique du sport de soccer », indique Anjou.
« J’ai insisté pour qu’il y ait une plainte »
Le maire d’arrondissement Luis Miranda relate que c’est lui qui a insisté pour que la police soit impliquée dans le dossier.
« Un groupe du conseil d’administration était réticent à faire une plainte policière. Moi, j’ai insisté pour qu’il y ait une plainte, sinon on allait retirer tout soutien à l’organisme », a-t-il raconté. L’arrondissement a aussi « mandaté quelqu’un pour faire une vérification comptable et je dois vous dire que c’est tout pêle-mêle », a ajouté l’élu.
Selon le Service des communications de l’arrondissement d’Anjou, l’enquête du Contrôleur général de la Ville de Montréal « a permis d’identifier des détournements de fonds ainsi que des décaissements non justifiés attribués à un individu ». « L’arrondissement accompagne le FC Anjou afin de soutenir son rétablissement organisationnel et financier à la suite des préjudices subis », continue le courriel de l’arrondissement. La situation a causé d’importants problèmes financiers à l’organisation.
Une assemblée générale du club a eu lieu afin d’informer les parents de la situation, a expliqué Luis Miranda.
« On ne veut pas pénaliser les jeunes pour des choses irrégulières faites par certains adultes », a ajouté le maire d’arrondissement, à la tête d’Anjou (la ville, puis l’arrondissement) depuis 1997.
« On a un devoir de comprendre et de poser des questions »
Les mésaventures de ce type ne sont pas rares, a indiqué Stéphane Parent, cofondateur d’Espace OBNL. Son organisation fournit conseils, accompagnement et formations aux organismes à but non lucratif.
Ça arrive « beaucoup plus que vous pourriez imaginer », a-t-il indiqué en entrevue, sans commenter le cas précis du FC Anjou. « Très souvent, les organisations passent ça sous silence, acceptent la perte, créent un nouveau conseil d’administration et passent à la prochaine étape. »
Sébastien Parent appelle ceux qui s’impliquent dans une association ou un organisme – si petit soit-il – à prendre au sérieux leur rôle. « Quand on siège sur un conseil d’administration, on a un devoir de comprendre, de poser des questions et de se positionner », a-t-il rappelé. « Il y a des responsabilités et il faut prendre ça au sérieux. »
Sur le plan des finances, il faut « avoir par écrit des processus de contrôle – qui sont parfois très simples », par exemple la double vérification de toutes les dépenses, a recommandé Sébastien Parent. Il faut que les administrateurs passent par-dessus leur inconfort potentiel à questionner les documents financiers qu’on leur remet pour s’y intéresser réellement, a-t-il continué.
« Le problème qu’on a, c’est l’absence de littéracie financière. Les gens sur les CA sont tellement contents quand il y a quelqu’un qui connaît un peu les finances qu’ils lui donnent ce rôle et le laissent s’arranger avec ça », a-t-il décrit. « Il n’y a pas de formation de base, il n’y a pas de prérequis de base. »
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