Le Canada perd des milliards de dollars à cause d’un manque de transformation de récoltes

Le Canada laisse sur la table des milliards de dollars en gain à son produit intérieur brut (PIB) dans le secteur de la transformation alimentaire, selon la Protein Industries Canada. Son dernier rapport affirme que, si le pays cessait d’exporter une partie de ses récoltes, cela permettrait également de créer des milliers d’emplois.
On peut faire mieux
, affirme le directeur général de Protein Industries Canada, Tyler Groeneveld, qui voit un potentiel pour l’économie canadienne.
Selon le rapport publié par son organisation mardi, si 10 % des récoltes canadiennes étaient réorientées vers la transformation à valeur ajoutée sur le marché intérieur, cela pourrait générer jusqu’à 5,4 milliards $ de PIB supplémentaire
et jusqu’à 1,1 milliard $ de recettes publiques, tout en créant environ 34 000 emplois équivalents temps plein.
En 2024, le secteur canadien de l’alimentation et de l’agriculture était évalué à 149,2 milliards $.
Nous pouvons produire davantage de produits de grande consommation et d'ingrédients destinés aux rayons des épiceries au Canada, mais nous disposons également d'une capacité importante pour nourrir une population mondiale qui a faim et qui recherche des ingrédients riches en nutriments, en protéines et en fibres.
Pour des applications bio-industrielles, l’un des secteurs étudiés pour la transformation en sol canadien, les utilisations potentielles comprennent la fabrication de biopolymères et de lubrifiants à partir de graines d'oléagineux, de résines pour l'impression 3D, d'emballages biodégradables et de produits pharmaceutiques.
Le rapport a également examiné les occasions pour la transformation alimentaire. Le Canada pourrait notamment transformer ses récoltes en aliments pour l’aquaculture, pour des rations destinées à l’armée et pour des opérations de secours en cas de catastrophe.
Selon M. Groeneveld, le secteur de l’alimentation et des boissons atteindra 9,8 trillions $ en 2040.
Les occasions économiques pour le Canada, rien que dans le domaine de la transformation des ingrédients, sont énormes.
Le directeur général de Produits alimentaires, de santé et de consommation Canada, Michael Graydon, rappelle que le secteur manufacturier alimentaire emploie plus de 350 000 personnes. Il souhaite voir plus d’investissements dans le secteur agroalimentaire, afin de maintenir une plus grande partie de la production alimentaire sur le territoire.
Nous exportons pour plus de 700 millions $ de tomates et nous réimportons pour 500 millions $ de produits à base de tomates en conserve et transformés
, affirme Michael Graydon. Ce sont les occasions d’emploi liées à la transformation de ces tomates en sauces et autres produits que nous avons perdues.
Le rapport souligne qu'en 2024, 88 % de la nourriture produite au Canada a été exportée aux États-Unis.
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Des améliorations à faire
Le rapport de Protein Industries Canada indique que le secteur agroalimentaire canadien fait face à des régulations qui créent des barrières commerciales et des ralentissements dans le secteur du transport. Il existe aussi des inefficacités dans la chaîne d'approvisionnement canadienne et un départ à la retraite important du personnel qualifié.
Alors que le Canada est à la recherche de nouveaux débouchés économiques en raison de la guerre tarifaire lancée par Donald Trump, le rapport affirme qu’il est temps de faire croître cette industrie.
Parmi les recommandations citées dans le rapport, il y a notamment la création d’un organisme consultatif scientifique consacré aux nouveaux produits agroalimentaires
et la mise en place de programmes d’accélération et de tables rondes avec les investisseurs afin d’encourager les investissements privés.
Le rapport suggère également de lancer un projet pilote impliquant deux provinces, qui déboucherait sur un accord concernant les exigences communes en matière d’essais, de certification et de documentation
, afin de lever les barrières commerciales interprovinciales.
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