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Friday, October 30, 2026

Quelle heure choisir?

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Mettons les pendules à l’heure : il faut mettre fin à la pratique archaïque du passage alterné entre l’heure normale et l’heure d’été. La population est prête à accueillir la fin de ce jeu d’horloge, et, cette fois, le nouveau gouvernement de Paul St-Pierre Plamondon en a fait une promesse électorale qu’il dit maintenant vouloir inscrire à son programme en accéléré. À la bonne heure !

Les Québécois vont-ils reculer l’heure pour la dernière fois dans la nuit de samedi à dimanche prochain ? « Chers parents qui en ont pour plusieurs semaines à gérer la réaction de leurs enfants à ce changement d’heure, ceci est probablement la dernière année durant laquelle nous nous imposons de telles contraintes inutiles. » Père de trois jeunes enfants, le premier ministre sait sûrement de quoi il cause. Non seulement les enfants — et leurs parents —, mais aussi les travailleurs vivent à divers degrés les effets néfastes sur l’horloge interne de ce tripatouillage d’horloge auquel nos sociétés s’adonnent depuis… la nuit des temps.

Lorsque le changement d’heure fut instauré au Québec au début du XXe siècle, l’argument énergétique a guidé la manœuvre, particulièrement en temps de guerre. L’importance des relations économiques avec les États-Unis a aussi grandement contribué à cette volonté d’harmonisation avec le même temps légal, puisque le fait de travailler aux mêmes heures facilite bien évidemment les échanges commerciaux et les horaires de transport.

Cette fois encore, la pression des voisins explique en partie les raisons pour lesquelles le Québec est enfin pressé d’agir. La Chambre des représentants américaine a adopté cet été le Sunshine Protection Act, qui prône le maintien permanent de l’heure d’été ; le Sénat doit encore y donner son imprimatur. L’Ontario attend depuis 2020 que le Québec et l’État de New York mettent fin au changement d’heure pour que tous se synchronisent. Le changement d’heure semble avoir fait son temps.

Le Parti québécois a promis d’agir prestement, sans étirer dans le temps les consultations, déjà habilement menées en 2024 par la Coalition avenir Québec, mais, hélas, sans que l’action ait suivi l’intention. Sondés alors, les Québécois avaient indiqué dans une large proportion (91 %) être mûrs pour le maintien permanent de la même heure, sans bouleversement au printemps et à l’automne. Quelque 72 % des répondants avaient indiqué souhaiter le maintien de l’heure d’été (avancée).

Voilà où le bât blesse. Après avoir tergiversé pendant 20 ans sur le fait de mettre fin ou non au changement d’heure, le Québec va-t-il se relancer dans un débat sans fin sur la pertinence de l’heure d’été par rapport à l’heure normale ? Les arguments s’opposent quant aux bienfaits et aux inconvénients de l’une et l’autre. L’heure normale est meilleure pour la santé, l’heure d’été s’harmonisera naturellement avec les horaires des voisins américains et ontariens. Un combat entre la santé et l’économie se profile.

Des experts en font une affaire de santé publique, ni plus ni moins. Ils affirment que tripoter l’heure vient dérégler notre propre horloge interne et bouleverse notre rythme circadien. Les principes sur lesquels reposent leurs énoncés sont liés aux effets de la lumière sur le corps. Le tout commande sur 24 heures l’ensemble des fonctions vitales, comme dormir ou manger, et pourrait avoir des effets sur la santé du cœur. L’heure avancée d’été permet un ensoleillement tard en soirée au cours de l’été, mais l’adopter tout au long de l’année voudrait dire se rendre à l’école ou au travail en pleine obscurité. De décembre à janvier, le soleil se lèverait entre 8 h et 9 h, selon la région du Québec. La science penche donc bien davantage pour l’heure normale d’hiver, car elle permet au corps d’absorber la lumière du matin, et de mieux réguler le sommeil grâce à une noirceur plus hâtive le soir.

Mais le temps, n’est-ce pas de l’argent ? L’argument économique l’emportera-t-il sur les recommandations de la science si l’Ontario et les États-Unis optent pour l’heure avancée ? Pour les populations résidant au Québec mais travaillant en Ontario — qu’on pense seulement aux fonctionnaires sis à Ottawa le jour mais dont le domicile est en Outaouais —, il ne peut être question d’un casse-tête les forçant à vivre sur deux horaires.

Le Parti québécois veut agir sans chercher midi à quatorze heures. Après 20 ans d’atermoiements, nous n’avons plus de temps à perdre. Mais où le Québec arrêtera-t-il ses aiguilles ? Sur l’horloge de nos voisins ou sur notre horloge biologique ?

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