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Wednesday, October 21, 2026

Violences urbaines: l'Europe face à la tentation sécuritaire

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Des soldats dans les rues de Milan en Italie, des couvre-feux en France après les événements du 17 et du 18 octobre : face aux violences urbaines, l'Europe durcit le ton. Mais jusqu'où ? Les eurodéputés sont divisés.

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Dans le cadre de son huitième décret sécurité depuis 2023 en Italie, le gouvernement de Giorgia Meloni a adopté diverses mesures pour lutter contre les violences urbaines lors de manifestations ou en marge de celles-ci, rapporte notre correspondante à Rome, Anne Le Nir.

Après les violents heurts des 17 et 18 octobre à Milan, capitale du luxe, qui ont abouti à l'interpellation de 271 personnes, dont une très grande partie sont des jeunes des banlieues milanaises âgés de 14 à 16 ans, voire de 11 à 12 ans, le décret-loi vise particulièrement les mineurs. Ces dispositions, tout comme celle visant à déployer 500 militaires à Milan jusqu'au 31 décembre, entreront en vigueur dès la publication du décret au Journal officiel.

L'une des mesures phares du décret-loi est le « délit de participation violente à une manifestation ». Tout individu qui, lors d'un rassemblement, se joint à un groupe d'au moins cinq personnes pour commettre des violences risque jusqu'à cinq ans de prison et 20 000 euros d'amende. Ce délit s'applique aussi aux mineurs de 14 à 17 ans, qui sont au cœur du texte adopté.

Celui-ci introduit une présomption de responsabilité pénale : le discernement du jeune est présumé, inversant ainsi le principe antérieur. De plus, la garde à vue de 24 heures et l'arrestation différée dans un délai de 48 heures, par reconnaissance biométrique, sont étendues aux mineurs dans un contexte de violences urbaines.

Enfin, le décret cible le portefeuille des familles. Si un jeune, même de moins de 14 ans, est impliqué dans des dégradations, ses parents doivent payer une amende de 500 à 1 000 euros, doublée en cas de récidive, et rembourser solidairement les dégâts causés aux commerces ou au mobilier urbain.

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Les eurodéputés divisés sur la réponse à apporter

Après les événements du week-end en France et en Italie, les autorités ont pris des mesures pour le maintien de l'ordre : couvre-feux, dispositif renforcé annoncé pour les prochaines manifestations en France, intervention de l'armée dans les rues de Milan, mesures pour faciliter la détention des mineurs... Que pensent les eurodéputés de cette tournure sécuritaire ? Jean-Jacques Héry, envoyé spécial de RFI à Strasbourg, leur a posé la question ce 21 octobre dans les couloirs du Parlement européen, où ils sont réunis en session plénière.

Déployer des soldats dans les rues de Milan, punir plus facilement les mineurs impliqués dans les violences, mettre en place un délit de « participation violente à une manifestation » : les décisions annoncées par le pouvoir italien ouvrent la porte à des dérives et ne peuvent pas suffire à elles seules, déplore l'eurodéputé Juan Fernando López Aguilar, membre du Parti socialiste espagnol. « La réponse n'est pas la répression purement policière. La réponse doit être européenne. Écouter les raisons profondes de la colère et de la frustration qui est partout en Europe. Et il faut bien sûr rétablir le contrat social », affirme-t-il.

Les couvre-feux et les interdictions de manifester au cas par cas, comme en France ? Dirk Goting, député néerlandais de droite du groupe PPE, défend une position plus nuancée : « Je n'ai pas l'impression qu'en Europe on manque de possibilités de manifester. Quand il y a un mouvement si violent et si bien organisé, il est évident que l'État doit réagir et prendre des mesures pour éviter que le champ de bataille ne s'élargisse. Il est difficile pour moi de juger si ça, c'est proportionnel ou pas. »

Alors que le gouvernement français a annoncé un dispositif policier et sécuritaire renforcé pour la manifestation de samedi 24 octobre, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Türk, a appelé cinq gouvernements à mettre fin à l'escalade des violences : la France, la Belgique, l'Italie, l'Albanie et le Portugal.

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