Espagne: à l'approche des législatives, les «indignés» de la Puerta del Sol poursuivent leur mobilisation pour le logement

À quelques semaines des élections législatives anticipées du 29 novembre en Espagne, le gouvernement du Premier ministre socialiste Pedro Sánchez a approuvé, mardi 20 octobre, une nouvelle série de mesures sociales. Mais le mouvement de contestation né à la fin du mois de septembre après l'expulsion, puis la mort, d'une octogénaire ne faiblit pas. À Madrid, les manifestants continuent d'occuper la Puerta del Sol pour réclamer un logement digne et faire entendre leurs revendications à l'approche du scrutin.
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Avec notre correspondant à Madrid, François Musseau
Au cœur de Madrid, face au siège de la présidence régionale, des dizaines de tentes sont toujours installées sur la Puerta del Sol. Des slogans et de nombreux occupants témoignent de la persistance de ce mouvement social, né fin septembre autour de la crise du logement et du drame d'une octogénaire expulsée de son domicile, puis décédée.
Sous la pression de cette mobilisation, le gouvernement de Pedro Sánchez a fait adopter deux décrets favorables aux locataires face aux propriétaires. Mais les contestataires réclament davantage.
Liliana, avocate présente depuis le début du mouvement, rappelle que les revendications dépassent la seule question du logement. « C'est un campement qui réclame le droit au logement digne. Mais en même temps émergent d'autres revendications car le logement n'est pas déconnecté du reste », explique-t-elle. Pour elle, disposer d'un logement décent doit aller de pair avec l'accès à une santé publique, un enseignement public et des services publics de qualité.
Peser sur la campagne électorale
Alors que le pays est officieusement entré en campagne pour les élections législatives du 29 novembre, le campement de la Puerta del Sol rassemble des collectifs et des organisations disparates, unis par la volonté de faire entendre leurs voix dans le débat électoral. Javier, cinéaste qui réalise un documentaire sur cette mobilisation, souligne la vitalité du mouvement : « Contrairement aux apparences, surgissent encore un grand nombre d'initiatives et d'événements qui confluent dans une lutte unitaire ».
De son côté, le gouvernement espagnol a approuvé mardi 20 octobre en Conseil des ministres une nouvelle série de mesures sociales notamment destinées à améliorer la protection des femmes souffrant de pathologies liées à la ménopause, des victimes de violences de genre et des familles s'occupant d'enfants mineurs atteints de maladies graves. Ces dispositions doivent encore être confirmées par un vote du Parlement dans un délai de 30 jours.
Mais malgré ces annonces, les « indignés » ne prévoient pas de lever le camp. Impossible de savoir combien de temps ils resteront sur la Puerta del Sol, mais une échéance est déjà fixée : la grève générale consacrée à la crise du logement, prévue le 11 novembre.
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