L’avenir de l’entente sur Churchill Falls dépendra du résultat des élections au Québec, dit Fréchette
À l’aube de la campagne électorale, Québec a conclu lundi avec le gouvernement terre-neuvien une nouvelle entente qui pourrait lui permettre d’accéder à 10 000 mégawatts (MW) d’électricité en provenance du Labrador au prix moyen de 6,2 cents par kilowattheure (kWh).
Il s’agit d’une nouvelle tentative de la part du gouvernement caquiste pour renégocier l’accord signé à la fin des années 1960 qui permettait à Hydro-Québec d’acheter au prix de 0,2 cent par kWh l’énergie produite à la centrale terre-neuvienne de Churchill Falls.
L’ex-premier ministre François Legault avait tant bien que mal essayé de conclure un accord « gagnant-gagnant » avec la province des Maritimes. Il était même parvenu à une entente de principe avec son homologue de l’époque, Andrew Furey, en décembre 2024, mais l’élection d’un nouveau gouvernement à St. John’s en aura eu raison.
Près de deux ans plus tard, l’actuelle première ministre du Québec, Christine Fréchette, a effectué le même voyage lundi pour annoncer un nouvel accord avec le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador.
Si ce dernier est ratifié, le Québec pourra accéder pour les 50 prochaines années à 10 000 MW de puissance potentielle, sur les 14 000 MW attendus des installations énergétiques du Labrador. Cela inclut une part de l’électricité produite à Churchill Falls, mais aussi à la centrale de Gull Island (mise en service prévue en 2034-2035) et par un projet éolien majeur de 2000 MW présentement à l’étude.
Le Québec paiera en moyenne 6,2 cents du kWh pour se procurer cette électricité. Cela représente 5,5 cents du kWh en dollars de 2024.
À l’époque, l’accord préemptif signé avec St. John’s prévoyait qu’Hydro-Québec accède à potentiellement 7200 MW de puissance pour la durée du contrat.
10 milliards d’Ottawa, « sans droit de gouvernance »
Contrairement à son prédécesseur, Christine Fréchette était accompagnée de son homologue canadien, Mark Carney, lundi. Il a profité de son passage à St. John’s pour annoncer que le fédéral contribuerait 10 milliards de dollars « sans droit de gouvernance » au projet. De ce nombre, 6,5 milliards serviront au Québec.
Au total, Hydro-Québec envisage que le projet total puisse coûter jusqu’à 70 milliards de dollars, éolien et extension de Churchill Falls inclus.
Dans l’entente, la société d’État ne s’engage toutefois qu’au versement de 45 milliards pour concrétiser Gull Island, augmenter la puissance de Churchill Falls et construire les lignes de transport nécessaires.
L’entente doit encore être approuvée par l’ensemble des parties avant d’entrer en vigueur. Ils ont jusqu’en mars 2027 pour apposer leur signature au bas du document.
Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Tony Wakeham, n’a pas exclu de demander aux Terre-Neuviens de s’exprimer par référendum sur le projet d’entente.
En avance dans les sondages au Québec, le Parti québécois s’est, lui, engagé à renoncer à cet accord.
Le contrat actuel de la Haute-Churchill doit arriver à échéance en 2041.
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