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Wednesday, October 21, 2026

Gentilcore à l’Immigration, Marceau aux Finances | Un cabinet réduit à 22 ministres

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(Québec) Paul St-Pierre Plamondon dévoilera ce mercredi un cabinet qui sera au deuxième rang des plus petits depuis la Révolution tranquille : 22 ministres vont se retrouver autour de la table des décisions. Catherine Gentilcore héritera de l’Immigration, tandis que les villes devraient retrouver un tandem qu’elles connaissent bien aux Finances.

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Non seulement Nicolas Marceau deviendra le grand argentier du gouvernement pour une deuxième fois dans sa carrière, mais son chef de cabinet serait Samuel Roy, un économiste avec qui il vient d’écrire un rapport sur la crise des infrastructures municipales.

Paul St-Pierre Plamondon a procédé à la formation de son conseil des ministres mardi, à l’Édifice Price dans le Vieux-Québec, là où se trouve l’appartement de fonction du premier ministre depuis 2001. Les rencontres se sont déroulées entre 8 h et 17 h 30.

La Presse avait déjà signalé que le cabinet péquiste serait moins gros que celui de la caquiste Christine Fréchette, qui était composé de 28 ministres. Selon nos informations, Paul St-Pierre Plamondon retranche 6 sièges autour de la table des décisions et opte pour 22 ministres.

C’est un de moins que le cabinet de Pauline Marois en 2012. Le record depuis la Révolution tranquille est détenu par un autre gouvernement minoritaire, celui de Jean Charest en 2007 avec seulement 18 ministres. Paul St-Pierre Plamondon fait le choix d’un cabinet réduit pour s’inscrire en cohérence avec sa promesse de « grand ménage dans la bureaucratie ».

Mandat en immigration

Députée de Terrebonne depuis 2025 et ex-présidente du Parti québécois (PQ), Catherine Gentilcore héritera de l’Immigration, mais aussi d’autres responsabilités, une information également diffusée par TVA mardi soir.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

La députée de Terrebonne, Catherine Gentilcore

Lors de la courte session parlementaire de l’automne qui sera lancée le 24 novembre, elle devra présenter le plan annuel d’immigration, une obligation légale. Paul St-Pierre Plamondon s’est engagé à réduire de moitié le nombre d’immigrants temporaires et à abaisser le seuil d’immigration permanente à 35 000 par année – au lieu de 45 000.

Nicolas Marceau se verra confier sans surprise le portefeuille des Finances. Il avait eu cette responsabilité dans le gouvernement Marois, de 2012 à 2014.

Avant d’effectuer un retour en politique active, Nicolas Marceau a coprésidé avec l’ancienne ministre libérale Monique Jérôme-Forget un chantier sur la fiscalité et les finances municipales pour le compte de l’Union des municipalités du Québec (UMQ).

Leur rapport, déposé en mai, dénonce la crise des infrastructures municipales, qui tombent en ruine et dont le sous-financement est devenu « chronique ».

Samuel Roy, conseiller et gestionnaire à l’UMQ depuis 2022, a piloté le chantier et a contribué largement à la rédaction du rapport. Il serait le chef de cabinet de Nicolas Marceau. Il a démissionné de son poste à l’UMQ lundi en prévision d’une nomination au sein du gouvernement.

De 2018 à 2022, Samuel Roy a été économiste au ministère des Finances à Ottawa. Il a notamment contribué à la renégociation de l’accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique.

Le choix de Paul St-Pierre Plamondon est susceptible de gonfler les attentes du monde municipal. Le rapport de l’UMQ demande à Québec de créer un fonds voué au maintien des infrastructures municipales de près de 16 milliards en 10 ans et de revoir le régime fiscal des villes.

Lors de la campagne électorale, Paul St-Pierre Plamondon s’est dit favorable à la création d’un fonds pour les infrastructures municipales, mais il n’a pas chiffré la hauteur des investissements. Il a rappelé que le rapport suggère que les municipalités contribuent aussi à ce fonds. Il a évoqué un nouvel « arrangement fiscal » avec les villes. « On va partir du rapport Marceau, fignoler les questions fiscales importantes pour arriver à un équilibre de part et d’autre », a-t-il affirmé.

Devant les élus municipaux réunis au Sommet électoral de l’UMQ, Paul St-Pierre Plamondon s’est engagé à investir 1 milliard de dollars en quatre ans afin de réduire de moitié l’itinérance au Québec, une promesse saluée par la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada. Le nombre de sans-abri passerait de 12 000, selon le décompte de 2025, à 6000, le nombre observé en 2018.

Paul St-Pierre Plamondon entend convoquer rapidement « un grand rendez-vous sur l’itinérance » et verser des fonds supplémentaires grâce à la mise à jour économique de l’automne, exercice qui relève du ministre des Finances.

Équilibre budgétaire

Le premier ministre désigné a déjà signalé qu’il veut concrétiser rapidement deux promesses : détaxer les biens usagés, au coût de 600 millions de dollars par année, et baisser la taxation sur l’essence de 7 cents le litre pendant un an.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Le député de Marie-Victorin, Nicolas Marceau

Sa commande aux Finances est majeure : Paul St-Pierre Plamondon a promis de retrouver l’équilibre budgétaire en 2028-2029, un an plus tôt que prévu, de faire des coupes de 500 millions en cinq mois et de limiter la croissance des dépenses à environ 1 % pendant deux ans pour une moyenne de 1,9 % en quatre ans – un régime plus sévère que les années Couillard associées à « l’austérité ».

Lors de la campagne électorale, Nicolas Marceau a d’ailleurs présenté le cadre financier du Parti québécois, en l’absence, inusitée, du chef. Il était accompagné d’Alain Therrien – qui a déjà siégé à Québec et à Ottawa –, de Dieudonné Ella Oyno – ex-président du PQ qui était jusqu’à tout récemment directeur du Service de développement économique de Montréal –, de Nathalie Bisaillon – ex-directrice chez Desjardins Gestion internationale d’actifs – et de Stéphane Paquet – ex-PDG de Montréal International. Ce sont tous des députés qui sont des ministres pressentis, en particulier dans des ministères à vocation économique.

Il paraît acquis qu’en plus de Catherine Gentilcore, les autres députés qui ont siégé aux côtés du chef lors du dernier mandat accèdent au saint des saints : Pascal Bérubé, Joël Arseneau et Marie-Karlynn Laflamme. S’ajoute à cette liste Méganne Perry Mélançon, porte-parole nationale du PQ depuis 2023.

Deux autres députés qui ont déjà siégé à l’Assemblée nationale sont attendus au conseil des ministres : Nicolas Girard, qui a dirigé la défunte Agence métropolitaine de transport, mais aussi la Société de transport de Laval et le Réseau de transport de la Capitale, et Elsie Lefebvre, ex-chroniqueuse et ancienne conseillère municipale à Montréal.

Un poste de ministre est également destiné à Marie-Claude Sarrazin, ex-procureure de la commission Gallant sur SAAQclic. L’ex-maire de Sherbrooke Bernard Sévigny, qui a déjà présidé l’UMQ, fait aussi partie des nominations attendues.

En Outaouais, la seule élue péquiste, Isabelle Millette, semble toute désignée pour avoir un siège autour de la table des décisions ; elle a travaillé à la Chambre de commerce de Gatineau et a été conseillère en développement d’entreprises. La représentation régionale est un facteur important dans la composition d’un conseil des ministres. C’est un casse-tête pour Paul St-Pierre Plamondon, qui n’a fait élire aucun député dans la Capitale-Nationale et en Chaudière-Appalaches.

L’ex-directrice générale de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec Linda Vaillant fait également partie de la liste de bien des péquistes pour un poste de ministre. Tout comme Anne Nguyen, spécialiste de l’intelligence artificielle, et Guy Lapointe, ancien policier et porte-parole de la Sûreté du Québec.

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