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Monday, September 21, 2026

Des automobilistes favorables aux pistes cyclables dans Hochelaga

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Automobilistes un jour, cyclistes le lendemain, usagers du métro la journée suivante : les Montréalais utilisent en moyenne 3,6 modes de transport de manière régulière ou occasionnelle. Et les trois quarts des gens qui possèdent une voiture sont favorables au développement du réseau cyclable — sans doute parce qu’il leur arrive aussi de pédaler pour se rendre à l’école ou au travail.

Ces constats sont tirés d’une consultation sur les déplacements dans l’arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve (MHM) que Le Devoir a obtenue. Cette analyse déboulonne des mythes tenaces à propos de la supposée « guerre à l’auto » qui prendrait place à Montréal.

La cohabitation entre cyclistes, automobilistes et piétons donne lieu à de réelles tensions, mais les Montréalais considèrent que les mesures d’apaisement de la circulation — pistes cyclables, dos d’âne, saillies de trottoir — sont susceptibles d’améliorer la sécurité de tous les usagers. Cette conclusion n’est pas étonnante, parce que chaque résident se déplace sur une base régulière ou occasionnelle de quatre façons : à pied (25 % du temps), en bus ou en métro (24 %), à vélo (21 %) et en auto (30 %).

« Les gens utilisent l’ensemble des modes de transport et veulent pouvoir utiliser l’ensemble des modes de transport de manière sécuritaire. C’est la responsabilité des administrations publiques de leur offrir toutes les options pour se déplacer », dit Sarah V. Doyon, conseillère municipale dans l’arrondissement de MHM.

Cette élue de Projet Montréal a mené une consultation en ligne et a tenu deux ateliers sur la mobilité, en juin dernier ; 410 personnes ont répondu au questionnaire sur le Web et une vingtaine de citoyens ont participé à chacune des deux séances en présence.

Ajout de cendriers et retrait de pistes cyclables ?

Sarah V. Doyon a mené cet exercice en complément à la consultation menée plus tôt cette année par l’arrondissement de MHM, dirigé par la mairesse Chantal Gagnon, d’Ensemble Montréal, le parti de Soraya Martinez Ferrada. Cette consultation vise à mettre à jour le Plan local de mobilité.

La consultation menée par l’arrondissement a fait l’objet de vives critiques en raison de questions jugées incongrues. Par exemple, l’ajout de cendriers près des trottoirs faisait partie des mesures suggérées pour faciliter les déplacements à pied. Le démantèlement d’une piste cyclable faisait aussi partie des choix de réponse, même si la mairesse Soraya Martinez Ferrada répète qu’elle exclut cette possibilité.

« Je trouvais qu’il manquait de grands pans d’information pour qu’on soit capables de faire un plan de déplacement qui répond aux besoins de la population. J’ai décidé de lancer cette démarche-là aussi parce que c’est mon expertise », dit Sarah V. Doyon, qui a dirigé pendant six ans l’organisme Trajectoire Québec.

Elle dit souhaiter que ses conclusions fassent partie du nouveau Plan de mobilité de l’arrondissement de MHM, attendu au cours de l’automne.

Quelque 46 % des répondants à la consultation menée par l’élue de Projet Montréal possèdent une auto, mais à peine la moitié d’entre eux utilisent leur véhicule comme mode de transport le plus fréquent. La majorité des gens qui possèdent une voiture (77 %) sont d’accord pour continuer le développement du réseau cyclable.

« Il ne faut pas diaboliser l’automobile »

Les élus de Projet Montréal sont souvent décrits comme des militants cyclistes, mais Sarah V. Doyon fait mentir ce cliché : cette mère conduit ses deux filles en voiture à leurs activités à l’autre bout de la ville. Pour ses autres déplacements, on la voit la plupart du temps en bus ou en métro. Plus rarement à vélo.

« Il ne faut pas diaboliser l’automobile. On n’est pas rendus au jour où on n’aura pas besoin de voiture. Il y a des gens pour qui c’est essentiel. Puis c’est correct. Il ne faut pas penser que, quand on fait des aménagements cyclables ou piétonniers, c’est pour nuire aux automobilistes. On n’enlève rien à personne, on augmente les choix pour se déplacer de façon sûre », ajoute l’élue.

Elle ne comprend pas pourquoi l’arrondissement a réduit du tiers la longueur du projet de réaménagement de la rue Hochelaga, qui comprend une piste cyclable protégée dans chaque direction et des passages pour piétons. Cette artère avait jusqu’à récemment des allures d’autoroute, avec ses trois voies dans chaque direction.

C’était une des rues les plus dangereuses en ville : pas moins de 1128 collisions impliquant des véhicules motorisés sont survenues en six ans sur une distance de 6,5 kilomètres. Trois personnes sont mortes dans ces collisions, et 348 ont subi des blessures, entre les années 2015 et 2021. Les victimes se déplaçaient principalement à pied ou à vélo.

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