Sénégal: l'ONG Human Rights Watch dénonce un durcissement de la répression contre les personnes LGBT

Dans un rapport publié ce lundi 12 octobre, l'organisation s'inquiète des droits des citoyens sénégalais homosexuels et trans de plus en plus souvent bafoués par la répression qui s'abat sur eux depuis l'adoption d'une loi qui renforce les peines à l'encontre des actes qualifiés de « contre nature », le 11 mars dernier.
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Alors que s'ouvre à Dakar la 89e session ordinaire de la Commission africaine des droits humains et des peuples ce lundi 12 octobre, Human Rights Watch (HRW) publie un rapport inquiétant sur la situation des personnes LGBT au Sénégal. Intitulée « Une répression brutale bafoue les droits des personnes LGBT », l'enquête menée par l'ONG internationale s'appuie sur 39 témoignages pour dénoncer la dégradation des conditions de vie des citoyens sénégalais homosexuels et trans depuis le vote de la loi qui renforce la répression à leur encontre via la modification de l’article 319 du code pénal. Adoptée le 11 mars dernier, celle-ci prévoit un doublement des peines d'emprisonnement pour les actes qualifiés de « contre nature », punis désormais de cinq à dix ans de prison.
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Parmi les personnes interrogées figure notamment le secrétaire général de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme (RADDHO) dont l'organisation dénombre au moins 212 personnes arrêtées depuis l'entrée en vigueur de la nouvelle loi, soit en un peu plus de six mois seulement. Un chiffre qui conduit ce dernier à dénoncer une « forte augmentation dans tout le pays » « des détentions, des violences et des abus contre les personnes LGBT ».
De leur côté, les professionnels du droit rapportent que le nouveau texte « suscite la peur et l'angoisse » au sein du corps judiciaire, ce qui risque de compliquer la défense des détenus. Un avocat raconte ainsi à HRW que ses proches lui ont vivement déconseillé de représenter des personnes suspectées d'« actes contre nature ».
« Battu, fouetté et blessé à la cuisse »
Le rapport de l'organisation affirme aussi que certains détenus ont subi des tests de dépistage du VIH sans leur consentement éclairé. Susceptible de dissuader les personnes de se faire volontairement dépister, cette pratique compromet de ce fait la lutte contre le virus du sida au Sénégal au point de « devenir un problème de santé publique », réagit à ce propos un médecin.
L'enquête cite enfin un jeune homme arrêté chez lui, à Thiès, qui dit avoir été « battu, fouetté et blessé à la cuisse », un travailleur social selon qui des détenus LGBT ont été exclus des activités communes – y compris la prière et le coiffeur – à la prison dakaroise de Rebeuss où il intervient, ou encore une psychologue de l'Université Cheikh-Anta-Diop qui affirme que ses consultations « ont triplé » depuis le mois de mars dernier, ses patients souffrant d'une anxiété sévère et se plaignant d'être contraints de réduire voire interrompre leur vie sociale de peur d'être attaqués.
Face à cette situation, HRW insiste d'abord sur le fait que la Constitution du Sénégal garantit les droits fondamentaux des personnes, avant d'invoquer la Charte africaine des droits humains qui protège les minorités sexuelles. Enfin, alors que les Jeux olympiques de la Jeunesse doivent s'ouvrir à Dakar à la fin du mois, elle rappelle par ailleurs que la Charte olympique rejette les discriminations.
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