Nouvelle coupe drastique et nouvelle stratégie pour l'aide française au développement

Le projet de loi de finances français acte une nouvelle fois une baisse drastique de l'aide publique au développement. Dans la recherche de 54 milliards d'euros d'économies, les budgets de l'aide ne sont pas épargnés. Près de deux milliards d'euros de moins pour 2027, soit -43 % par rapport à 2026. Le nouveau directeur de l'Agence française de développement était entendu ce 7 octobre à l'Assemblée nationale pour défendre la politique de solidarité internationale.
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Après une contraction de ses moyens d'environ 70 % en deux ans, l'Agence française de développement (AFD) devrait voir cette année son budget se stabiliser. Mais au prix d'une révision de sa stratégie : moins de dons et plus de prêts, explique Thomas Melonio, le chef économiste de l'AFD, auprès de Charlotte Cosset, du service économie de RFI :
« Les activités de prêt se maintiennent globalement avec des différences entre continents, mais elles se maintiennent dans les nouveautés de l'année. On garde toujours l'idée d'être un financeur du développement durable, des impacts que nous obtenons et que nous finançons à l'étranger, mais aussi une attention plus forte aux secteurs, aux domaines où on voit des bénéfices mutuels. Donc bénéfices pour les partenaires en Afrique, en Amérique latine, mais aussi bénéfices pour la France et pour l'Europe. Par exemple, on travaille sur les filières énergétiques qui sont des problématiques partagées. On a des intérêts croisés aussi. Une attention encore renforcée à la projection des entreprises françaises à l'international. Donc ça, ça fait partie des nouveautés de ce repositionnement stratégique. »
Plus de 1 700 projets réduits ou fermés dans le monde
Un tournant majeur dans l'approche qui interpelle les acteurs du secteur. « Que le secteur privé, en effet, contribue au développement, c'est une chose. Mais là, ce qui se passe avec, en ce moment, que ce soit les États-Unis ou la France, c'est qu'on conditionne le développement des pays au développement de notre secteur privé et non pas le secteur privé local, précise Mathieu Paris, chargé de plaidoyer au CCFD-Terre solidaire. Et on le voit dans des moments de crise. En effet, il faut que le tissu économique local puisse se construire, se développer. L'autre pendant, c'est aussi le fait que si on n'investit que dans le secteur privé, on n'aura pas non plus d'investissements pour des secteurs publics, sociaux qui, cette fois-ci, ne sont pas rentables et donc n'attirent pas de financement. »
Selon Coordination Sud, les coupes budgétaires de ces trois dernières années dans l'aide publique au développement ont conduit à la réduction ou à la fermeture de plus de 1 700 projets portés par des associations françaises dans le monde.
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