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Saturday, October 31, 2026

Moscou 2026 : beaucoup de bruit, peu de roubles

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Moscou a déroulé le tapis rouge pour l'Afrique, cartes bancaires prépayées à l'appui. Bilan officiel mirobolant, 146 accords annoncés. Mais derrière la vitrine, une question : où est l'argent ? Newton Ahmed BARRY vous faites les comptes du 3e sommet Russie-Afrique.

Le troisième sommet Russie-Afrique s'est achevé sur une note de satisfaction générale. La Russie se constitue sa cour africaine pour mieux se poser en puissance internationale. Le Kremlin renvoie à l'Élysée les images de ses anciennes heures de gloire. La tutelle change, mais grosso modo, le modus operandi reste intact. Celui de la Françafrique. L'hôte du sommet et à ses côtés, le président en exercice de l'Union africaine, plus en faire-valoir qu'en véritable co-président. Comme on dit : celui qui paie dicte le menu. Et c'est la Russie qui a payé rubis sur l'ongle. À l'arrivée, la majorité des chefs de délégation ont reçu une carte bancaire prépayée, pour payer l'hôtel, le transport, les restos du forum.

Le paiement, justement, un des désagréments du séjour moscovite

Depuis 2022, la Russie est exclue de SWIFT. Les cartes Visa et Mastercard étrangères ne passent plus à Moscou. Les Africains qui vont en Russie doivent venir avec du cash. Ou, pour les happy few - Sud-Africains, Égyptiens, Marocains - avec une carte UnionPay chinoise. 

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Le modèle alternatif que la Russie essaie de pousser avec les BRICS – (SPFS - CIPS chinois ) - ne prend pas. Même dans son pré carré AES et Centrafrique. Et pour une raison simple. En dehors des Kalachs et des chars qu'elle leur vend, la Russie leur achète peu. Les chiffres sont têtus : moins de 1% des Investissement Directs Etrangers entrants en Afrique, moins de 2% du commerce ouest-africain. Pour l'instant, les Africains vont tous les deux ans écouter Poutine parler, et gardent soigneusement leur portefeuille SWIFT.

Moscou commence quand même à prendre le pli de ces sommets

Le bilan publié à chaud par Roscongress, l'organisateur officiel, est mirobolant : 92 accords, 54 mémorandums et le Plan d'action 2027-2029 en 19 domaines. Les Russes vendent du volume. Les Africains, eux, instruits par l'expérience, ont répété le même mot : « passer de la planification à la mise en œuvre », avec financement, calendrier et évaluation. C'est la substance des messages du Burundais Ndayishimiye, président de l'UA, de Tshisekedi, de Sassou et d'Azali Assoumani. C'est l'aveu que Sotchi 2019 et Saint-Pétersbourg 2023 n'ont pas débouché sur grand-chose. La guerre en Ukraine et les sanctions vident les caisses de Moscou, elles ne vont pas les remplir en Afrique.

L'accord entre la banque de l'AES et la banque russe VEB, c'est inédit, malgré tout ?

Sur le papier, c'est inédit. Dans les faits, c'est un accord-cadre : pas de montant, pas de calendrier. La BCID-AES cherche 1000 milliards de FCFA pour doubler son capital. Problème : VEB.RF, son partenaire russe, n'a jamais géré de banque en Afrique, n'a pas de licence UEMOA, et est exclue de SWIFT depuis 2022. Elle ne peut pas envoyer un euro à la BCEAO.

Alors comment faire ? Trois pistes : un compte en roubles converti via Dubaï, le paiement en nature - modèle Wagner - ou passer par une filiale non sanctionnée, mais il faudra l'aval de la BCEAO et de la Banque de France. Tout ça est complexe, lent, et risqué : en contournant SWIFT, l'AES s'expose à des sanctions européennes. D'où le flou. C'est une première, mais sur le papier seulement.

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