Mobilisation en France: Emmanuel Macron admet des «défaillances» mais refuse le départ de Laurent Nuñez

Emmanuel Macron, sous pression après les violences du week-end en France, a reconnu lundi 19 octobre des « défaillances d'anticipation et de renseignements » dans la gestion des manifestations, demandant à la police d'adapter ses méthodes face aux « casseurs ». Le président français a néanmoins refusé la démission de son ministre de l'Intérieur, a indiqué l'Élysée.
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Pressé d'agir après les violences du week-end en France, Emmanuel Macron a reconnu des « défaillances » dans la gestion des manifestations contre le coût de la vie.
Signe de l'ampleur de la crise provoquée par les affrontements, saccages et pillages de samedi 17 et dimanche 18 octobre, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a remis sa démission au chef de l'État qui l'a refusée « compte tenu de la nécessité d'un commandement continu des forces de l'ordre », a annoncé l'Élysée lundi matin. « Il a chargé le ministre de l'Intérieur de prendre toutes les dispositions pour faire la transparence sur les défaillances d'anticipation et de renseignements qui ont conduit aux violences », a ajouté la présidence française.
« Pour mettre fin aux phénomènes de barricades et de pillages, (M. Macron) a également demandé au ministre de l'Intérieur de mettre en place au plus vite sur le terrain de nouveaux modes d'action pour les forces de sécurité intérieure en matière de lutte contre les casseurs », selon la même source.
« Manque d'anticipation »
Laurent Nuñez admet qu'il y a eu « une perte de contrôle » de la police dans certaines villes et reconnaît un « manque d'anticipation » dans la mobilisation des forces de l'ordre.
Fragilisé, le gouvernement tente de reprendre la main et organise lundi une série de réunions d'urgence face à ces violences qui ont sidéré le monde entier et tournent à la crise politique.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu doit tenir ce lundi une cellule interministérielle de crise qui portera sur trois volets, « économie-commerce », « assurance » et « suivi judiciaire », selon ses services. Une autre réunion est prévue au ministère de l'Économie et des Finances pour faire le point sur l'ampleur des dégâts matériels, alors que quelque 1 500 commerces ont été pris pour cible samedi selon leur fédération.
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Nouveaux incidents dimanche
De nouveaux incidents ont éclaté ce dimanche 18 octobre, après des violences qui ont marqué la journée de mobilisation de samedi. À Lyon, Marseille, Nice, Nantes, mais aussi Paris, des tentatives d’intrusions ou des pillages ont encore eu lieu.
La préfecture de Police de Paris parle de groupes épars de jeunes délinquants. Vêtus de noir et cagoulés, ils se déplaçaient rapidement dans les rues, cherchaient des magasins à dévaliser au milieu des riverains et des touristes, indique François Ballarin, du service France de RFI.
Le secteur de Châtelet-les-Halles a été particulièrement touché. Tout comme samedi, la CRS 8, spécialisée dans la lutte contre les violences urbaines, y a été déployée. Même scène de pillage devant le BHV Marais. Une porte d’entrée du célèbre magasin a été éventrée et des pilleurs se sont introduits à l'intérieur.
Au total, 350 interpellations ont eu lieu dimanche et dans la nuit à Paris, affirme Laurent Nuñez ce lundi.
Guérilla urbaine
Dans plusieurs endroits du centre de la capitale, on a pu voir dimanche des charges de police, des jets de gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes. Dans l'après-midi, des affrontements opposant plusieurs centaines de personnes à la police ont duré plusieurs heures autour de la place de la République, déjà théâtre de violences samedi.
Les affrontements ont duré jusque tard dans la nuit. La préfecture de police fait état de 108 interpellations à Paris ce dimanche, dont 66 dans la soirée. Plus de 550 gardes à vue étaient en cours ce dimanche soir dans des commissariats de la capitale.
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