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Tuesday, October 20, 2026

Les enfants de 4 ans et moins sont assez actifs, mais trop devant les écrans

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La majorité des enfants de 0 à 4 ans au Canada respectent les recommandations en matière d’activité physique. Cependant, moins de la moitié de ce groupe d’âge respecte les recommandations de temps d’écran.

Plus précisément, 80 % des tout-petits respectent les recommandations en matière de sommeil ; 67 % les respectent pour l’activité physique et 48 % les respectent quant au temps d’écran.

C’est ce qui ressort du bulletin de l’activité physique chez les tout-petits de ParticipACTION : le premier rapport de l’organisme canadien à but non lucratif chez cette tranche d’âge.

« Avant, les 0-4 ans étaient un peu fondus dans nos bulletins des enfants et des jeunes qui allaient de l’âge préscolaire et scolaire. Là, on a un premier focus sur les 0-4 ans », mentionne en entrevue Mariane Parent, directrice générale du réseau Accès Participation et spécialiste du loisir, du sport et de l’activité physique.

Pour arriver aux conclusions du bulletin, une large revue de littérature nationale a été faite, notamment sur l’ensemble de l’activité physique, le jeu actif, le temps d’écran, le temps d’immobilisation, le développement moteur, etc.

Or, il manque de recherches chez les tout-petits, soulève Mme Parent. « Que ce soit pour le sommeil — les petits sont quand même en bonne posture au niveau du sommeil — mais aussi sur les habitudes de vie sédentaire. De plus en plus, on voit que le temps d’écran est analysé, mais on a besoin de plus de données chez les 0-4 ans. On sent qu’ils sont un petit peu mis à part. Ça reste un milieu qui n’est pas évident à observer, mais on souhaite vraiment avoir plus de recherches et de données par rapport à ce groupe-là pour voir l’évolution. »

Le temps d’écran, préoccupant dès un jeune âge

Le rapport met en lumière que la moitié des 0 à 1 an respecte les recommandations (aucun temps d’écran) ; chez les 1 à 2 ans, 42 % les respectaient (aucun temps d’écran avant 2 ans, et à 2 ans, au plus une heure par jour) ; chez les 3 à 4 ans, 52 % respectaient de ne pas dépasser en moyenne une heure par jour.

Mme Parent explique que si un enfant passe plus d’une heure par jour devant un écran en bas âge, il y a fort à parier que cette habitude sera ancrée dans son quotidien plus tard. « J’amène vraiment les parents, les personnes dans les milieux de garde, les gens en santé publique également, les gouvernements à s’attarder énormément au temps d’écran chez les tout-petits », plaide-t-elle.

Mme Parent ne veut pas jeter tout le blâme sur les parents. Elle affirme toutefois qu’il faut un contrôle du parent, car l’enfant ne s’arrêtera pas par lui-même. Elle suggère d’y aller un pas à la fois, « un YouTube à la fois ».

« On y va avec ce qu’on sent qui est possible de notre côté. On commence quelque part », dit-elle. L’experte ajoute que l’ennui est important pour un enfant. « Après 15 minutes d’ennui, de crise et de pleurs — ça va arriver, ce n’est pas grave — c’est de lui dire : « je suis certaine que tu vas trouver quelque chose à faire. Je te fais confiance ». Quand ils sont rendus plus vieux, ça vaut la peine d’instaurer cette autonomie. »

Des habitudes qui façonnent les adultes de demain

Le rapport souligne à grands traits que les habitudes de vie acquises durant cette période peuvent influencer les comportements tout au long de la vie.

« On le sait que ça a énormément d’impact. Plus le mouvement est intégré par le jeu à un jeune âge, plus ça vient marquer chez cette personne, de futurs adultes, que bouger c’est le fun, que bouger ça doit être fait au quotidien et dans différents contextes et dans différents lieux », explique Mme Parent.

Le niveau de recommandation varie selon l’âge. Pour les nourrissons, on cible au moins 30 minutes d’activité physique par jour en moyenne sur le ventre. Pour les 1 à 2 ans, le rapport stipule qu’il faudrait au moins 180 minutes d’activité physique par jour, toutes intensités confondues. Puis pour les 3 à 4 ans, c’est le même seuil, mais dont au moins 60 minutes d’activité physique d’intensité moyenne à élevée.

« De 1 an à 4 ans, c’est là où on voit l’arrivée des cours. Il va y avoir des programmations, par exemple, de découvertes de la natation avec des cours parents-bébé. […] Donc, on est capable d’avoir une mesure un peu plus précise sur combien de personnes s’inscrivent dans ces programmes, c’est qui le profil de ces utilisateurs », détaille Mme Parent.

Les enfants issus de ménages à faible revenu sont moins susceptibles de participer à des activités physiques structurées (31 % contre 52 %) et d’avoir accès à des installations récréatives, des terrains de jeux, des parcs et des espaces verts (79 % contre 92 %).

« C’est accessible à une certaine portion de la population qui est plus favorisée. Ça, ça ne fonctionne pas, déplore Mme Parent. On devrait avoir une priorité de faire tomber les barrières. » Elle propose certains accès gratuits et des programmations moins contraignantes, par exemple, de pouvoir payer à la séance au lieu de devoir s’engager pour 20 semaines.

Les services de garde et d’éducation à la petite enfance pourraient faire partie de la solution, selon le rapport de ParticipACTION. On indique que 78 % des milieux d’éducation à la petite enfance au pays donnent accès à des installations et à de l’équipement favorisant l’activité physique, mais seuls 53 % offrent des formations aux éducateurs

« Au Québec, on a vraiment un milieu de gardes qui est très bien encadré. On a des formations pour les personnes qui y travaillent, on a aussi de beaux programmes qui sont mis en place pour justement bien diriger, inspirer, informer les personnes qui travaillent en milieu de garde », mentionne Mme Parent, qui précise qu’il existe de « de grandes différences » entre les provinces.

« Là où on a du travail à faire, c’est de s’assurer que tout le monde est formé, poursuit Mme Parent. On sait que c’est un défi, le recrutement dans les milieux de garde, donc de s’assurer de continuer d’avoir des standards pour que le plus de personnes possible soient bien formées et sensibilisées. »

Il ne faut pas voir l’activité physique comme une « case à cocher », ajoute-t-elle. Si les conditions sont favorables au mouvement, par exemple, s’il fait beau à l’extérieur, on devrait passer le plus de temps possible dehors avec les enfants.

La couverture en santé de La Presse canadienne est soutenue par un partenariat avec l’Association médicale canadienne. La Presse canadienne est seule responsable de ce contenu journalistique.

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