Donald Trump renvoie son ambassadrice en Grèce fragilisée par des scandales en série

Donald Trump a renvoyé mardi 13 octobre l'ambassadrice des États-Unis en Grèce, Kimberly Guilfoyle, l'ex-fiancée du fils du président américain, fragilisée par une série de révélations compromettantes.
Publié le :
4 min Temps de lecture
« Nous avons demandé à l’ambassadrice Guilfoyle de démissionner », a annoncé la porte-parole de la Maison Blanche, Katie Zacharia, lors d’un point presse. « Elle faisait du bon travail, mais ce qu’on lisait ne nous a pas plu » a déclaré le président américain aux journalistes après cette annonce, ajoutant qu’il ne lui avait pas parlé, mais qu’« elle ne sera plus là ».
Dans une déclaration publiée sur X, Kimberly Guilfoyle a rejeté les accusations portées contre elle et a défendu son bilan en tant qu’ambassadrice, réaffirmant sa loyauté envers le président Trump, tout en reconnaissant que son mandat « pourrait toucher à sa fin ». « Ces accusations sont fausses, et j’ai l’intention de défendre vigoureusement mon honneur, ma réputation et mon intégrité », a-t-elle écrit.
Cet épilogue survient quelques jours après la visite du chef de la diplomatie américaine Marco Rubio à Athènes, en partie éclipsée par cette affaire. Il s’était alors refusé à commenter sur le fond les révélations de la presse américaine, mais certains médias ont rapporté qu’il était revenu à Washington « furieux ». L’ambassadrice l’avait accueilli à l’aéroport d’Athènes mardi dernier en le serrant dans ses bras, une image largement relayée sur les réseaux sociaux.
Révélations embarrassantes
Le Wall Street Journal a publié une série d’articles embarrassants sur cette ancienne animatrice de Fox News, figure du mouvement « Make America Great Again ». Selon le quotidien, captures d’écran à l’appui, Kimberly Guilfoyle a échangé durant des mois avec Eric Deters, un juriste et ancien candidat au Congrès pour l’État du Kentucky, qui cherchait l’aide de l’administration Trump pour régler ses problèmes fiscaux.
Ce riche donateur a versé des centaines de milliers de dollars à la famille Trump et au camp républicain depuis 2020. Kimberly Guilfoyle lui aurait notamment demandé de régulariser le solde de sa carte de crédit, mais Eric Deters n’aurait pas donné suite, assurant que cela mettrait en péril son mariage, selon le Wall Street Journal. Le quotidien a aussi rapporté samedi dernier, cette fois sur la base d’enregistrements, des conversations dans lesquelles l’ambassadrice se vante de voyages et de séjours luxueux payés par de riches hommes d’affaires grecs.
L’inspecteur général du département d’État mène actuellement une enquête pour déterminer si Mme Guilfoyle a reçu des cadeaux inappropriés, selon les médias américains.
La presse américaine s’est également fait l’écho ces derniers jours d’autres possibles conflits d’intérêts impliquant Kimberly Guilfoyle, ex-fiancée de Donald Trump Jr., fils aîné du président américain, et qui fut également l’épouse du gouverneur démocrate de Californie Gavin Newsom.
Les Grecs « profiteurs »
Ancienne procureure en Californie, cette femme de 57 ans, née à San Francisco, avait été nommée par Donald Trump ambassadrice des États-Unis en Grèce en décembre 2024 mais n’était arrivée à Athènes que près d’un an plus tard. Elle fut longtemps employée par la chaîne de télévision Fox News et la presse grecque a ressorti des déclarations de 2015, au pic de la crise financière, où elle assurait que les Grecs étaient des « profiteurs », qu’il fallait punir « comme un chien qui fait pipi sur le tapis ».
À peine le pied posé à Athènes en novembre 2025, elle a fait les délices de la presse people grecque. Elle est notamment apparue en robe de soirée scintillante et s’essayant aux danses traditionnelles lors d’un événement organisé par une vedette de la chanson populaire grecque, Konstantinos Argyros, dans une discothèque de la capitale où se retrouvent ministres et hommes d’affaires. Les médias grecs n’ont cessé depuis de la suivre dans le moindre de ses déplacements : des conférences consacrées à l’énergie aux soirées mondaines, ou à une escapade sur l’île de la jet-set de la mer Égée, Mykonos.
À Athènes, elle s’est employée à promouvoir les intérêts des États-Unis en Grèce dans les domaines des ports et surtout de l’énergie. La Grèce joue un rôle clé pour Washington car elle dispose de terminaux GNL en pleine expansion et peut devenir une porte d’entrée du gaz américain vers les Balkans.
À lire aussiGrèce: des manifestants dans le centre d'Athènes pour protester contre la visite de Marco Rubio
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.