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Wednesday, October 21, 2026

Après l’incendie dans Saint-Michel | « On va aller où ? »

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Jeté à la rue avec ses trois enfants par l’incendie qui a ravagé un immeuble à logements lundi dans le quartier Saint-Michel, Brahim Aymen a passé la journée au téléphone. D’ici jeudi, il doit leur trouver un nouveau toit : la Croix-Rouge ne leur assure un hébergement que pour 72 heures seulement. « On va aller où ? »

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Cette angoisse, Brahim Aymen raconte la partager avec plusieurs des locataires de l’immeuble incendié pris en charge et relogés par la Croix-Rouge, dont une trentaine de familles.

« Tout le monde parle de ça. Qu’est-ce qu’on va faire jeudi midi ? », demande-t-il, rencontré dans un lobby d’hôtel de l’est de Montréal.

Le père de famille venait justement de ramasser quelques affaires à son logement, accompagné des pompiers. À la vue des dégâts, il a peu espoir de réintégrer l’appartement de sitôt.

« Il y a de l’eau, de la poussière et de la fumée de partout. Et l’odeur… J’ai récupéré des vêtements, mais on doit les laver immédiatement », raconte-t-il, désespéré.

L’Office municipal d’habitation de Montréal (OMHM) assure qu’aucun locataire ne se retrouvera à la rue après jeudi. Par courriel, il répond qu’il travaille « à trouver et réserver les hébergements requis ».

« Des rencontres avec les ménages touchés auront bientôt lieu afin de poursuivre les démarches de soutien. Nous constatons une vague de soutien de la population : des propriétaires privés et des organismes souhaitent collaborer avec nous pour trouver des solutions de logements abordables aux personnes touchées », ajoute-t-il.

À plusieurs kilomètres de là, Amira S. berce son bébé de 3 mois dans une petite chambre d’hôtel en bordure de l’autoroute 40. Étendue sur l’autre lit, sa fille de 4 ans boit un carton de jus d’orange.

La veille, la petite famille a atterri d’urgence dans cet hôtel, sans valise. Mais elle déplore ne pas avoir eu de nouvelles depuis.

« Ils nous ont dit qu’on serait ici pour trois jours, mais après, je ne sais pas. J’ai aucune idée. C’est une situation difficile. Je suis aux études, j’ai deux enfants », laisse tomber Amira S., qui a préféré ne pas donner son nom complet.

La jeune mère raconte qu’elle était chez elle lorsque l’incendie s’est déclenché, mardi après-midi. Sa fille se trouvait dans la garderie située au rez-de-chaussée de l’immeuble.

« Quand l’alarme a sonné, j’ai pris mon bébé et je suis sortie », raconte la jeune mère. Elle a tout laissé derrière : son cellulaire, son portefeuille, les chaussures de la petite, les couches du petit…

« La Croix-Rouge nous a donné de la nourriture. Un pompier m’a acheté du lait et des couches », raconte celle qui étudie à la maîtrise en génie de la construction. Un bon d’argent lui a aussi été offert pour acheter l’essentiel.

Mais malgré l’aide reçue, la jeune mère angoisse à l’idée de ne pas pouvoir retourner chez elle, d’autant plus qu’elle habite au premier étage, près de là où l’incendie s’est déclaré.

Au moment du passage de La Presse, mardi matin, quelques pompiers s’affairaient à inspecter l’immeuble situé au 7930, boulevard Saint-Michel, comprenant 36 logements et trois espaces commerciaux.

L’édifice est toujours debout, mais tous les locaux au rez-de-chaussée sont noircis par les flammes. D’une valeur de 5,6 millions selon le rôle municipal, l’immeuble a été construit en 1988. Il n’a pas été possible de joindre son propriétaire, l’exploitant de bâtiments résidentiels et de logements Groupe PNT.

Les locataires sinistrés, soit 87 personnes, n’ont pas tous eu besoin d’être hébergés dans un hôtel, précise Jean-Sébastien Pariseau, porte-parole de la Croix-Rouge canadienne, division Québec.

Certains ont pu aller dans leur famille. Mais c’est quand même beaucoup de gens pour lesquels il faut trouver de l’hébergement. On avait plusieurs bénévoles sur place, les circonstances sont loin d’être drôles, mais l’opération s’est quand même bien déroulée.

Jean-Sébastien Pariseau, porte-parole de la Croix-Rouge canadienne, division Québec

Après trois jours, c’est l’Office municipal d’habitation de Montréal qui prend le relais pour trouver un logement aux familles touchées, indique-t-il.

Sur les lieux, lundi, un centre d’accueil et d’information a été ouvert pour rencontrer tous les résidants de l’immeuble. Un autre centre accueillera les sinistrés ce mardi entre 16 h et 20 h à l’aréna de Saint-Michel, à quatre coins de rue de l’édifice incendié. « On fait vraiment l’évaluation individuelle, dépendamment de leurs besoins, indique le porte-parole. Il nous en reste six autres à rencontrer. Quand un évènement comme celui-là arrive en fin de journée, souvent les gens sont à l’extérieur, on les rencontre juste le soir ou le lendemain. »

De l’aide psychologique est également apportée, assure-t-il. « Les bénévoles sont vraiment habitués à travailler à cela, à prendre soin et à donner du réconfort. Ça fait partie des services. » C’est dans cette optique qu’on donne des oursons aux enfants et des couvertures aux adultes, même l’été. « En pleine canicule, les gens prenaient des couvertures juste parce que ça les rassurait », rapporte M. Pariseau.

Les causes de l’incendie, qui a mobilisé plus de 150 pompiers à partir de 12 h 45 jusqu’à 22 h lundi, demeurent inconnues.

37 personnes par jour au Canada

En moyenne, au Canada, la Croix-Rouge vient chaque jour en aide à 37 personnes à la suite de sinistres à petite échelle, comme des incendies résidentiels.

En 2025-2026, selon son rapport annuel, plus de 68 900 articles de première nécessité, comme des couvertures, des oursons en peluche, des trousses d’hygiène ou des lits pliants, ont été distribués pour venir en aide aux personnes éprouvées par une catastrophe ou une situation d’urgence.

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