Guerre commerciale : pas d’accord avant les élections de mi-mandat américaines

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La guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis n’aboutira pas de sitôt. Selon des informations obtenues par CBC News, aucun espoir ne persiste quant à la conclusion d'un accord avant les élections de mi-mandat américaines.
Selon trois sources proches du dossier, des responsables du gouvernement canadien ont fait savoir à des représentants des industries concernées par les négociations, au cours des dernières semaines, qu’il ne fallait pas s’attendre à ce qu’un accord soit conclu avant le scrutin du 3 novembre prochain.
Il n’y a pour l’instant aucun pourparler concret, alors que de nouveaux droits de douane sur le secteur automobile annoncés par Donald Trump doivent entrer en vigueur le 1er janvier prochain. Des responsables des deux pays restent cependant en contact, selon les sources de CBC.
CBC News a décidé de ne pas divulguer l'identité de ses sources, en raison du caractère délicat des informations et du contexte.

La tâche de conserver le contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat s'annonce ardue pour le Parti républicain, qui est en difficulté dans les sondages à plusieurs endroits. (Photo d'archives)
Photo : Associated Press / Alex Brandon
Selon celles-ci, la Maison-Blanche consacre l’essentiel de son énergie à la campagne électorale. La tâche de conserver le contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat s'annonce ardue pour le Parti républicain, qui est en difficulté dans les sondages à plusieurs endroits.
Un certain optimisme régnait dans certains secteurs du gouvernement [fédéral] et dans certains secteurs industriels canadiens quant à la possibilité de parvenir à un accord avant les élections de mi-mandat
, a déclaré Brian Clow, ex-chef de cabinet adjoint de l'ancien premier ministre Justin Trudeau. Mais cette fenêtre semble désormais bel et bien fermée.
Cet optimisme trouvait sa source dans l’impopularité de la guerre commerciale avec le Canada auprès des électeurs américains, ce qui aurait pu inciter l’administration Trump à conclure un accord.
Certains candidats républicains, comme la sénatrice Susan Collins, du Maine, ont publiquement pris leurs distances du président Trump — en pleine campagne électorale — pour signaler leur opposition à la guerre tarifaire avec le Canada.
De nombreux outils pour « causer du tort au Canada »
Quels que soient les résultats des élections de mi-mandat américaines, Brian Clow prévient que les Canadiens ne devraient pas s’attendre à de grands changements sur le plan commercial.
Même si les démocrates prennent le pouvoir dans l'une ou l'autre des chambres du Congrès, le Canada n’aurait, au mieux, qu’un avantage marginal
, selon M. Clow.

L'ancien chef de cabinet adjoint de Justin Trudeau, Brian Clow, craint que l'administration Trump n'utilise ses leviers pour causer du tort au Canada, peu importe le résultat des élections de mi-mandat américaines. (Photo d'archives)
Photo : Reuters / Blair Gable
Une Chambre des représentants ou un Sénat à majorité démocrate pourrait lancer des enquêtes sur l'administration Trump et tenter de freiner certaines de ses politiques, selon Brian Clow, mais le président américain a déjà laissé entendre qu’il utiliserait son droit de veto pour s’opposer à tout ce qui ne lui plairait pas.
Il dispose encore de nombreux outils pour causer du tort au Canada et au reste du monde en matière de commerce.
L’ancien chef de cabinet adjoint s’attend à ce que Donald Trump continue à utiliser ces outils quoi qu’il arrive
.
Rappelons que la politique tarifaire de la Maison-Blanche s’est opérée à coups de décrets présidentiels et de mesures prises par le département américain du Commerce, des options qui demeureraient à la disposition du président advenant une défaite des républicains aux élections de mi-mandat.
Nous ne pouvons pas espérer de répit à court terme, malgré un changement au Congrès
, prévient Flavio Volpe, membre du Comité consultatif sur les relations économiques entre le Canada et les États-Unis et président de l’Association des fabricants de pièces automobiles.
M. Volpe estime toutefois qu’une victoire des démocrates amènerait davantage de personnes sensées à la table des négociations
.
Nouveaux droits de douane à l’horizon
La reprise des négociations n'est donc pas en vue, alors que de nouveaux tarifs douaniers doivent entrer en vigueur dans moins de trois mois.
Le 1er janvier 2027, les droits de douane sur toutes les voitures, tous les camions, petits et grands, les pièces automobiles et l’acier seront augmentés à 50 %
, avait écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social en août dernier, après l’échec soudain des négociations visant à conclure une entente commerciale.
Pour M. Clow, la menace est assez sérieuse pour inciter le Canada à vouloir négocier et parvenir à un accord avant l’échéance.

En février dernier, le premier ministre Mark Carney visitait une usine de pièces automobiles à Woodbridge, en Ontario, dans le cadre de sa stratégie commerciale « Bâtir un Canada fort ». (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Eduardo Lima
Il faut prendre la menace au sérieux
, dit-il, même si elle ne se concrétise pas
.
Et malheureusement, nous ne saurons pas avant le 1er janvier s’il s’agit d’une véritable menace
, ajoute l’ancien chef de cabinet adjoint de Justin Trudeau.
De leur côté, les différents acteurs de l’industrie automobile canadienne affirment n’avoir reçu aucune information préalable en prévision des nouveaux droits de douane.
Nous n’avons vu aucun document officiel
, soutient Flavio Volpe.
Le président de l’Association des fabricants de pièces automobiles ajoute qu’ils savent que s’ils [l’administration Trump] imposent des droits de douane sur les pièces automobiles en provenance du Canada, ils vont paralyser l’ensemble du secteur automobile américain, tout simplement parce que ces pièces ne seront plus livrées
.
Pour cette raison, Washington renoncera à imposer de nouveaux droits de douane sur les pièces automobiles, prédit M. Volpe.
Il se montre toutefois moins confiant en ce qui a trait aux véhicules et à l’acier. [Donald Trump] serait prêt à faire couler Détroit pour tenter de prouver un point de vue que personne ne comprend
, lance-t-il.
Selon un article de Katie Simpson (nouvelle fenêtre), de CBC News
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