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Sunday, October 18, 2026

Ce n’est pas toujours élégant de jeter des bases solides

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Il est encore tôt pour s’inquiéter du peu de victoires en temps réglementaire que récolte le Canadien. Sauf que le scénario se répète. Le CH tient souvent le haut du pavé à égalité numérique et il n’arrive pas à se séparer de son adversaire, à le larguer comme il en serait capable.

On découvre en ce début de saison une équipe qui a de la poigne à forces égales mais qui n’est pas récompensée pour tout ce qu’elle fait de bien.

Ça vaut la peine d’insister là-dessus parce que ce qu’on voit présentement est contraire à ce dont le Canadien nous avait habitués dans les années précédentes.

Autrefois, l’équipe était souvent dans le rouge à 5 contre 5 dans le partage des chances de marquer ou des tentatives de marquer. Elle était sauvée par son opportunisme et de temps en temps par son avantage numérique. Et lorsque le gardien de but partait en orbite, alors là, le Canadien se fabriquait des séquences victorieuses.

Cette année, c’est tout à fait autre chose.

Selon le modèle statistique de Natural Stat Trick, il est dans le top 10 de la LNH pour les buts attendus à 5 contre 5, pour le ratio des chances dangereuses de marquer, pour le partage des tentatives de tir ainsi que pour le ratio de lancers.

Et si l’on prend les cinq derniers matchs, donc depuis qu’il s’est fait corriger par les Hurricanes de la Caroline le 6 octobre, le CH se hisse dans le top 5 dans toutes ces catégories.

Il y a seulement la colonne du ratio de buts marqués à 5 contre 5 où ça végète. Un subtil mélange d’opportunités manquées et d’erreurs qu’il a payé cher.

C’est encore ce qui est arrivé face aux Sabres de Buffalo, samedi, dans un match qui s’est décidé en prolongation sur une échappée qu’a converti Cole Caufield pour faire 4-3 Canadien.

Deux joueurs célèbrent un but devant un gardien.

Zachary Bolduc (76) avait pris la place de Chris Kreider sur la première unité d'avantage numérique et il a ouvert la marque pour le Canadien en première période.

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Des bases plus solides

Il y a quelque chose d’un peu frustrant à voir les troupes de Martin St-Louis s’y prendre de la bonne manière mais n’avoir malgré tout qu’une seule victoire en temps réglementaire à ses huit premiers matchs.

Ce changement par rapport aux années précédentes est néanmoins souhaitable.

Il y a une étanchéité défensive qui manquait au Canadien auparavant qu’il est graduellement en train d’aller chercher. Ce n’est pas parfait, mais l’équipe n’est plus aussi souvent submergée qu’avant.

Le CH augmente aussi son volume de lancers et la persistance de ses attaques par rapport à l’an dernier. Il mise aussi sur des trios de profondeur plus fiables et de meilleure qualité que par le passé, à commencer par l’unité Bolduc-Danault-Texier.

Voilà des bases solides sur lesquelles construire.

Les gars s’améliorent dans le bas de la formation et ça aide tout le monde, a observé le capitaine Nick Suzuki. On dirait que tous nos trios ont été menaçants ce soir. Même celui de Jake Evans a généré de l’attaque et passé beaucoup de temps en zone offensive.

À tout prendre, le Canadien est probablement mieux d’avoir des joueurs de soutien qui trouvent un niveau intéressant en attendant que le premier trio redémarre à plein régime, plutôt que faire l’inverse, soit de tenter de gagner en étant l’équipe d’un seul trio.

Espérer que des joueurs de talent finissent par s’imposer, c’est en quelque sorte souhaiter un retour à la normale. Tandis qu’avoir un processus collectif qui n’est pas à point et qui est sauvé par le talent de certains de ses joueurs, c’est spectaculaire mais ce n’est pas durable.

Or, il se trouve que l’autre aspect positif de ce match face aux Sabres, c’est justement que le premier trio a donné des signaux encourageants.

Cole Caufield a marqué le deuxième but des siens après un bon échec avant et un harponnage efficace de la rondelle de Juraj Slafkovsky. Il a ensuite remis cela en marquant le but vainqueur de façon dramatique en prolongation.

Encore Mister Saturday Night!

Mais on notera également leur bourdonnement en milieu de rencontre qui a donné lieu à six tentatives de tir en un peu plus d’une minute. Ou alors les présences physiques de Suzuki tôt dans le match. Ou bien le poteau qu’il a frappé en première période. Ou encore les deux superbes chances dont a profité Caufield où il a tiré à l’extérieur du filet.

On notera aussi leur implication défensive et l’intensité qu’ils ont déployées.

Il y a Slaf qui se ressemblait un peu plus.

On ne raffolait pas de notre façon de jouer, a convenu Suzuki. Ça n’avait été ni mauvais ni génial. Quand on arrive tous les trois à mettre de la pression en échec avant et à récupérer des rondelles, on peut attaquer très rapidement. Ça a été une bonne part de nos succès par le passé.

Un entraineur de hockey regarde l'action depuis le banc.

Martin St-Louis apprécie plusieurs choses que fait son équipe, mais il ne cache pas non plus son agacement.

Photo : imagn images via reuters connect / Eric Bolte

On est meilleurs que ça

Vous flairez peut-être le bémol depuis le début de cet article. Il y a eu les fleurs, mais où est le pot?

Car il faut bien en venir à cette incapacité à se séparer de son adversaire et à porter le coup fatal, une tendance qui se dessinait déjà le printemps dernier en séries éliminatoires.

Le Canadien n’est pas récompensé pour tout ce qu’il génère, mais il est pris en défaut la minute où il baisse sa garde.

Samedi, un brin de nonchalance de Lane Hutson en supériorité numérique a libéré un joueur des Sabres et mené au deuxième but des visiteurs. Tage Thompson a été laissé sans surveillance à la droite de Jacob Fowler et boum, c'était l’égalité 3-3.

Des petites erreurs mentales, a résumé Martin St-Louis.

L’entraîneur-chef croit qu’avec une avance de deux buts à mi-chemin dans le match, ç’aurait dû être fini. Pourtant, le hockey de 2026 nous rappelle constamment qu’aucun retard n’est hors d’atteinte de nos jours.

Et c’est là où l’avantage numérique se pointe le bout du nez.

Zachary Bolduc a certes ouvert la marque en faisant dévier un tir de Suzuki. Bolduc a désormais les deux seuls buts marqués par le Canadien à 5 contre 4 cette saison.

Maus la première unité ne tisse quand même pas suffisamment bien sa toile.

« C’était correct mais on est meilleur que ça », a résumé St-Louis.

Les Sabres venaient de réduire l’écart à 3-2 quand le CH a profité d’une double supériorité pendant 45 secondes. Cette volonté de reprendre l’ascendant, d’y aller pour la jugulaire, aurait dû permettre au Canadien d’en profiter.

Mais non.

Même que par deux fois, il a éteint ses supériorités numériques avec des punitions de son cru.

A priori, on pourrait croire que les infractions n’ont pas joué un grand rôle dans ce match, car l’infériorité numérique du Canadien a tout nettoyé. Sauf qu’elles ont contribué à ôter un certain rythme en attaque, et surtout à torpiller deux supériorités.

La crème devrait remonter

St-Louis espérait vendredi que ses meilleurs joueurs retrouvent leur panache en attaque, et il suggérait que la production en avantage numérique les aiderait à le retrouver.

Nous n’y sommes pas encore.

Être plus efficace en supériorité numérique nous aiderait, a reconnu Caufield. Ça te permet de remporter des matchs tout au long d’une saison. À un moment donné, les rondelles vont finir par rentrer. Les occasions sont là. On a affronté des gardiens en grande forme, mais il n’y a aucune raison de se laisser décourager.

Évidemment, on aimerait marquer des buts et se séparer de nos adversaires plus tôt dans le match, mais on va améliorer ça au fil de la saison. On va analyser certaines choses. C’est sans aucun doute un bon processus d’apprentissage pour nous.

Le Canadien garde la tête hors de l’eau même si tout ne roule pas à plein régime. Certes, il y a quelques blessés qui compliquent les choses, mais ne nous attardons pas là-dessus. Le principal, c’est que ce qui fonctionne présentement, ce sont les éléments qu’il a eu le plus de difficulté à mettre en place par le passé. Et ce qui lui manque, c’est la touche de crème.

Une crème qui, présumons-le, finira tôt ou tard par remonter à la surface.

Il reste encore beaucoup de temps pour que cela se concrétise.

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