Budget wallon : le conclave budgétaire ne devrait pas atterrir avant la fin de la semaine prochaine

Du côté du gouvernement, on confirme que le conclave a été inscrit à l’agenda pendant deux semaines complètes. Il a débuté lundi par une réunion de l’ensemble des ministres et aligne, depuis, kerns et rencontres bilatérales. Les groupes de travail mis en place dans ce cadre, eux, planchent depuis le mois de juillet.
La dette continue à se creuser
C’est que s’il est sans conteste plus aisé de négocier en duo (MR et Engagés) qu’à cinq partenaires comme au fédéral, le travail n’en reste pas moins ardu. La dette continue en effet à se creuser et pourrait atteindre, selon la Cour des Comptes, 38 milliards en 2029. Quant au Bureau du Plan, il a récemment évoqué un "risque élevé" que la dette wallonne ne soit plus soutenable à l’horizon 2031. La Wallonie va donc – à nouveau – devoir se serrer la ceinture.
Avec au cœur des débats, les quelque 900 millions d’euros à trouver pour l’exercice 2027, afin de réduire le déficit public – qui sélève actuellement à quelque 2 milliards d’euros pour un budget régional de 21 milliards – et de revenir à un budget en équilibre à la fin de la législature.
"Le cap n’a pas changé. Ce qui a changé, en revanche, c’est l’environnement économique, budgétaire et institutionnel auquel la Wallonie est confrontée", avait souligné, le 14 septembre dernier, le ministre-président wallon Adrien Dolimont. "Les projections actualisées font notamment apparaître des pressions nouvelles sur les recettes, les dépenses et les charges d’intérêts. Cela nous oblige à revoir la méthode et le chemin nous permettant d’atteindre notre objectif d’équilibre", avait-il ajouté, interrogé sur le sujet en commission du parlement régional.
Evaluer l’efficacité des politiques publiques
Pour y parvenir, le gouvernement entend évaluer l’efficacité des politiques publiques afin de s’assurer que chaque euro est bien dépensé. Et aucun secteur ne devrait y échapper, ce qui ne manque pas de susciter l’inquiétude des premiers concernés. Ce jeudi, c’est ainsi l’UNIPSO – l’union des entreprises à profit social – qui tire la sonnette d’alarme.
Avec ses 230.000 emplois, le secteur est le premier employeur de Wallonie, au sein des maisons de repos, des crèches, des services d’aide et de soins à domicile, des maisons médicales ou encore des centres culturels.
"Le gouvernement wallon ne peut pas s’arrêter au montant économisé". "Une réduction de moyens dans le secteur à profit social a des effets bien au-delà de la ligne budgétaire : un service réduit, un emploi fragilisé et, au bout de la chaîne, une personne qui ne trouve plus de réponse", avertit l’UNIPSO.
"Ça n’est pas en faisant des économies dans nos secteurs que l’on va redynamiser l’économie wallonne. La classe politique doit comprendre que nous portons l’économie et rendons nos territoires attractifs", ajoute-t-elle en appelant notamment l’exécutif à préserver les financements du secteur en tenant compte de l’inflation et à réexaminer la portée de ses réformes fiscales, dont celles des droits d’enregistrement et de succession.
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