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Wednesday, September 16, 2026

Ukraine: les récoltes compromises par le blocus des ports imposé par la Russie

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Les frappes entre l'Ukraine et la Russie se poursuivent de part et d’autre. Kiev tente toujours de compromettre l’effort de guerre du Kremlin en s’en prenant aux raffineries russes. De son côté, la Russie impose de fait un blocus complet sur les ports ukrainiens de la mer Noire depuis plusieurs semaines. Une situation qui empêche les exportations de céréales et complique sérieusement la vie des agriculteurs. 

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Avec nos envoyés spéciaux à Odessa, Nathanaël Vittrant et Sergey Dmitriev

Sur l’exploitation de Volodymyr Pogorilyi, agriculteur de la région d'Odessa, les hangars sont pleins de blés alors que c'est la période de récolte du tournesol. « Cette année la récolte a été plutôt bonne, mais en raison de la guerre nous ne pouvons pas la vendre de manière satisfaisante, ni en termes de volumes ni en termes de prix. Les prix se sont effondrés de moitié : ce serait vendre à perte », indique l'agriculteur. « Nous avons juste vendu le colza pour faire de la place pour les graines de tournesols, mais nous allons manquer de place, nous n’avons simplement plus d’espace pour les stocker. »

Volodymyr Pogorilyi tient aussi à nous montrer la carcasse d’un drone russe Shahed qui s’est écrasé dans un de ses champs il y a trois semaines. « Plus de 200 drones se sont écrasés autour du village, mais celui-ci est le premier à être doté d’un moteur à réaction. On appelle ça un “Bandarol”. Ils volent à très grande vitesse et à très haute altitude, donc ils sont plus durs à abattre », explique-t-il.

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Des silos à grains éventrés et noircis par les frappes russes

Des énormes silos à grain typiques de la région, complètement éventré et noirci après une frappe russe dans la nuit sont visibles dans la région. Mais tout ça n’est pas nouveau, comme nous le rappelle Dmytro Barinov, président de l’association des ports ukrainiens, devant la jetée d’Odessa, les grues jaunes du port en arrière-plan. « Dès le premier jour de la guerre, les Russes ont ciblé les silos et les hangars à grain. Ce qui est nouveau et ce qui rend la situation si compliquée aujourd’hui, c’est qu'ils prennent désormais pour cible les navires civils qui transportent les céréales, même sous pavillon étranger, même quand les marins sont des citoyens étrangers », souligne Dmytro Barinov.

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Des routes alternatives qui ne font pas le poids

Résultat en pleine moisson, les trois ports du grand Odessa sont quasiment à l’arrêt. Les armateurs n’osent plus y envoyer leurs navires, les traders n’achètent plus et les céréales encombrent les hangars. Les routes alternatives existent, par la route, le Danube ou le rail. Mais elles ne font pas le poids face au transport par navire cargo. De quoi faire craindre une nouvelle crise du blé.

« Bien sûr, nous essayons d’utiliser les ports du Danube pour contourner le blocus, mais il faut bien comprendre que ça ne remplacera jamais les ports en eau profonde de la mer Noire. Pas plus que les trains », résume Dmytro Barinov. « Un wagon peut transporter 60 tonnes de céréales, comment voulez-vous rivaliser avec les 100 000 tonnes d’un navire cargo ! »

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