La Roumanie, le nouvel eldorado des entreprises qui délocalisent des emplois belges

Informaticiens, comptables, spécialistes des ressources humaines… La Roumanie attire les entreprises actives en Belgique, qui y transfèrent certaines activités. Plusieurs salariés racontent devoir former des collègues roumains susceptibles, à terme, de les remplacer. Tous souhaitent conserver l’anonymat, mais ils travaillent dans des sociétés à gros bénéfices qui ne sont certainement pas dans le besoin.
Au SETCa comme à la CNE, les délocalisations d’emplois qualifiés inquiètent. Pascal Breyer, secrétaire permanent au SETCa, les a vécues dans le secteur bancaire. « Avant d’être secrétaire permanent, je travaillais dans une banque et la délocalisation de certains emplois se faisait en Pologne, en Slovaquie et aux Philippines », raconte-t-il.
Selon lui, les analyses internes plaidaient pourtant pour le travail effectué en Belgique. « Dans ces pays, ils mettaient plus d’heures pour effectuer un moins bon travail mais, peu importe, ils coûtaient bien moins cher ». Une petite équipe restait alors en Belgique pour corriger les erreurs. « Ce qui est triste, c’est que les syndicats ne peuvent rien faire pour empêcher cela et l’État ne met pas assez de balises ».
Anetta Verstraeten, secrétaire permanente chargée du secteur bancaire à la CNE, partage son constat. « Il s’agit ni plus ni moins d’un dumping social organisé ». Elle cite Belfius, qui développe un centre à Lisbonne, alors que la banque appartient à l’État belge.
Les fonctions de back-office sont particulièrement concernées, souligne-t-elle. « Le pire, c’est qu’on demande à certains travailleurs belges de former des personnes, roumaines notamment, en sachant que, tôt ou tard, elles prendront leur place ». Et de dénoncer « des sociétés qui font parfois des bénéfices à deux chiffres en termes de pourcentage ».
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