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Thursday, August 27, 2026

Son mari tombe à la mer, elle dérive trois jours et reste sans nouvelles de lui: “Elle se sent coupable”

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Juan José Mutilba (66 ans) est tombé par-dessus bord après avoir glissé sur le sang d’un thon. © DR

Italie

Il venait de pêcher un thon. Quelques instants plus tard, l’Espagnol Juan José Mutilba se retrouvait en pleine mer, tandis que sa femme voyait leur voilier s’éloigner de plus en plus de lui. Carmen Díez n’a pas réussi à arrêter le voilier et, faute de réseau, n’a pas pu donner l’alerte. Pendant trois jours, elle a dérivé sans cap sur la mer Ionienne, entre la Sicile et la Grèce. Elle a finalement été retrouvée saine et sauve, mais neuf jours plus tard, on est toujours sans nouvelles de son mari.

Karen Van Eyken

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Le couple espagnol avait quitté Syracuse, en Sicile, le 17 août. Leur destination était Pylos, une ville portuaire du Péloponnèse grec. Juan José Mutilba et son épouse étaient des plaisanciers expérimentés, mais le catamaran à bord duquel ils voyageaient était tout neuf. Le bateau était plus grand et plus difficile à manœuvrer que leur ancien bateau.

L’île d’Ortigia et Syracuse en arrière-plan © Getty Images

Le lendemain, le 18 août, le drame s’est produit. Mutilba venait d’attraper un thon et était en train de le nettoyer lorsqu’il a glissé sur le sang. Il a perdu l’équilibre et est tombé par-dessus bord.

Sa femme l’a entendu lui crier de couper le moteur. “Menchu, Menchu, coupe le moteur”, lui aurait-il lancé. Menchu était le petit nom qu’il donnait à son épouse. Carmen possédait un permis de navigation, mais, prise de panique, elle n’a pas réussi à immobiliser à temps ce nouveau bateau, plus grand. Elle n’a pas pu affaler les voiles ni jeter l’ancre. Alors que le bateau continuait à voguer, son mari est devenu un point de plus en plus petit à l’horizon, jusqu’à ce qu’elle le perde complètement de vue.

Pas de réseau, pas d’aide

Carmen a tenté de joindre les services de secours, mais elle se trouvait bien au-delà de la couverture du réseau mobile. Le bateau a continué à dériver sans pilote. Pendant trois jours, elle est restée seule en mer. Il y avait certes suffisamment de nourriture à bord, mais elle n’arrivait pas à entrer en contact avec le monde extérieur.

À terre aussi, l’inquiétude grandissait. Selon certains médias espagnols, un ami navigateur a tenté de joindre le couple, mais sans succès. Ce n’est que le 21 août qu’un signal est réapparu sur le téléphone de Carmen. Elle a appelé son ami et lui a raconté ce qui s’était passé. Il a prévenu les services de secours espagnols, qui ont alerté les autorités italiennes et grecques.

Pylos © Getty Images

Carmen sauvée, son mari porté disparu

Les garde-côtes grecs ont localisé le voilier le 21 août à l'aide de deux patrouilleurs et d'un bateau de pêche, à plus de 33 kilomètres de Pylos. Carmen était indemne et a été conduite au port, où elle a bénéficié d'un soutien psychologique.

L’endroit où son mari est tombé par-dessus bord reste incertain. La dernière position du bateau se situait à plus de 220 kilomètres au sud-est de la Calabre italienne, mais cela ne signifie pas pour autant que c’est là que l’accident s’est produit. Le bateau a pu parcourir une grande distance par la suite, tandis que les courants et le vent ont peut-être entraîné Juan José Mutilba dans une autre direction.

Photo d’archive des garde-côtes italiens. © Getty Images

Les garde-côtes italiens dirigent les opérations de recherche. Des avions des garde-côtes et de l’agence européenne des frontières Frontex sont mobilisés à cette fin. Les navires marchands de passage participent également aux recherches. Selon la famille, la zone est fouillée quatre fois par jour. Neuf jours après sa disparition, on est toutefois toujours sans aucune trace de Mutilba. On ignore combien de temps l’opération se poursuivra.

“Nous nous sentons abandonnés”

La famille demande au gouvernement espagnol de mettre lui-même à disposition du personnel et des moyens. Selon son fils Sergio, l’Espagne n’a jusqu’à présent envoyé ni avion ni navire dans la zone de recherche. Les services de secours espagnols jouent toutefois le rôle d’intermédiaire et transmettent à la famille des informations sur les opérations menées par l’Italie et la Grèce.

Une sœur de l’homme disparu s’est rendue au consulat espagnol à Rome. Selon la famille, les autorités italiennes sont disposées à poursuivre les recherches, mais elles attendent de l’Espagne qu’elle apporte son soutien. “Nous nous sentons abandonnés”, déclare Sergio.

À mesure que le temps passe, l’espoir s’amenuise. “Mon père savait bien nager, mais la mer est immense”, explique-t-il. “C’est très difficile, mais il reste encore un peu d’espoir. Nous ne pouvons qu’attendre, prier et continuer à insister.”

Image d’illustration © Getty Images

“Sentiment de culpabilité”

Carmen est rentrée en Espagne sur recommandation médicale. Elle séjourne chez sa sœur à Madrid et bénéficie d’un accompagnement psychologique. Selon son fils, elle est toujours en état de choc et se reproche de ne pas avoir pu sauver son mari.

“Elle n’est plus elle-même”, explique Sergio. “Elle se sent coupable de ne pas avoir su comment réagir. C’est une situation particulièrement difficile pour elle et pour toute la famille.”

Juan José Mutilba était un entrepreneur originaire de Burgos. Depuis sa retraite en 2021, il passait beaucoup de temps en mer avec sa femme. La navigation et la pêche étaient ses grandes passions. L’un de ses fils reste en Grèce pour suivre de près les opérations de recherche. D’autres membres de la famille continuent de faire pression sur les autorités. Tant que les garde-côtes poursuivent leurs recherches, ils refusent de perdre tout espoir.

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