Plus de 220 morts dans des frappes de drone imputées à l'armée soudanaise dans la région disputée d'Abyei

Située à la frontière entre le Soudan et le Soudan du Sud, la zone administrative d'Abyei – dont les deux pays revendiquent la souveraineté – a été la cible d'une sanglante attaque au drone attribuée aux forces du général Abdel Fattah al-Buhran, lundi 19 octobre. L'armée soudanaise aurait ainsi voulu priver les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), avec lesquels elle est en guerre depuis plus de trois ans, d'une zone de transit et de ravitaillement.
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Le bilan, qui n'a cessé de croître ces dernières heures, est terrifiant. Lundi 19 octobre, des frappes de drone qui se sont abattues sur un marché de la zone administrative d'Abyei, une région riche en pétrole, à la frontière entre le Soudan et le Soudan du Sud – les deux pays s'en disputent la souveraineté depuis l'indépendance du second, en 2011. Plus de 220 personne ont perdu la vie dans ces bombardements. C'est en tout cas le chiffre qu'avance Yohana Akol Ngor, le porte-parole des autorités locales, cité dans la presse sud-soudanaise.
Si la majorité des victimes sont des commerçants soudanais, des ressortissants sud-soudanais ainsi que trois Somaliens ont également été tués, selon l'administrateur en chef d'Abyei, Justice Charles Abyei Jok, qui dénonce dans un communiqué « 22 frappes visant directement une zone commerciale densément peuplée, ce qui démontre un mépris flagrant pour la vie humaine ».
De son côté, le ministère sud-soudanais des Affaires étrangères, qui « condamne l'attaque dans les termes les plus forts », a convoqué l'ambassadeur soudanais à Juba dans la journée de lundi afin de lui faire part de sa « forte protestation », rapporte notre correspondante sur place, Florence Miettaux.
Dévastation totale
Côté sud-soudanais, le drame est en effet imputé à l'armée soudanaise, en guerre contre les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) depuis plus de trois ans. En visant un secteur servant aux FSR de centre de ravitaillement et de zone de transit vers le Kordofan-Occidental, les forces du général Abdel Fattah al-Buhran auraient ainsi voulu les couper d'une source d'approvisionnement en provenance du Soudan du Sud. La zone du marché d'Amiet qui a été prise pour cible est d'ailleurs celle où était vendu du carburant.
Cette attaque contre la zone administrative d'Abyei s'inscrit dans le contexte d'une multiplication des affrontements entre les deux belligérants depuis le 18 octobre avec, d'un côté, des frappes de drone imputées à l'armée qui ont fait plus de 80 morts dans la ville d'Al-Dibab (province du Kordofan) et à Nyala, le fief des paramilitaires, et de l'autre, une attaque, toujours au drone, attribuée cette fois aux FSR, qui a fait quatre morts dans la capitale, Khartoum.
Alors que des vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux montrent la dévastation totale du marché d'Amiet, les habitants de la ville d'Abyei ont eux manifesté mardi 20 octobre pour demander à la Force intérimaire de sécurité des Nations Unies pour Abyei (Fisnua) déployée dans la région d'intervenir.
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