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Wednesday, September 30, 2026

Bond marqué de l’achalandage | Le REM cherche à optimiser ses stationnements trop petits

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Malgré les pannes à répétition, les communications déficientes et les stationnements incitatifs trop petits, l’achalandage du REM dépasse maintenant les cibles annoncées. Depuis la rentrée, sa popularité a connu un bond inattendu qui demeure assez mystérieux.

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Curieusement, c’est grâce à un promoteur immobilier qu’on a appris la bonne nouvelle.

Lundi, mon collègue Vincent Larin a révélé que le REM était loin d’avoir atteint l’achalandage escompté, selon les calculs de CPCS, une firme d’experts en transport. Mandatée par Sam Scalia, un homme d’affaires qui construit des logements près du REM, CPCS a estimé que le nombre d’usagers était inférieur de 34 % aux prédictions, à la fin de 2025.

Pendant que Vincent Larin préparait son article, La Caisse a refusé de fournir ses propres chiffres. Elle a changé d’avis cinq jours plus tard, lorsque le texte a été publié dans La Presse.

C’est ainsi qu’on a découvert que 130 000 personnes par jour empruntent son train léger, depuis la rentrée scolaire. L’achalandage a fait un saut spectaculaire de 60 % par rapport au printemps dernier et dépasse maintenant la cible de 40 %. La Caisse croit que l’expansion du réseau (23 stations plutôt que 5 à pareille date l’an dernier) et l’effet de la rentrée pourraient expliquer cette hausse soudaine d’affluence.

Les usagers qui se rendent le matin dans les stationnements incitatifs du REM avaient déjà deviné qu’il se passait quelque chose.

Tous les espaces sont remplis de plus en plus tôt, au grand dam de nombreuses personnes forcées de revoir leurs habitudes et de traverser le pont en voiture, comme je l’écrivais récemment⁠.

Certains détendeurs d’un titre mensuel de stationnement à 121,30 $ n’arrivent même plus à l’utiliser. Ils paient carrément dans le beurre, car toutes les cases sont déjà prises à leur arrivée. La filiale de La Caisse responsable du REM, CDPQ Infra, est au courant du problème. Son porte-parole Francis Labbé affirme que l’entreprise Indigo, qui gère les places payantes, a été invitée à trouver une solution « le plus vite possible ».

J’ai aussi appris que CDPQ Infra prévoit annoncer prochainement, « si tout se passe comme prévu », l’ajout de centaines de places dans ses stationnements. Des équipes cherchent des manières d’optimiser l’espace, ce qui aurait dû être fait dès le départ. Il suffit de se balader cinq minutes dans celui de Brossard, à proximité du DIX30, pour constater l’espace perdu et les terre-pleins inutilement larges.

« On a une popularité qui force à agir », reconnaît Francis Labbé, ajoutant qu’il « faut aller plus vite ».

La hausse d’achalandage du REM provoque aussi des embouteillages. Des usagers rapportent que les autobus et les autos « sont à la queue leu leu » sur la voie de desserte de l’autoroute 10, par exemple. Faudrait-il aménager une voie réservée pour les bus ? CDPQ Infra répond que cette décision relève du ministère des Transports.

Ces bouchons rappellent, en tout cas, toute la complexité de l’affaire. Si l’on ajoute des cases de stationnement, on risque d’accroître les problèmes de circulation !

Dans un monde idéal, l’accès au REM en bus serait plus simple, plus rapide, plus efficace. Ce bout de l’équation est sous la responsabilité de l’ARTM, l’Autorité régionale de transport métropolitain, qui doit jongler avec un budget limité même si les besoins augmentent (croissance de la population et création de nouveaux quartiers résidentiels), résume Ludwig Desjardins, directeur exécutif, développement et performance. « C’est sûr que c’est un frein à ajouter des services, parce qu’on en rajouterait certainement si on avait plus les moyens de le faire. »

Bien sûr, on ne peut que se réjouir de la popularité accrue du REM, compte tenu des milliards de fonds publics investis dans le projet. Mais son succès se mesure-t-il uniquement en nombre de passagers ?

La question se pose en discutant avec des nostalgiques de la période pré-REM comme Annie Gagné. Cette mère de famille contribue à l’affluence du train. Mais ses déplacements sont plus compliqués, moins agréables. Avant le REM, elle prenait « simplement l’autobus » qui passait toutes les 10 minutes. Maintenant, elle doit utiliser son auto jusqu’au stationnement incitatif de Chambly, puis monter dans le bus et ensuite dans le REM. « Ça fait quand même beaucoup plus de déplacements. J’ai essayé le stationnement de Brossard, mais tu es mal pris quand il n’y a plus de place. »

Des citoyens de La Prairie et de Saint-Jean-sur-Richelieu racontent pour leur part qu’ils avaient l’habitude de parcourir 100 % de leur trajet vers le centre-ville en transports en commun. Aujourd’hui, ils doivent sauter dans leur voiture jusqu’au stationnement incitatif de Brossard. Ils contribuent à l’achalandage du REM, mais peut-on vraiment dire qu’on est plus avancés ?

Aux dernières nouvelles, 35 % des déplacements étaient faits en transport actif ou collectif sur le territoire de l’ARTM (2023). La cible est à 50 % en 2050.

La hausse récente d’achalandage du REM a probablement fait bouger l’aiguille dans la bonne direction. Mais pour espérer la fin des bouchons sur les ponts, il faudra que le transport collectif simplifie davantage la vie des banlieusards attachés à leur voiture.

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