Après les pillages en France, le butin s’invite sur Vinted et TikTok : attention aux bonnes affaires qui peuvent coûter cher

De Paris à Marseille, des centaines de milliers de personnes se sont rassemblés en France le 17 octobre pour protester contre "la vie chère". En marge de cette mobilisation, des affrontements ont éclaté et des pillages ont été commis dans plusieurs boutiques, notamment de luxe.
Des vêtements de marque, des parfums ou encore des téléphones dernier cri qui se retrouvent parfois, comme nous avons pu le constater, mis en vente sur des plateformes comme Vinted ou encore sur TikTok.
Et dans certains cas, les vendeurs ne cachent pas l’origine frauduleuse des biens. Quand quelques-uns évoquent, par exemple, un "17/10 rentable" en référence à la date des pillages, d’autres écrivent "merci les manifestations, commande en DM (message privé)".
Vinted compte des millions d’acheteurs et de vendeurs à travers le monde, y compris en Belgique. TikTok est aussi disponible sur notre territoire. Ces objets volés sont donc accessibles aux utilisateurs belges. Mais que risquent-ils en cas d’acquisition d’un de ces biens ?
Risque de poursuite pour recel…
"En tant qu’acheteur, dans la mesure où, si on a connaissance du fait que le bien a été acquis par le biais de moyens frauduleux comme un vol, on peut être poursuivi pour un recel au sens de l’article 501 du nouveau Code pénal", nous précise Aline Fery, avocate au barreau de Dinant.
Dans le nouveau Code pénal belge, le recel est effet défini comme suit : "Le recel consiste à prendre possession, délibérément, d’un bien obtenu à l’aide d’une infraction commise par une autre personne."
Dans la loi, cette infraction est punie d’une peine de niveau trois. Concrètement, on parle "d’un emprisonnement de trois à cinq ans", détaille Aline Fery.
… y compris en cas d’infraction commise à l’étranger
Dans le cas des objets volés dans le cadre de pillage en marge des mobilisations du 17 octobre, ces objets ont été acquis frauduleusement en France. Mais cela n’empêche pas des acheteurs belges d’être poursuivi. "A partir du moment où ces objets sont vendus via la plateforme Vinted, les poursuites pourraient tout de même être exercées en Belgique", ajoute Aline Fery.
L’article 501 du nouveau Code pénal précise d’ailleurs que "le recel existe même lorsque l’infraction d’où provient le bien a été commise à l’étranger et ne peut pas être poursuivie en Belgique.".
Tous acheteurs, tous receleurs ?
"Si vous achetez cet objet de bonne foi, vous ne pouvez pas être poursuivi pour recel", nuance l’avocate au barreau de Dinant.
Et Aline Fery d’ajouter : "S’il n’y a rien dans la description, que vous achetez un lot de t-shirts et que l’on vous dit 'neuf, avec étiquette, jamais porté', vous n’êtes pas censé savoir que ces biens ont fait l’objet d’un vol par le passé. Si en revanche, dans la description, il est précisé 'volé dans le cadre des émeutes qui se sont produites à Paris le 17 octobre 2026', alors vous savez que vous achetez en connaissance de cause un bien qui a été volé et vous pouvez être poursuivi."
Risque de "bannissement définitif" de Vinted
Suite à la découverte de plusieurs annonces d’objets volés sur Vinted, nous avons contacté la plateforme de vente en ligne, qui s’est contentée d’une réponse générique dans laquelle elle rappelle "que la vente de biens volés, ou leur sollicitation, est strictement interdite sur Vinted".
Vinted qui précise, à ce propos, appliquer une tolérance zéro, que "ses équipes ont agi immédiatement pour identifier et supprimer les annonces susceptibles de concerner des biens volés" et assure avoir renforcé le contrôle des annonces dites suspectes.
La plateforme de vente en ligne ajoute encore que des mesures "pouvant aller jusqu’au bannissement définitif" seront prises en cas d’infraction aux règles de Vinted. Dans son communiqué, Vinted conclut en précisant collaborer "activement avec les forces de l’ordre et les autorités françaises".
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