La Hongrie adopte une première loi supprimant des dispositions anti-LGBTQ+ de l'ère Orban

Les députés hongrois ont voté mardi 13 octobre la suppression des dispositions anti-LGBTQ+ contenues dans une loi de « protection de l'enfance » de 2021, adoptée par l'ancien dirigeant nationaliste Viktor Orban. Cette loi avait été vivement condamnée par l'Union européenne.
Publié le :
3 min Temps de lecture
Le Parlement a adopté le texte par 139 voix pour et 51 contre, marquant la première abolition significative des restrictions imposées par Viktor Orban à la communauté LGBTQ+ depuis l'arrivée au pouvoir du Premier ministre conservateur pro-UE Peter Magyar en mai.
Peter Magyar affirme que ces modifications permettront à la Hongrie de se conformer au droit européen, après que la législation de 2021 a été jugée contraire aux valeurs de l'Union européenne (UE). Il a toutefois présenté ces changements non comme un rétablissement des droits LGBTQ+ mais comme un renforcement des règles existantes de protection de l'enfance, « indépendamment de l'orientation sexuelle ».
Pression de l'Union européenne
Au nom de cette même « protection de l'enfance », le gouvernement de Viktor Orban avait progressivement restreint les droits LGBTQ+ en Hongrie, à commencer en 2020 par l'interdiction de la reconnaissance juridique des personnes transgenres.
La législation anti-LGBTQ+ avait été introduite l'année suivante sous la forme d'un ajout aux règles existantes de protection de l'enfance, officiellement destiné à lutter contre les délinquants pédophiles. Mais elle interdisait également la « promotion » ou l'évocation auprès des moins de 18 ans de l'homosexualité et d'une identité de genre différente du sexe assigné à la naissance.
Le texte avait suscité l'indignation des militants et de nombreux dirigeants de l'Union européenne (UE), qui dénonçaient la stigmatisation des personnes LGBTQ+ et l'amalgame établi entre relations homosexuelles et pédophilie. L'an dernier, la législation avait été encore durcie pour servir de fondement à l'interdiction des marches des fiertés.
« Une évolution très importante et positive »
Habitant de Budapest, Tamas Dombos dirige Hatter Society, la plus ancienne association LGBTQ+ de Hongrie. Cela faisait cinq ans qu’il attendait ce moment. « Il s'agit, bien sûr, d'une évolution très importante et positive », souligne-t-il. C'est le premier acte pro-LGBTQ+ de Peter Magyar depuis son arrivée au pouvoir en avril dernier. Tamas Dombos avait d'ailleurs des doutes sur la volonté du dirigeant conservateur, et ex-membre du parti de Viktor Orban, de protéger les droits des LGBTQ+. Peter Magyar avait d'ailleurs évité d'en parler pendant sa campagne.
Aujourd'hui, le militant est néanmoins rassuré. « Les choses bougent, mais il reste bien entendu beaucoup à faire, car le gouvernement Orban a adopté de nombreuses mesures législatives, au-delà de celles-ci : notamment une loi interdisant la reconnaissance légale du genre pour les personnes trans, la suppression des protections contre la discrimination et des modifications du système d'adoption. Tout cela doit donc changer. Nous restons quand même optimistes. Les signes vont dans la bonne direction, même s'il reste encore beaucoup de travail. »
Le gouvernement hongrois travaille par exemple déjà à ouvrir l'adoption aux couples de même sexe. Le climat général a changé dans le pays pour la communauté LGBTQ+, se réjouit Tamas Dombos.
À lire aussiHongrie: «Plus de deux tiers de la population est favorable au mariage homosexuel»
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.