Meurtre de son beau-fils de 4 ans en 2008 | Une belle-mère tortionnaire veut sa « dernière chance » pour sortir de prison

Une belle-mère condamnée à la prison à vie pour avoir assassiné son beau-fils de 4 ans en 2008 veut avoir sa « dernière chance ». Après 18 ans de détention, Stéphanie Meunier a suffisamment « cheminé » pour mériter de sortir dès maintenant de prison, selon son avocate.
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« Madame a su, à travers son expérience carcérale, opérer des changements. Elle est devenue une femme, qui s’est admise à elle-même son délit, et qui est capable d’en assumer pleinement la responsabilité », a plaidé Me Marie-Claude Lacroix, dans sa déclaration d’ouverture au jury mercredi au palais de justice de Montréal.
En 2008, Stéphanie Meunier a battu, martyrisé et tué Jérémy Bastien-Perron, le fils de son conjoint. L’enfant de quatre ans a subi des sévices extrêmes aux mains de sa belle-mère. La pathologiste viendra décrire l’étendue des blessures du garçon plus tard au procès.
« C’est un délit choquant et difficile à accepter », a concédé Me Lacroix.
Stéphanie Meunier a été déclarée coupable de meurtre au premier degré en 2011, puis condamnée à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans. Elle s’adresse toutefois à un jury dans le cadre de la « clause de la dernière chance ». Elle leur demande d’être admissible dès lors à sa libération conditionnelle totale. En ce moment, elle est admissible à celle-ci en 2033.
« Madame ne représente pas un risque indu pour la société. Elle est suffisamment méritoire pour qu’elle soit admissible dès maintenant », a fait valoir Me Lacroix.
L’avocate de la délinquante a rappelé aux jurés que leur tâche se limitait à abaisser la date d’admissibilité à la libération conditionnelle. « Ce n’est pas de libérer Mme Meunier », a insisté Me Lacroix. Ce sera ensuite à la Commission des libérations conditionnelles du Canada de déterminer si elle peut en bénéficier.
PHOTO TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK « EN MÉMOIRE DE JÉRÉMY »
Jérémy Bastien-Perron a été tué à 4 ans.
Stéphanie Meunier prendra la barre cette semaine pour décrire au jury son parcours carcéral.
« Elle va vous dresser son portait, sa responsabilité dans le crime, ses réflexions, sa compréhension des conséquences de ses gestes, les regrets et les remordes qui l’habitent aujourd’hui », a affirmé Me Lacroix.
Le camp Meunier fera entendre une quinzaine de témoins, dont des citoyens qui l’ont côtoyé dans les 10 dernières années lors de ses sorties dans la communauté.
« On fait confiance à votre jugement », a conclu Me Lacroix.
Une fois ces témoins entendus, ce sera au tour de la Couronne de présenter sa preuve pour convaincre le jury de maintenir à 25 ans l’admissibilité à la libération conditionnelle. Me Philippe Vallières-Roland et Me Sarah-Audrey Daigneault représentent le ministère public.
Dans ses directives préliminaires, la juge Hélène Di Salvo a expliqué aux 12 jurés qu’ils devront pondérer cinq critères pour rendre leur décision : le caractère de la délinquante, sa conduite pendant son incarcération, la nature de l’infraction, les témoignages de la famille de la victime et tout autre renseignement pertinent.
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