Six ans plus tard, son procès s’ouvre enfin | Un « mâle alpha » aurait harcelé trois jeunes femmes et adolescentes

Même s’il fait tout pour éviter son procès depuis six ans, un Montréalais accusé d’avoir harcelé trois jeunes femmes fait enfin face à la justice. Se disant un « mâle alpha », Maxime Delorme aurait inondé une adolescente de messages sexuels insistants pendant plus d’un an.
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« Il répond beaucoup que j’ai besoin d’un mâle alpha comme lui. Il refuse mes refus. Il m’écrit que je ne serais pas épanouie en tant que femme, tant que je n’aurais pas un homme comme lui », a témoigné Élodie* lundi au palais de justice de Montréal. Elle avait 17 ans quand Maxime Delorme lui a écrit la première fois.
Le Montréalais de 41 ans fait face à 13 chefs d’accusation de leurre de mineur, de harcèlement criminel, de communication indécente et de production de pornographie juvénile.
Les accusations remontent à juin 2020. C’est l’un des plus vieux dossiers judiciaires encore actifs au Québec. Pendant six ans, Maxime Delorme a multiplié les changements d’avocat et les requêtes pour repousser l’inévitable. Il a notamment demandé à la juge de se récuser.
En août dernier, Maxime Delorme a été incarcéré, après avoir refusé de se présenter devant la cour. Il se disait « opprimé » par la juge Betty Laurent. Il est détenu depuis. Son animosité à l’égard de la juge Laurent était encore palpable lundi. « C’est rock’n’roll avec vous et ça va très mal. Je suis bousculé par vous », lui a-t-il lancé.
« C’est abominable d’aller à procès », a-t-il renchéri lundi matin, alors que la juge rejetait coup sur coup ses nouvelles requêtes.
« Je refuse de procéder dans ce contexte », a-t-il poursuivi.
Malgré les récriminations de l’accusé, Élodie a finalement pris la barre lundi pour relater son calvaire.
PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE
Maxime Delorme en 2024
La jeune femme avait 17 ans quand Maxime Delorme est entré dans sa vie, contre son gré. Elle croyait alors accepter la demande de son ami « Max » sur Snapchat en juin 2019. Quelques minutes plus tard, elle recevait une photo d’un pénis et des messages à caractère sexuel.
« Il est très insistant. Il ne me lâche pas », a-t-elle relaté.
Les messages harcelants de Maxime Delorme deviennent son « quotidien », se souvient-elle.
L’homme lui envoie régulièrement des messages à connotation sexuelle. Quand elle le bloque de l’application Snapchat, il la retrouve sur Instagram. Aussitôt qu’elle le bloque, il se refait un nouveau compte et lui écrit en privé. Chaque fois, elle repousse ses avances et le traite de « dégueulasse ».
« Mais lui perçoit mes refus comme des chicanes. Pour lui, c’est juste une petite chicane et on est sur le bord de se rencontrer et de make-out », a témoigné la jeune femme.
« C’était clair que je ne voulais rien savoir de lui », a-t-elle insisté.
Des messages vocaux de Maxime Delorme envoyés à la plaignante ont été diffusés en salle d’audience, de même qu’une vidéo où il se masturbe.
« Je trouve la situation dégueulasse. Je me sens harcelée et agressée de toujours de recevoir des messages, des vidéos, des messages vocaux, des photos, toujours des nouveaux comptes qui se créent, c’est harcelant », a confié Élodie.
Maxime Delorme n’a pas lâché le morceau, écrivant à Élodie de juin 2019 à… décembre 2020.
Souvent, la mère ou le beau-père d’Élodie correspondaient avec Maxime Delorme pour tenter de le démasquer et dans le but d’étoffer une plainte criminelle. Sous l’insistance de son beau-père, Élodie a même été convaincue d’envoyer à Delorme une vidéo d’elle à caractère sexuel dans le but de savoir où il habitait.
« Je n’étais vraiment pas fière de moi, je l’ai dit à mon beau-père et il a repris possession du compte », a témoigné Élodie.
Le procès se poursuit toute la semaine au palais de justice de Montréal.
Me Camille Boucher représente le ministère public. Deux avocats d’expérience ont été désignés « amis de la cour » par le tribunal pour assister Maxime Delorme. L’un d’entre eux contre-interrogera les plaignantes.
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