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Thursday, October 8, 2026

À l’occasion du mois du piéton, la SAAQ et Piétons Québec interpellent les automobilistes

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À l’occasion du mois du piéton, la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) et Piétons Québec s’associent pour « lancer un message fort » aux automobilistes et les sensibiliser sur les conséquences dramatiques que peuvent avoir leurs comportements sur la route, particulièrement pour les piétons.

« C’est important de lancer un message fort aux personnes derrière le volant [et de leur dire] qu’ils ont une responsabilité envers la sécurité des personnes les plus vulnérables sur la route, c’est-à-dire les piétonnes et les piétons », affirme d’emblée Sandrine Cabana-Degani, directrice générale de Piétons Québec, en entrevue avec Le Devoir.

En 2025, 75 piétons ont perdu la vie sur les routes du Québec, selon le bilan publié par la SAAQ. Même si ce chiffre est légèrement inférieur à celui de l’année précédente, il s’agit d’une hausse de 13,6 % par rapport à la moyenne de 2020 à 2024. Toujours en 2025, les piétons représentaient près de 20 % des personnes tuées sur la route, tous modes de transports confondus.

L’inattention des conducteurs est le facteur qui a été le plus souvent évoqué comme cause probable des collisions mortelles impliquant des piétonnes et piétons, selon la SAAQ. « Personne ne devrait avoir peur de mourir en traversant la route, ce n’est pas normal », déplore Geneviève Côté, porte-parole et relationniste à la SAAQ.

Parmi les 75 décès en 2025, 19 sont survenus au cours des seuls mois d’octobre et de novembre. Ces mois sont particulièrement dangereux pour les piétons, rappellent Mme Cabana-Degani et Mme Côté : les journées sont plus courtes qu’en été, la noirceur tombe à l’heure de pointe et il n’y a pas encore de neige accumulée au sol pour refléter la lumière.

La SAAQ diffusera dès le 12 octobre la nouvelle phase de sa campagne « Un mort par jour » — commencée au printemps — qui donnera la parole à des proches de personnes décédées sur les routes du Québec à travers des capsules vidéo diffusées sur les réseaux de la société d’État et à la télévision.

La première capsule, dévoilée jeudi aux médias et que Le Devoir a obtenu en primeur, présente Johanne livrant un témoignage poignant sur sa fille qui a été heurtée par une voiture alors qu’elle traversait la rue. « Il faut penser à tout le monde sur la rue, c’est tellement vite arrivé un accident », dit-elle avec beaucoup d’émotion devant la caméra. « Je peux plus la prendre dans mes bras… Faites attention, s’il vous plaît. »

« Je pense que de mettre un visage humain derrière les tragédies, puis de se rappeler qu’on est tous et toutes à un moment ou un autre piéton ou piétonne [ça aide à comprendre] », souligne Sandrine Cabana-Degani. « Il faut se rappeler que derrière les chiffres, ce sont des humains. »

Comportements à adopter

En entrevue, Sandrine Cabana-Degani et Geneviève Côté réitèrent et martèlent les comportements que tous les automobilistes devraient adopter sur les routes pour assurer la sécurité des piétons.

Anticiper la présence des piétons, particulièrement dans les zones où on peut s’attendre à leur présence, respecter les limites de vitesse, vérifier les angles morts, ou encore se conformer à la signalisation, font partie de ces gestes.

« Ça peut paraître être la base, mais si tout le monde [les] appliquait, on n’aurait pas d’accidents comme on [en] voit là », regrette la porte-parole de la SAAQ.

L’un des gestes les plus importants est sans surprise le respect de la priorité aux passages piétonniers et aux feux de circulation. Un récent rapport de la SAAQ souligne que, dans une collision mortelle sur cinq impliquant un piéton, le conducteur n’a pas cédé le passage alors qu’il était légalement tenu de le faire, comme le rappelle la directrice générale de Piétons Québec.

Pour mieux assurer la sécurité des piétons, Sandrine Cabana-Degani estime aussi qu’il y a « encore énormément d’efforts à mettre » du côté des infrastructures routières. Tout en saluant les efforts des municipalités en ce sens dans les dernières années, elle souligne que le réseau a été réfléchi « autour des déplacements motorisés ». « Donc, on a un héritage à revoir, puis ça demande beaucoup d’investissements et de travail. »

Mme Cabana-Degani espère également voir des efforts venir du gouvernement. En 2023, le ministère des Transports et de la Mobilité durable a présenté le Plan d’action en sécurité routière 2023-2028. « Ce qui est malheureux, c’est que les ressources qui étaient prévues pour soutenir ces efforts-là ont été coupés de moitié dans la dernière année », déplore-t-elle, disant espérer que le nouveau gouvernement de Paul St-Pierre Plamondon remettra en place ces ressources.

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